00:00 version qu'on a faite au studio de Ride On. La dernière phrase il dit "I'm not too old to die"
00:04 je ne suis pas assez vieux pour mourir.
00:08 On est en février 80, je suis à Londres avec Bond Scott, le chanteur de AC/DC.
00:18 On enregistre l'album Repression. Bond Scott nous retrouve un jour au studio,
00:22 on passe l'après-midi ensemble. Quand on s'est rencontré la première fois à Paris,
00:27 il s'était engagé à me faire les textes du prochain album de Trust. J'en étais très heureux
00:32 mais comme souvent dans ces cas-là, je n'étais pas sûr à 100% qu'il le ferait. Et en fait il
00:36 me confirme qu'il a bien travaillé, qu'il a fait les trucs. Donc je suis très agréablement surpris.
00:41 Et donc on passe tout notre après-midi ensemble. Pour l'anecdote, ils avaient été déjeuner au
00:45 restaurant, ils s'étaient barrés sans payer. Ils sont arrivés au studio, ils sont partis du taxi
00:49 sans payer. Ils étaient dans ce road là. Et puis à un moment, on décide de faire une jam,
00:55 on commence à taper un blues et puis le blues dérive sur un morceau de la CDC qui s'appelle
00:59 Ride On. En plein milieu du morceau, Bond débarque dans le studio, prend le micro et chante.
01:04 L'ingénieur du son a la présence d'esprit d'enregistrer, de tape recorder ce qu'on fait.
01:11 Une fois qu'ils sont partis, on reprend le travail en se disant qu'on se voit dans les
01:16 jours qui viennent. Et ce jour-là, on enregistre, on met une maquette très avancée d'Antisocial.
01:21 Il est à peu près 20h, 21h et là, il y a toute une bande de furieux qui déboule de Paris,
01:29 tous avec des combinaisons blanches. Ils arrivent dans trois Bentleys absolument sublimes. Il y a
01:35 Pierre Lescure qui est là. Ils nous font la surprise de nous amener notre premier disque
01:39 d'or et on embarque tous dans les Bentleys et on part dans l'onde, on part dans la nuit londonienne
01:44 pour se mettre à l'envers. Et puis on rentre à plus d'heure. Et le matin, le matin, on réveille,
01:50 j'ai nuage dans le fond, je descends au lobby de l'hôtel et là, j'ai un mot de Bern Scott dans
01:55 lequel il me dit qu'il est passé à l'hôtel. Il voulait nous voir, mais en fait, il est assez
01:59 étonné qu'on ne soit pas là. Et donc, j'ai ce mot-là. Et dans la foulée de ça, j'apprends son décès.
02:05 Je me prends cette nouvelle dans la gueule. Oui, j'ai pleuré, je ne sais plus si c'était au
02:11 studio ou pas, mais voilà. Vous passez plusieurs jours comme ça avec quelqu'un et puis,
02:18 un matin, vous vous levez, vous descendez, vous apprenez que le mec, il est mort. On devait se
02:23 voir, enfin, se voir ensemble ce soir-là. Et puis il s'est pointé, en effet, comme convenu,
02:28 mais on n'était pas là parce que nous, ce n'était pas prévu. On ne savait pas qu'on allait,
02:30 que ça allait partir comme ça. Oui, j'y pense souvent. Je ne sais pas si on peut appeler ça
02:35 le destin ou j'en sais rien. C'est, c'est, voilà, c'est vrai que je ne sais pas, en fait,
02:42 ce que j'aurais fait si c'était arrivé. D'où la petite phrase que j'ai mis quand j'ai écrit le
02:47 morceau "Dernier gig", on s'est raté de si peu parce qu'on s'est vraiment raté de très peu de
02:51 choses. Dans la version qu'on a faite au studio de Ride On, la dernière phrase, il dit "I'm not too
02:57 old to die, je ne suis pas assez vieux pour mourir". Voilà. Et c'est la dernière fois de sa vie qu'il
03:03 a posé sa voix quelque part.
03:07 Sous-titres réalisés par la communauté d'Amara.org
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