00:00 Les Grosses Têtes de Laurent Ruckier, c'est de 15h30 à 18h sur RTL.
00:08 Bonjour, heureux de vous retrouver avec pour vous aujourd'hui des grosses têtes qui vont
00:16 m'aider à rendre hommage à Claude Sarraud qui nous a quitté cette nuit, on le sait.
00:21 Donc merci à ceux qui m'accompagnent aujourd'hui pour cette émission plus difficile que les
00:25 autres, Julie Leclerc, Valérie Méresse, Olivier de Kersauson, Franck Ferrand, Vincent
00:33 Debienne et François Xavier de Maison.
00:37 Évidemment, on ne peut pas faire cette émission sans rendre hommage à Claude Sarraud qui
00:44 a fait partie des toutes premières grosses têtes avec vous Olivier de Kersauson dans
00:48 les années 80, il est arrivé chez Philippe Bouvard, moi je l'ai récupéré il y a une
00:53 dizaine d'années ensuite et on ne s'est jamais quitté depuis.
00:56 Un mot Olivier, puisque vous avez été le premier parmi nous à la connaître, avant
01:01 moi vous l'avez connue.
01:02 - Oui et alors ? - Dites un mot gentil sur Claude.
01:06 - Je ne sais pas s'il faut compter sur Kersauson pour les hommages.
01:09 - Non pas du tout, attends j'ai un cœur mais il n'est pas gros.
01:13 Moi je l'aimais bien parce que je l'ai trouvé, elle ne se la pétait pas, elle était drôle,
01:18 elle était relativement aérienne, je l'aimais bien moi, je la trouvais touchante, intéressante.
01:24 - Tout à l'heure tu as dit un mot très beau sur elle, tu as dit qu'elle était insolite.
01:29 - Oui c'est vrai.
01:30 Merci de noter ce que je dis, ça va être en intelligent.
01:33 - Non mais c'est vrai mon bel téléphone.
01:37 - Tu as bien fait de venir Vincent.
01:39 - Tu es gentil.
01:41 - Vincent de Diane même s'il n'a jamais travaillé avec Claude a rencontré Claude
01:46 à plusieurs reprises puisqu'on a passé des longs moments ensemble évidemment.
01:50 - Oui j'étais intimidé à chaque fois.
01:52 Je vous remercie d'avoir fait rencontrer cette dame.
01:56 - Et Julie nous étions à ses 95 ans, moi je l'ai vue il y a quelques semaines encore,
02:00 mais nous étions à ses 95 ans l'année dernière.
02:02 - Et grâce à vous on fêtait ses anniversaires régulièrement tous les 5 ans c'est ça ?
02:06 - Tous les 5 ans on fêtait les comptes ronds on va dire.
02:08 - Voilà c'est ça, donc il y a eu New York, il y a eu la Havane, il y a eu Londres,
02:12 l'an dernier on était en bas de chez elle dans l'île Saint-Louis.
02:16 - Valérie qu'est-ce que vous diriez de Claude Sarraud ?
02:19 - Moi je dirais que Claude elle m'a expliqué un jour comment il fallait dire "ma jolie" à des filles moches.
02:24 - Ah non elle avait aussi ce truc, c'est qu'elle ne se souvenait pas toujours du nom des gens qu'elle rencontrait
02:31 et c'est pour ça qu'elle appelait toujours tout le monde "mon chéri" ou "ma chérie"
02:35 parce qu'elle ne savait pas qui c'était.
02:37 Et c'était plus pratique de dire "mon chéri" ou "ma chérie".
02:40 - Ecoutez Claude Sarraud, évidemment aux grosses têtes.
02:43 - Comment t'as dit "re-dit-le" parce que moi je ne savais pas.
02:45 - Une maladerie.
02:47 - Est-ce qu'on apprend des trucs en venant chez vous ?
02:50 - Bah oui on se rend compte si un jour vous avez la lèpre, et bien vous pourrez…
02:54 - C'est tout ce que vous lui souhaitez à 90 ans, pour mieux aller dans le service de dermato de Saint-Louis, ce sera mieux.
03:01 - Tu crois ?
03:02 - Claude est rentrée chez elle, elle est dans son appartement alors qu'avant elle était dans une belle maison.
03:06 - J'étais dans une maison, j'avais un petit appart, j'avais une chambre, un petit salon, j'avais un frigidaire, j'avais un coin fumeur, j'ai un balcon.
03:17 - Il manquait plus que les clients quoi.
03:19 - Et je faisais la fête tous les soirs.
03:24 - Elle n'en avait pas beaucoup parce que c'est le 8ème étage, sans un son.
03:27 - C'est quand même la seule personne que je connaisse qui était contente dans son centre hospitalier et qui ne voulait pas rentrer chez elle.
03:32 - Je ne rêve que d'une chose, c'est d'y retourner.
03:36 - Mais pourquoi vous n'êtes pas bien chez vous alors ?
03:39 - Je suis beaucoup trop seule quoi.
03:42 - Ah ben oui, là-bas il y avait de la visite.
03:44 - Il y avait qui comme personne ?
03:45 - Il y avait toujours quelqu'un qui rentrait.
03:46 - Et comment c'était les déjeuners avec les autres vieilles personnes ?
03:49 - Ah, alors là c'est autre chose.
03:51 - Ça c'est autre chose.
03:54 - Expliquez la bouillie.
03:55 - C'était dégueulasse.
03:59 - Ah oui ?
04:00 - Mais vraiment mauvaise.
04:01 - Il y avait du vin à table ?
04:03 - T'es fou ?
04:04 - Non, mais dans ma chambre oui.
04:07 - Moi chaque fois que je venais, Claude je vous apportais une petite bouteille de Gewürztraminer.
04:12 - Ah oui ?
04:13 - Franchement.
04:14 - Franchement c'est vrai.
04:15 - Voilà.
04:16 - T'es pas venu t'insulter ?
04:17 - J'ai apporté deux bouteilles.
04:19 - C'est les mêmes ça ?
04:20 - Je suis assis cinq mois.
04:22 - C'est pas vrai en plus.
04:24 - Laurent boit deux bouteilles par jour, vous avez pas à être généreux.
04:27 - Ça c'est vrai, c'est vrai.
04:28 - Enfin j'avais peur quand même.
04:29 - En plus elle fumait dans sa chambre.
04:31 - On n'a pas le droit de fumer dans sa chambre.
04:33 - Vous êtes à Kingston ou quoi ?
04:34 - Non mais j'ouvrais la fenêtre.
04:36 - Il faut dire que la directrice du centre hospitalier, quand elle vous accueillait, elle faisait
04:40 "Oh y'a un machin à riquets".
04:42 - Elle était pas fraîche-fraîche non plus ?
04:46 - Elle me sarrotait.
04:48 - Ah oui d'accord.
04:51 - La directrice c'était la doyenne alors ?
04:53 - Mais non, la pauvre amour, elle fumait trop.
04:56 Elle a arrêté d'ailleurs.
04:58 C'était une femme exquise, elle et ma chérie qu'on s'aimait toutes les deux.
05:02 - Vous chuchoutez la directrice.
05:03 - Comment ? À cause de mon fils, tu penses bien ?
05:05 - Ah oui ?
05:06 - Ah oui parce que j'ai un fils qui est très très très très très haut passé.
05:10 - Ah oui ?
05:11 - Je sais plus où.
05:12 - Ce que vous venez d'entendre, c'est quand Claude est parti dans une maison de retraite
05:18 provisoirement, parce qu'après elle est revenue chez elle et elle nous a quitté.
05:22 Elle était chez elle ces derniers mois.
05:24 Mais Claude s'arrôte dans une maison de retraite.
05:27 Je peux vous dire que ça a changé tout dans la maison de retraite.
05:32 C'était très particulier.
05:33 - C'est les autres pensionnaires qui ont demandé son départ ?
05:36 - Il faut quand même dire qu'avant d'être grosse tête, Claude Sarrot était journaliste
05:41 au Monde.
05:42 Parfois d'ailleurs avec une certaine méchanceté, écrit des critiques sur des artistes de variété
05:49 qui en ont pris plein la poire.
05:50 - Son billet à la dernière page du Monde était une chose extraordinaire.
05:55 Je me rappelle quand je faisais mes études, on était obligés de lire Le Monde.
05:58 Je vous assure que pour moi, ce n'était pas une partie de plaisir.
06:00 Et le bonheur, c'était d'aller vers le petit moment d'oxygène qui était le billet de
06:04 Claude Sarrot qui faisait rigoler tous les jours.
06:06 - Claude Sarrot qui a écrit de nombreux livres.
06:08 On peut rappeler qu'elle est aussi la fille de Nathalie Sarrot, grande écrivain.
06:13 Évidemment, deux styles très différents, la mère et la fille.
06:16 L'une a inventé ce qu'on a appelé le nouveau roman à cette époque.
06:20 Quant à Claude, c'était des livres beaucoup plus populaires.
06:23 - Oui, elle était la fille de Claude Sarrot.
06:24 - De Nathalie Sarrot.
06:27 - Elle était la belle-fille de Tristan Tzara.
06:30 Elle était l'épouse de Jean-François Revelle et la mère de Nicolas Revelle.
06:33 Et la belle-mère de Mathieu Ricard.
06:35 Ça fait beaucoup de grands écrivains autour d'elle quand même.
06:37 - Et ensemble, on a commis un livre avec Claude qui s'appelait "Avant que j'oublie tout".
06:42 - Ah oui, c'était du chant.
06:44 - Je lui avais demandé à Claude de me raconter toute sa vie incroyable.
06:46 Parce que ce n'est pas une vie qui ressemble à beaucoup d'autres.
06:49 Et tous ces gens qu'elle a fréquentés parfois même.
06:52 Et ça, on peut le dire, puisqu'elle a avoué elle-même dans ce livre, plus ou moins,
06:56 il y avait même une double vie chez Claude Sarrot.
06:59 On ne pourra jamais tout raconter, mais en tout cas, c'était une femme libre.
07:02 Et elle l'a prouvé.
07:03 Et on voulait rendre hommage dans ce début d'émission à Claude Sarrot.
07:06 Et on aura quelques copains qui viendront évidemment témoigner au téléphone pendant cette émission.
07:11 Et aussi, évidemment, quelques extraits.
07:13 Mais on va aussi jusqu'à 18h.
07:16 Je tiens à rassurer ceux qui connaissaient moins Claude.
07:19 - Tu peux la mettre dans la valise ?
07:21 - Eh bien voilà, sans référir Claude !
07:25 (Applaudissements)
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