00:00 En France, la mise en détention provisoire d'un policier marseillais soupçonné de violences policières
00:04 suscite la levée de bouclier d'une partie des policiers soutenus par leur chef, Frédéric Vaud.
00:09 Pour le directeur général de la police nationale, un policier n'a pas sa place en prison
00:14 même s'il a pu commettre des erreurs graves.
00:16 Face à cette déclaration provocatrice et polémique,
00:19 l'exécutif répond "nul n'est au-dessus des lois"
00:22 et la réaction s'arrête là.
00:23 Une situation qui en rappelle une autre, avec un dénouement bien différent.
00:27 C'était il y a 40 ans, on vous raconte.
00:30 Nous sommes le 3 juin 1983.
00:34 Dans la cour d'honneur de la préfecture de police de Paris,
00:37 près de 1500 policiers sont venus rendre hommage à deux de leurs collègues,
00:41 Émile Gondry et Claude Cayola,
00:43 tués quelques jours plus tôt à Venue de Trudène par des cambrioleurs
00:46 qui sont aussi membres du groupuscule d'extrême-gauche Action Directe.
00:50 Les policiers ont la mine grave,
00:52 pour eux ces deux morts sont la goutte de trop.
00:54 Après un hommage silencieux, une manifestation interdite se dessine
00:58 à l'appel des syndicats de droite, voire d'extrême-droite,
01:01 direction Place Vendôme, sous l'écrit de Badinter démission.
01:04 Marchons, marchons,
01:08 le temps est vu,
01:11 à meurtre !
01:13 Les policiers en veulent au garde des Sceaux Robert Badinter
01:16 qu'il tienne pour responsable de la mort de leurs collègues.
01:18 Depuis sa nomination, l'homme politique est détesté par la police.
01:22 Il lui reproche surtout l'abrogation de la peine de mort,
01:25 mais aussi la suppression des tribunaux militaires ou de la loi anti-casseurs
01:29 et la loi d'amnistie de 1981.
01:31 Pour eux, Robert Badinter est le responsable d'une justice laxiste.
01:35 Dans Paris, les policiers, parfois armés,
01:38 forcent les barrages des gendarmes mobiles
01:40 pour atteindre la place Beauvau en criant des slogans
01:43 à l'encontre du ministre de l'Intérieur et du ministre de la Justice.
01:46 La réponse du président François Mitterrand et de son gouvernement
01:50 ne se fait pas attendre.
01:51 Le 7 juin 1983, le directeur général de la police nationale Paul Cousserand
01:56 est limogé, Jean Perrier, le préfet de police de Paris, démissionne
01:59 et plusieurs leaders syndicaux sont sanctionnés.
02:02 Le lendemain, dans une interview télévisée,
02:04 François Mitterrand apporte son soutien au ministre de la Justice
02:07 et assume les sanctions prises à l'encontre d'actes qu'il qualifie de "séditieux".
02:11 Si certains policiers, une minorité agissante, ont manqué à leur devoir,
02:17 le devoir des responsables de la République, c'est de frapper
02:21 et de faire respecter l'autorité de l'État.
02:25 Depuis en 40 ans, la justice a été plusieurs fois la cible des syndicats de police.
02:29 Jamais la réponse politique n'a été aussi ferme.
02:32 [Musique]
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