00:00 - Toi qui as quasiment vu toutes les finales de coupe du monde, grâce à ton grand âge,
00:05 tu es le témoin privilégié de cette émission.
00:08 Est-ce qu'on a assisté à la plus grande finale de l'histoire de la coupe du monde ?
00:11 - Alors, j'ai plein de défauts, notamment parfois d'être pisse-froid, de peser un peu trop mes mots.
00:17 - C'est vrai, je suis témoin.
00:18 - Non mais...
00:19 - C'est pas un défaut, c'est pas un défaut.
00:20 - De faire attention à ce que je dis et ce que j'écris, j'essaye,
00:23 et j'estime avoir sans doute vu tout à l'heure la plus grande finale de l'histoire.
00:28 En fait, c'est très simple, alors évidemment je ne les ai pas toutes vues.
00:31 Il y en a que j'ai revues après coup, sans l'émotion du direct.
00:36 Mais en fait, en gros, si vous réfléchissez à des grandes finales de coupe du monde,
00:39 il y a 1954, Hongrie, RFA, la RFA qui est menée 2-0 au bout de 8 minutes de jeu,
00:44 qui gagne 3-2, c'est le miracle de Bern, c'est formidable aussi,
00:47 mais c'est pas exactement comparable.
00:49 70, c'est iconique parce que c'est Pelé, parce que c'est la touche finale d'une génération exceptionnelle,
00:55 qui a fait 4-1 face à l'Italie, grande finale, mais finalement, non pas à sens unique,
00:59 mais qui va se terminer sur un score assez large.
01:02 Et il y a l'Argentine RFA de 86, où l'Argentine mène 2-0, tiens, tiens,
01:06 se fait remonter à 2-2 par la RFA, tiens, tiens encore, et finalement gagne 3-2.
01:10 Moi, pour moi, cette finale-là, elle est immense.
01:12 Pourquoi celle de 2022 ? Parce que justement, il ne se passe rien pendant 70 minutes du côté bleu.
01:17 Et ça, pour moi, ça renforce le storytelling d'une grande finale.
01:20 C'est-à-dire que pendant 70 minutes, il y a quand même une grande finale des Argentins.
01:24 Elle est immensissime, cette finale.
01:26 Voilà, parce que ça, il faudra le dire, quand on a un peu de recul, qu'on aura mieux digéré.
01:30 Les 70 premières minutes sont, de côté argentin, parfaites.
01:33 C'est-à-dire qu'ils ont fait exactement ce qu'il fallait pour bloquer les bleus.
01:35 Et pourquoi ça devient immense ? Parce qu'il y a cette révolte en 2 minutes signée Mbappé,
01:41 Mbappé qui va finir avec un triple en Coupe du Monde, le premier depuis Geoff Hurst,
01:45 les Argentins qui perdent pied, qui vont finir par remener 3-2 en pleine prolongation,
01:50 et les Français qui égalisent encore, et qui égalisent en plus en ayant remis leur cadre au placard,
01:57 c'est-à-dire notamment Griezmann et Giroud.
01:59 Donc, dans l'émotion, en fait, ce n'est même pas plus belle que je dirais, c'est que c'est la plus grande finale,
02:05 parce qu'on a tout dans cette finale, et notamment, je le redis, les 70 premières minutes jouent aussi dans le côté immense.
02:12 C'est-à-dire qu'il y a néant de l'équipe de France, et qu'elles reviennent de ça, c'est exceptionnel.
02:16 Et il y a une chose dont tu n'as pas parlé, mais qui pour moi rehausse encore tout ça,
02:19 tu parlais de 70, et voilà, la touche finale du Brésil de Pelé, il y a Lionel Messi.
02:26 Il y a Lionel Messi qui fait une finale extraordinaire, qui marque deux buts tout de même,
02:31 sans compter son tir au but, et voilà, c'est la touche finale, c'est ce qui donne encore plus,
02:37 c'est ce qui l'inscrit dans l'histoire cette finale.
02:40 Mais ça, à la limite, on le savait avant.
02:43 On le savait avant que de toute façon, cette finale allait rester dans l'histoire.
02:46 C'est un scénario de dingo, je suis entièrement d'accord avec toi.
02:49 Les retournements de situation, et aussi cette frappe de Colombo-Moiniq,
02:52 et de toute façon, on nourrira des regrets jusqu'à la fin de nos vies,
02:56 quand on est supporter de l'équipe de France.
02:58 Il y a nos parents, nos grands-parents, qui se souviennent de ces vies, comme tu le disais.
03:04 Il y a moi, qui suis plutôt de la génération 2006,
03:07 et qui se souvient de cette tête de Zidane détournée par Bouffon.
03:10 Il y a ceux qui ont encore le poteau de Gignac en travers de la gorge de la finale de l'Euro 2016.
03:15 Mais cette frappe de Colombo-Moiniq aussi, il y a tout dedans.
03:18 Il y a cette finale qui peut se jouer, qui se joue à quoi ?
03:22 À 3 cm ? 2 cm ? À cette passe qu'il ne fait pas à Mbappé ?
03:26 À cette parade du gardien argentin ?
03:28 On est passé par toutes les émotions, on a vibré comme jamais,
03:32 alors que pendant 70 minutes, c'était une finale à sens unique.
03:37 Ça restera, alors c'est douloureux, c'est dur,
03:41 parce qu'on est supporter de l'équipe de France, et parce que c'est dur, c'est comme ça.
03:44 Mais je pense que cette émotion, elle existera par elle-même,
03:49 et que c'est aussi un beau moment.
03:50 C'est un beau moment, et c'est un moment qui restera,
03:52 c'est un moment gravé dans la légende,
03:54 non pas de l'équipe de France, non pas de l'équipe d'Argentine,
03:56 mais du football, et c'est peut-être au-delà de la plus grande finale de tous les temps,
04:00 l'un des plus grands matchs aussi,
04:02 sublimé par ce cadre-là de finale de Coupe du Monde,
04:05 de l'histoire du football.
04:06 [Générique]
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