00:00 place à l'invité politique d'Europe un soir, au week-end.
00:03 Bonsoir François Patria.
00:05 - Bonsoir.
00:06 - Vous êtes sénateur Renaissance de la Côte d'Or
00:08 et président du groupe Rassemblement des démocrates progressistes
00:11 et indépendants dans un peu plus d'un mois.
00:14 Le 24 septembre prochain se tiendront les élections sénatoriales.
00:17 La moitié des sièges de la Chambre haute sont remis en jeu.
00:20 Quel est votre objectif François Patria,
00:22 celui donc de votre parti Renaissance, en vue de ce scrutin ?
00:25 - D'abord il faut comprendre que ces 172 sénateurs
00:28 qui vont être renouvelés, que les élections sénatoriales
00:31 sont très prédictibles et très prévisibles
00:33 parce qu'on connaît auparavant les forces politiques en présence
00:37 pour élire avec les grands électeurs les sénateurs.
00:40 Pour ce qui concerne, je pense que les équilibres
00:42 ne sont pas très modifiés, nous sommes actuellement 24
00:45 au groupe RDPI, 24. Il y a 12 renouvelables
00:48 dont 5 ne se représentent pas aujourd'hui.
00:50 Donc on sait que ce sont des élections
00:52 qui sont pour la majorité aujourd'hui pas faciles,
00:54 parce que nous avons gagné peu de vines.
00:56 Notre objectif c'est de maintenir notre effectif
00:58 et je pense que nous pourrons y arriver.
01:00 - Certains de vos opposants François Patria évoquent
01:02 une faiblesse des grands électeurs de Renaissance
01:04 en raison des échecs lors des élections locales.
01:07 Se constatent ces opposants, est-ce qu'il est réel ?
01:09 - Alors ce qui est réel c'est que nous n'avons pas
01:12 gagné 2 villes, il reste que dans les territoires,
01:14 souvenez-vous, pour le département de la Côte d'Or
01:17 pour ce qui me concerne la dernière fois,
01:19 tout le monde disait qu'on avait gagné au cul
01:21 des municipales en Côte d'Or, je suis arrivé en 2ème position
01:23 avec bien plus de voix qu'il me fallait pour réussir.
01:25 Donc là, dans l'élection sénatoriale,
01:27 il y a aussi le fait de la personnalité qui joue,
01:29 certes pas dans la couronne parisienne et ailleurs,
01:31 mais nous avons des sénateurs qui aujourd'hui
01:33 sont implantés, il y a des représentants
01:35 de la majorité dans les grands électeurs
01:37 dans ce département, et je pense que
01:39 raisonnablement, nous sommes 24 aujourd'hui,
01:41 la fourchette basse ce serait 22, 23, 20,
01:44 je pense que nous pouvons aussi gagner quelques sièges,
01:46 nous pouvons gagner dans les départements d'Outre-mer,
01:48 nous pouvons gagner aussi en haut du Grand Métropole,
01:50 donc l'objectif c'est statu quo.
01:52 - On évoque aussi des tensions
01:54 entre les groupes de la majorité présidentielle
01:56 concernant des candidatures pour ces sénatoriales,
01:59 est-ce que vous avez réussi à trouver des compromis
02:01 avec vos partenaires d'Horizon ou du Modem ?
02:03 Parce qu'on sait qu'il y a une semaine,
02:05 nous deux, on parlait de tensions très présentes.
02:07 - Oui, il existe des départements
02:09 où il y a malheureusement des candidatures
02:11 de listes qui sont dissidentes,
02:13 qui aujourd'hui ne sont pas cautionnées
02:15 ni par Horizon, ni par le Modem.
02:17 Il y a un ou deux départements
02:19 où des élus Modem
02:21 se sont ralliés à des centristes,
02:23 je pense en particulier
02:25 au Pas-de-Calais ou bien dans les Hauts-de-Seine à côté.
02:27 On va aujourd'hui composer avec,
02:29 mais je pense que pour ces départements,
02:31 nous avions deux candidats dans les Hauts-de-Seine aujourd'hui,
02:34 André Gatelin ne se représente pas,
02:36 je pense que nous pouvons sauver
02:38 le siège qui reste aujourd'hui
02:40 dans ce département qu'on dit a priori difficile,
02:42 mais moi j'ai toute confiance
02:44 connaissant l'activité et le travail
02:46 qu'a fait Xavier Yacovelli
02:48 qui fait une très bonne campagne aujourd'hui.
02:50 Donc globalement,
02:52 nous pouvons perdre
02:54 un acteur dans des départements
02:56 où les sortants ne se représentent pas,
02:58 et encore, je pense en particulier
03:00 à La Réunion, nous pouvons très bien,
03:02 monsieur Vercoe, notre ami Vercoe,
03:04 il peut très bien être élu à la place de Michel Denmont,
03:06 et nous pouvons en gagner,
03:08 en Guadeloupe il y a un siège,
03:10 en Nouvelle-Calédonie,
03:12 donc vous voyez que, bon an, mal an,
03:14 je pense que nous pouvons espérer
03:16 que le groupe soit
03:18 identique à celui qu'il était à la fin de la session.
03:20 - François Patria, le dialogue avec les dissidents,
03:22 là il est clos, il n'y aura plus de discussion possible,
03:24 on ne peut pas espérer des dénouements
03:26 de dernière minute sur ces candidatures ?
03:28 - On peut toujours en espérer un ou deux,
03:30 mais a priori ces gens sont en campagne,
03:32 ont envoyé leurs documents,
03:34 je pense que
03:36 Céliste et les dissidentes, c'est vrai dans le Nord,
03:38 c'est vrai dans le Val d'Oise,
03:40 à la Richard,
03:42 je pense qu'elles n'y parviendront pas,
03:44 mais ça brûle le message.
03:46 - Concernant le président de la République,
03:48 on a donné hier soir à Bormes-les-Mimosas
03:50 le coup d'envoi de sa rentrée présidentielle,
03:52 il a pris la parole lors de la commémoration
03:54 de la libération de cette ville du Var,
03:56 l'occasion pour lui de s'adresser à la jeunesse
03:58 en la mettant en garde face, je cite,
04:00 "à la division, la désunion qui pavent la voie
04:02 du chaos et de l'injustice",
04:04 une référence aux récentes émeutes
04:06 survenues après la mort de Nahel,
04:08 des paroles, François Patria,
04:10 mais comment le chef de l'État va-t-il faire
04:12 pour éviter que cette jeunesse ne s'enflamme
04:14 à nouveau ? Est-ce qu'on n'attendait pas des propositions
04:16 de la part du chef de l'État ?
04:18 - Je pense que le temps sera venu des propositions,
04:20 le chef de l'État réunira
04:22 tous les partenaires politiques à la rentrée,
04:24 il a proposé, il rencontrera
04:26 les oppositions, je crois qu'il s'y est engagé.
04:28 Le message s'adressait hier
04:30 dans cette phase de commémoration
04:32 à la jeunesse de France qui, dans les temps difficiles,
04:34 a su se réunir au-delà des clivages politiques,
04:36 au-delà des différences,
04:38 pour affronter les difficultés, vous savez qu'elles sont
04:40 nombreuses dans notre pays, que ce soit dans le domaine
04:42 de l'environnement, de l'écologie,
04:44 dans le domaine de la paix, dans le domaine de l'école,
04:46 dans le domaine de la santé, nous devons aujourd'hui
04:48 plutôt trouver le choix
04:50 de travailler ensemble plutôt que de nous diviser.
04:52 Et puis il a fait, bien entendu, allusion
04:54 à ce qui s'est passé dans
04:56 les banlieues récemment, en rappelant aujourd'hui
04:58 que la priorité était bien entendu
05:00 au maintien de l'ordre, à la sécurité,
05:02 il l'a fait aussi, la priorité
05:04 aussi c'est l'école, ce sont les comptes publics,
05:06 je crois qu'il y a un certain nombre de
05:08 défis importants, grâce au mot de notre
05:10 pays aujourd'hui, qui nécessitent beaucoup
05:12 plus, je crois, à travail en commun
05:14 que la division. - Mais cette division
05:16 dans la jeunesse, elle est omniprésente,
05:18 ça va être très compliqué de renouer
05:20 le dialogue notamment, et je le pense, entre
05:22 ces jeunes de quartier populaire,
05:24 de banlieue, et notre police, ça risque pas d'être compliqué
05:26 de refaire cette union ?
05:28 Entre ces jeunes et l'État ?
05:30 - C'est toujours entre les jeunes et l'État, non,
05:32 je pense qu'aujourd'hui, c'est par
05:34 les fondamentaux qu'on peut trouver l'union,
05:36 notamment par l'école, parler de l'école
05:38 aujourd'hui c'est important, c'est sur l'école
05:40 qu'on peut trouver les voies, du chemin de la
05:42 République fraternelle. Je pense,
05:44 je crois même, que les mesures
05:46 que prend le gouvernement, les mesures qu'il prend
05:48 pour les banlieues aujourd'hui, qu'il a prises pour les quartiers
05:50 en difficulté, qu'il a prises dans les mesures
05:52 sociales aujourd'hui, il y a eu beaucoup de gens,
05:54 j'entends bien qu'on parlerait pas
05:56 suffisamment aux classes les plus défavorisées,
05:58 je crois que les mesures qu'a prises le gouvernement
06:00 et qu'il entend prendre à l'avenir, c'est ça le schéma.
06:02 Le schéma des mois qui
06:04 viennent, de la session qui vient, n'est pas tant de savoir
06:06 quel sera tel ou tel candidat,
06:08 mais de savoir quelles sont les urgences
06:10 qu'il faut traiter,
06:12 les mesures qu'il faut mettre en place, et c'est ça
06:14 l'objet de ce qu'a dit le président de la République.
06:16 - Vous en avez parlé, la rentrée du chef de l'État
06:18 qui va débuter parce qu'il avait évoqué au mois de juillet
06:20 une initiative politique
06:22 d'ampleur, c'est encore très flou,
06:24 on évoque parfois un rendez-vous entre différentes
06:26 forces politiques, pour vous
06:28 idéalement à quoi cette
06:30 initiative politique d'ampleur
06:32 devrait ressembler pour mieux
06:34 faire dialoguer les partis politiques
06:36 français ? - C'est le président
06:38 qui la mentionne,
06:40 la forme sous laquelle il entend mener
06:42 cette action d'envergure.
06:44 Ce que je crois,
06:46 c'est ce que je vous disais à l'instant, il faut
06:48 mettre les Français et les partis politiques,
06:50 les responsables politiques, quelle que soit
06:52 leur tendance aujourd'hui, devant les
06:54 réalités, devant les urgences à traiter,
06:56 devant les chantiers qui s'ouvrent devant nous.
06:58 Il y a celui de l'immigration, bien entendu,
07:00 il y a celui de la santé, il y a celui de l'environnement,
07:02 il y a celui de l'école, je l'ai évoqué à l'instant,
07:04 il y a celui de la sécurité.
07:06 Est-ce qu'autour de ces chantiers,
07:08 on n'est pas capable, dans ce pays,
07:10 notre pays aujourd'hui, et pour répondre notamment
07:12 au vœu de la jeunesse aujourd'hui,
07:14 d'apporter des réponses efficaces,
07:16 cohérentes, et qui peuvent rassembler
07:18 un plus grand nombre de gens. - François Patria,
07:20 comme vous le dites, toutes les tendances politiques,
07:22 il y en a certaines, dans la majorité, qui sont
07:24 un petit peu frileux à l'idée d'inviter le
07:26 Rassemblement National et la France Insoumise.
07:28 Le président, lui, évoque les représentants de
07:30 l'arc républicain. Alors,
07:32 est-ce qu'il y a cette initiative politique d'ampleur avec
07:34 ou sans le RN et l'FI ?
07:36 - Ça, c'est le président qui décidera.
07:38 - Mais selon vous, est-ce qu'il y a
07:40 une place autour de la table ?
07:42 - Je pense aujourd'hui
07:44 que, de même que la première ministre,
07:46 quand elle a rencontré les chefs
07:48 des partis, dans le tour des
07:50 traits sur les retraites, elle a reçu
07:52 tous les chefs des partis sur les retraites.
07:54 Je pense aujourd'hui que,
07:56 je ne vois pas pourquoi écarter aujourd'hui, quel qu'il soit,
07:58 tous les chefs,
08:00 les responsables politiques dans ce pays.
08:02 Après, bien entendu, c'est dans
08:04 l'arc républicain qu'on trouvera sans doute un accord.
08:06 - Mais donc, dans l'arc républicain, vous, vous y mettez
08:08 le RN et la FI ?
08:10 - Je n'ai pas dit cela.
08:12 J'ai dit qu'il fallait rassembler tout le monde
08:14 mais qu'il y a, évidemment, pour nous, aujourd'hui,
08:16 je crois qu'il faut
08:18 accroître le noyau central
08:20 qui est autour d'Emmanuel Macron aujourd'hui.
08:22 Il y a aujourd'hui, bien entendu, trois composantes
08:24 politiques et il peut y avoir
08:26 aussi des gens, de gauche comme de droite,
08:28 qui, face aux difficultés
08:30 que nous rencontrons, à tous les tâches
08:32 qu'il faut mettre en place, sont capables
08:34 de nous rassembler aujourd'hui. Moi, je crois que demain,
08:36 un grand rassemblement autour
08:38 de ce qui est déjà le socle de la majorité
08:40 peut être de nature demain à faire face
08:42 à la menace de l'extrême droite.
08:44 - Les autres partis, en tout cas
08:46 le Parti Socialiste ou les Républicains,
08:48 disent que c'est à eux de faire des propositions
08:50 et pas au Président et à Renaissance d'en faire
08:52 et qu'ils devront accepter ensuite,
08:54 c'est dans ce cadre de cette initiative politique d'ampleur.
08:56 Est-ce que vous êtes prêts,
08:58 vous, en tant que membre de la majorité
09:00 présidentielle, à avancer sur
09:02 des idées qui ne sont pas les vôtres initialement
09:04 mais qui proviennent d'autres partis ?
09:06 Dans cette logique, comme vous l'avez dit, de travailler ensemble ?
09:08 - Moi, je pense
09:10 qu'en l'occurrence, il ne faut pas renverser
09:12 l'ordre des choses, ou des responsabilités.
09:14 Que les partis
09:16 d'opposition
09:18 aient des propositions à faire,
09:20 bien entendu, on peut toutes les regarder
09:22 voir les étudier. C'est pas eux
09:24 qui, aujourd'hui, vont dicter la route
09:26 au gouvernement et aux chefs de l'État
09:28 sur les mesures à prendre.
09:30 Je crois qu'il y a des solutions qu'on peut envisager
09:32 en commun. Il peut y avoir des propositions
09:34 intéressantes, il peut y avoir des propositions
09:36 mais il ne peut pas y avoir d'ou-cas de leur part
09:38 quant à voter demain
09:40 des textes dans le domaine.
09:42 - François Patria, vous êtes également membre de la commission
09:44 des affaires étrangères de la défense des forces armées
09:46 du Sénat. Concernant les récentes
09:48 déclarations de Nicolas Sarkozy au Figaro
09:50 sur la guerre en Ukraine, il a appelé notamment
09:52 au dialogue avec la Russie mais également à la mise
09:54 en place d'un référendum incontestable en Crimée.
09:56 Quel est votre avis sur les propos
09:58 de l'ancien président ?
10:00 - Chacun a le droit de donner son avis
10:02 et c'est une voie éclairée
10:04 qu'apporte aujourd'hui Nicolas Sarkozy.
10:06 Le dialogue avec
10:08 les Russes, le président de la République a toujours
10:10 dit, depuis le début du conflit,
10:12 qu'il faudrait bien qu'un jour, dialoguer
10:14 et négocier à la fin de ce conflit.
10:16 Aujourd'hui, j'ai compris que Nicolas Sarkozy
10:18 ne parlait pas, aujourd'hui,
10:20 de restituer le Donbass.
10:22 Il faudra, dans ce rapport de forces, rappelez-vous
10:24 qu'actuellement, la situation
10:26 en Russie devient dramatique,
10:28 avec un rouble qui a chuté
10:30 de plus de 30% cette semaine.
10:32 Inexorablement, avec l'aide des forces
10:34 de l'OF, aujourd'hui,
10:36 je pense que demain,
10:38 l'Ukraine peut reconquérir
10:40 les territoires perdus du Donbass.
10:42 Dans cette situation, qui serait une situation
10:44 offensive et qui serait une situation
10:46 de belligérance positive pour l'Ukraine,
10:48 récupérer leurs territoires
10:50 est la priorité.
10:52 Ensuite, pour ce qui est de la Crimée,
10:54 bien entendu, je pense
10:56 que la Crimée
10:58 est une problématique
11:00 qu'il faudra traiter démocratiquement.
11:02 Et si, à l'issue d'une reconquête du Donbass,
11:04 effectivement, se posera le problème
11:06 de la Crimée,
11:08 je crois qu'il faudra organiser, ce jour-là,
11:10 un référendum avec toutes les garanties
11:12 internationales de bonne conduite
11:14 et de bonne justice
11:16 électorale pour pouvoir le faire.
11:18 - Merci beaucoup,
11:20 François Patria, sénateur Renaissance
11:22 de la Côte d'Or, d'avoir été mon invité.
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