00:00 - Alors Thomas, je pense qu'on a le temps, donc on va vraiment expliquer à nos téléspectateurs,
00:04 parce qu'on en a beaucoup parlé, puis alors ça a fait jaser, depuis hier,
00:08 ce qui vous est arrivé dans le Code de la Lose, sur la moto de France Télévisions.
00:11 Cette moto donc qui a calé, vous avez été... Non ?
00:16 - Non, elle n'a pas calé. - Elle s'est arrêtée ?
00:18 - Ouais, non, non, on n'a pas calé, on n'a pas calé.
00:20 Il y a une voiture, il y a une moto qui s'est arrêtée,
00:22 une voiture de dépannage neutre qui s'est arrêtée,
00:24 il y avait une autre moto de l'organisation, une trois-roues qui s'est arrêtée,
00:26 et donc nous forcément on s'est arrêtés derrière, mais on n'a pas calé.
00:29 - Mais c'est pour ça que c'est bien que vous nous expliquiez ce qui s'est passé, réellement.
00:33 - Eh bien, les véhicules que je viens de citer se sont arrêtés,
00:36 donc nous forcément on s'arrête derrière, la route est étroite,
00:38 et puis on doit respecter, on ne double pas de toute façon.
00:42 Et après, avec le poids de la moto, il y avait déjà beaucoup de kilomètres d'ascension de passé,
00:46 la moto fait plus de 350 kg à vide, il y avait 25% à ce moment-là, peut-être 30% à l'intérieur,
00:52 on n'a pas pu redémarrer, on n'a pas pu redémarrer.
00:54 Après, avec le public qui est venu pour nous aider, pour pousser,
00:57 mais vous voyez bien, ça arrive tout d'un seul coup, en voulant bien faire,
01:00 et les coureurs arrivaient en même temps, donc c'est pas de la moto...
01:02 Déjà, le pilote Joël Chary a réussi à ne pas qu'elle se couche,
01:05 parce que les gens poussaient de chaque côté.
01:07 - C'est une catastrophe si elle se couche.
01:09 - Ah oui, là je pense que... Bon, c'est plus qu'on peut... C'est encore pire.
01:12 Donc voilà, on a fait... On était... On avait le droit d'être à cet endroit-là,
01:16 on était là où on devait être par rapport aux règles de régulation de la circulation derrière la course,
01:23 et puis bien sûr, après, oui, on n'a pas pu repartir,
01:26 donc on a été responsable du fait que des coureurs étaient gênés,
01:28 on a été sanctionné, c'est normal.
01:29 - Non mais, c'est vrai, vous n'avez pas fait de faute,
01:32 vous avez été sanctionné, mais est-ce qu'on le vit mal, la sanction ?
01:35 - Notre faute, c'est qu'on n'a pas pu repartir.
01:38 Donc on a gêné la course, ça, oui, on a gêné la course,
01:41 et puis encore, Dieu merci, Pogacar n'était pas parti à ce moment-là pour reprendre.
01:46 À la limite, là, il n'y a presque pas de conséquence,
01:48 puisque Jonas Vingegaard, je ne pense pas qu'il serait revenu.
01:51 Ça aurait été quand même dramatique, imaginer que Pogacar ait une minute trente d'avance à ce moment-là,
01:56 que ce soit Vingegaard en perdition et qu'il reperde du temps à cause de nous,
01:59 à cause du fait qu'on n'ait pas pu repartir,
02:00 mais là où on était, on avait le droit d'être à cet endroit-là.
02:04 Après, bon, on peut en parler pendant des heures,
02:07 parce que je pense qu'il n'y a pas que nous qui avons été bloqués,
02:11 il y a plein de motos qui ont...
02:12 Alors, elles n'ont pas gêné le maillot jaune,
02:13 mais ça a été une montée très compliquée pour les motos,
02:16 demandées à Briz Bobby, par exemple.
02:17 - Oui, est-ce qu'il y a un problème avec le public ?
02:20 Parce que Thierry Gouvenoud, le directeur de la course,
02:22 dit qu'il va falloir revoir un peu les choses.
02:24 On a affaire à un nouveau public,
02:26 qui est peut-être plus pressant auprès des coureurs, de vous, des voitures, etc.
02:31 Est-ce que vous le ressentez comme ça ?
02:33 - Moi, je trouve qu'il n'y a pas de problème avec le public.
02:35 Après, il y a peut-être des choses à adapter, ça, ce n'est pas à moi de le dire.
02:38 Ce que je remarque sur ce tour,
02:42 il y a peut-être un public plus festif.
02:43 Moi, ça ne me gêne pas, il faut juste adapter les choses.
02:47 Peut-être nous-mêmes.
02:48 - Les gens ont envie de fêter.
02:50 - On ne va quand même pas se plaindre d'avoir du monde qui vient pour un rajeunissement,
02:54 qui vient pour faire la fête.
02:55 Il faut juste s'adapter, on ne va quand même pas se plaindre
02:57 qu'il y ait plus de monde encore sur le tour.
02:59 Après, le col de la Lose, la route, elle fait 2 mètres de large.
03:03 Et avec des passages à 25-30%,
03:05 il faut aussi se rendre compte que dans ces montées-là,
03:07 les coureurs vont plus vite qu'avant.
03:10 Le public, il y a plus de motos qu'avant aussi.
03:13 On a des caméras partout, donc il faut bien les mettre quelque part, ces caméras.
03:17 Et donc l'accès au public, c'était ouvert.
03:19 Enfin bon, c'est des circonstances particulières.
03:23 - Laurent ?
03:23 - Oui, moi je crois que Thomas l'a très bien expliqué.
03:26 Mais après, c'est vrai que pour l'avoir parcouru, ce col de la Lose,
03:29 effectivement, la route, elle est très étroite.
03:30 Ce n'est même pas une route, c'est un chemin goudronné.
03:33 Et pour le coup, faire passer des voitures, des motos,
03:36 avec la présence du public, ça devient quand même un casse-neige.
03:38 - D'ailleurs, Laurent, c'est une route qui est fermée à la circulation.
03:40 - Oui, normalement, oui, barrière en bas, oui, bien sûr.
03:43 Mais voilà, comme ça se fait sur Paris-Roubaix, par exemple,
03:45 à la Trouée d'Arambé, où on met le public derrière des barrières,
03:48 peut-être que sur des montées aussi spécifiques,
03:51 il faudrait prévoir quand même de contenir le public derrière des barrières
03:55 et que la chaussée, qui n'est déjà pas large,
03:56 soit réservée uniquement aux coureurs et aux véhicules suiveurs.
03:59 - Est-ce que quand on voit les images, parce qu'elles sont quand même impressionnantes,
04:02 est-ce que vous avez, vous qui l'avez vécu vraiment de l'intérieur,
04:05 vous avez été un peu effrayé par cette situation ?
04:09 - Non, moi, le public, je connais, enfin, je sais comment le public se comporte.
04:13 Donc, moi, ce qui m'inquiétait, c'était la sécurité des coureurs,
04:17 mais aussi des spectateurs, parce que si vous avez un gamin à ce moment-là
04:19 et puis une moto de 350 kg qui se couche sur la jambe,
04:22 ou alors un coureur pareil,
04:24 là, on n'est plus dans de la perte de temps ou de gêner les coureurs.
04:26 Donc, il fallait que cette moto, elle reparte.
04:28 Et quand on n'est pas habitué, le public, ça peut être impressionnant.
04:32 Donc, moi, j'ai demandé aux gens de se calmer, d'écouter,
04:35 de nous aider à repartir plutôt que de faire n'importe quoi.
04:39 Et on a réussi, mais ça a été un moment très compliqué.
04:43 J'ai une grosse pensée pour mon pilote Joël, parce que ça a été très dur pour lui.
04:47 Et si la moto ne s'est pas couché, il est pour beaucoup.
04:49 - C'est dur de garder son sang-froid, Thomas, dans ces instants-là ?
04:52 - Oui, il faut être efficace, il ne faut pas paniquer.
04:56 J'ai essayé de rassurer Joël.
04:58 Voilà, il fallait dégager de là.
05:00 Et après, au niveau de notre moto, il y avait un couloir.
05:03 David Gaudieu a pu passer.
05:06 Je ne savais pas ce qui se passait derrière,
05:07 avec ces deux voitures côte à côte sur une route de 2 mètres de large
05:09 qui ont bloqué Thibaut Pinot.
05:11 Ils ne le sont pas été exclu, je crois.
05:13 - On comprend la réaction des coureurs, parce que Thibaut Pinot était très en colère.
05:16 - Moi, à leur place, ils ont même été gentils.
05:20 Moi, j'aurais hurlé trois fois plus.
05:22 Ils viennent de faire près de 5 000 mètres de dénivelé,
05:24 ils poussent un petit... ce n'est même pas un coup de gueule, c'est très fort.
05:26 - On ne peut pas arrêter complètement.
05:28 - C'est terrible. Même le maillot jaune, il aurait pu...
05:30 - C'est vrai.
05:31 C'est vrai que tout le monde a finalement bien réagi.
05:34 Les coureurs, vous... il n'y a pas eu de... bon, c'est...
05:38 - Ah ouais, non, mais... enfin, oui, les coureurs, ils ont gueulé un peu, mais c'est normal.
05:41 - Ils ont gueulé un peu, mais... - Ils ont été très soft, quoi.
05:43 Ils auraient pu hurler une fois plus.
05:45 - Voilà. Exactement. Thomas, il y a Tadej Pogacar qui vous attend avec Céline Rousseau.
05:48 - J'y vais, je reviens. - Et le podium.
05:49 Mais en tout cas, merci, parce qu'on voulait avoir toutes ces explications,
05:53 évidemment, parce que ça a fait tellement parler
05:57 un peu partout dans toute la presse, les réseaux sociaux, depuis hier.
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