- il y a 3 ans
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00:00 À ce moment-là, il me dit "Ouais, faut brûler des poubelles,
00:02 il y a des gens qui arrivent et tout."
00:04 Je n'ai jamais vu des policiers
00:07 se foutre la pression pour faire une infraction.
00:09 Le sujet principal, c'était Suleyman.
00:11 Donc celui qui n'a rien fait, c'est lui le sujet principal.
00:14 Ça parait un coup monté.
00:15 En fait, ils ont mélangé toutes nos histoires
00:18 et ils les ont placées sur Suleyman
00:20 pour faire en sorte que le sujet violence policière de la brave
00:24 et dissolution de la brave soit totalement enterré.
00:26 Je m'appelle Aimé Céleste Kareg
00:33 et hier, j'ai été déféré devant le tribunal de Paris
00:38 pour un feu de sac poubelle,
00:40 alors que, en réalité, c'est la police qui m'y a incité
00:44 et qui m'a poussé à le faire,
00:46 m'a mis la pression pour le faire
00:47 alors que je voulais simplement rentrer chez moi.
00:49 Vendredi, je n'ai pas participé particulièrement aux manifestations
00:53 qui avaient par exemple les A14h, etc.
00:56 parce que je voulais me reposer.
00:57 Il y avait déjà eu une manifestation la veille,
00:59 je ne comptais pas trop sortir.
01:01 Mais quand il y a eu la décision du Conseil constitutionnel,
01:03 j'ai été super choqué
01:05 et donc je suis parti au rassemblement à l'hôtel de ville.
01:10 J'ai croisé quelques personnes à la manifestation,
01:12 dont Suleyman,
01:14 celui que les médias appellent "l'étudiant tchadien",
01:16 il a un nom et c'est Suleyman.
01:18 Et Suleyman, qui avait dénoncé des agressions sexuelles,
01:21 insultes racistes et agressions physiques
01:23 de la part de la brigade de répression de l'action violente motorisée,
01:27 la BRAVEM.
01:28 Je ne le connaissais pas particulièrement,
01:30 mais en réalité, on avait été à l'Assemblée nationale ensemble
01:34 sous invitation de Carlos Martins Bilongo,
01:38 député de la France insoumise du Val-d'Oise.
01:40 Et donc j'ai été à ce rassemblement,
01:43 puis il s'est transformé en manifestation spontanée.
01:47 Pourquoi j'ai conçu cette manifestation spontanée ?
01:48 Tout simplement parce que les manifestations spontanées,
01:52 elles ne sont pas illégales.
01:53 Malgré tout ce que j'essaye de faire croire à la préfecture de police,
01:56 elles ne sont pas illégales, c'est un droit de manifester,
01:59 même si ce n'est pas déclaré.
02:01 C'est une mesure de sécurité, la déclaration, mais ce n'est pas obligatoire.
02:03 Et donc moi, j'ai parti pas à cette manifestation
02:06 jusqu'au moment où la BRAVEM et les CRS
02:09 ont commencé à attaquer le cortège, etc.
02:12 Jusqu'au moment où on a été tellement divisés
02:13 qu'en fait, on ne savait pas trop où se rassembler.
02:15 Et il y avait eu du bouche à oreille pour peut-être un truc à Concorde.
02:19 Et donc nous, on se dit, on va manifester à Concorde
02:22 parce qu'on a le droit de manifester.
02:23 Et puis quand on arrive à Concorde, on sortit rue de Rivoli,
02:26 quatre personnes qui parlent politique,
02:29 en critiquant Macron, pour faire simple.
02:32 Donc nous, on se dit, potentiellement, ce sont des manifestants.
02:34 On ne voulait pas trop discuter avec eux,
02:36 nous, on a avancé, on voulait aller voir s'il y avait un rassemblement.
02:40 Pas grand-chose, on revient, on va aller voir.
02:43 Ils nous disent, oui, place des Vosges,
02:46 il y avait un rassemblement, on y était.
02:47 Mais oui, nous, à place des Vosges, il y avait beaucoup de policiers, etc.
02:50 Donc il faut faire diversion.
02:53 Ils nous montrent le chantier, place de la Concorde,
02:55 ils nous disent, ouais, il faudrait foutre le feu à ce chantier.
03:00 Mais dommage, on n'est que sept, donc quatre personnes.
03:03 Et puis ils nous incluent dedans, alors qu'on ne les connaît pas.
03:06 Et qu'on ne compte pas brûler de chantier, nous, on compte simplement manifester.
03:10 Et à ce moment-là, ils proposent de brûler des poubelles.
03:14 Ils nous disent, il faut qu'on se sépare,
03:15 nous, on va aller continuer sur la place Vendôme,
03:18 puis aller prendre la rue Royale.
03:19 Et vous, vous continuez tout droit sur la rue Saint-Florentin.
03:23 Et on se retrouve à l'angle rue Saint-Florentin, rue Saint-Honoré.
03:28 Ils nous disent, nous, on a déjà brûlé des poubelles, et vous ?
03:31 Et nous, on dit, ben non.
03:33 Et donc, à ce moment-là, ils me disent,
03:35 ouais, ben, il faut brûler des poubelles, il y a des gens qui arrivent et tout.
03:38 Et puis en plus, nous, on a déjà brûlé une poubelle,
03:40 et puis il y a la police qui va arriver, il faut brûler des poubelles,
03:42 il faut brûler des poubelles.
03:43 Puis moi, je me dis, ces gens, ils sont bizarres.
03:46 Ces gens, ils sont bizarres.
03:48 Mais en même temps, je me dis, ces gens, ils sont bizarres,
03:50 mais ils ont le double de mon âge.
03:51 Moi, je veux rentrer chez moi, je mets les mains dans mes poches.
03:55 Dans le fond d'une poche, je trouve un briquet.
03:58 Je me dis, peut-être qu'ils vont me laisser tranquille.
04:00 En plus, sachant qu'ils étaient quatre, que je ne les connais pas,
04:04 qu'ils sont bizarres, qu'ils parlent de mettre le feu à des chantiers,
04:07 je me dis, ces gens, peut-être qu'ils sont alcoolisés,
04:11 peut-être qu'ils vont s'en prendre à moi.
04:12 Donc, je me dis, bon, là, il y a une poubelle,
04:14 c'est les petites poubelles de Paris.
04:15 Ce n'est pas les poubelles des particuliers, c'est les poubelles publiques.
04:18 C'est-à-dire que c'est en métal et donc, ça ne prend pas feu.
04:20 Il y a juste le plastique qui prend feu.
04:22 Je me dis, je vais foutre le feu au sac poubelle en plastique.
04:25 Ils seront contents, ils auront eu leur diversion avec la police.
04:29 Et moi, je me taille, je rentre chez moi.
04:32 Il y a du coup, la fille qui m'accompagne et Suleymane, qui était le troisième,
04:37 qui, lui, il n'en avait rien à faire de ces quatre gens bizarres.
04:43 Il n'en avait rien à faire.
04:45 Il voulait déjà rentrer chez lui.
04:46 Il n'avait pas peur qu'ils le tapent,
04:48 il voulait juste rentrer chez lui.
04:50 Donc, il était déjà ruissant honoré, il partait dans notre sens opposé.
04:53 Et les personnes avec qui on était,
04:56 ils nous ont bloqués sur un angle et ils nous disent "ouais, c'est la police".
05:00 Je n'ai jamais vu des policiers qui arrivent,
05:04 te foutent la pression pour faire une infraction.
05:07 Et puis ensuite, ils te disent "non, mais ouais, c'est la police
05:09 et vous vous êtes bien fait avoir".
05:10 En plus, pour qu'ils aient bien des belles preuves qu'on est des délinquants et tout,
05:14 ils ont pris une vidéo où ils faisaient semblant de trembloter
05:18 et qu'ils nous avaient pris sur le fil.
05:22 Et le pire dans tout ça, c'est qu'ils nous avaient demandé de nous masquer.
05:26 Et donc, ils ont dit "ouais".
05:27 Donc, ils se sont masqués, ils ont foutu le feu à une poubelle.
05:29 Voilà, c'est des délinquants, c'est des black blocs, c'est terminé.
05:33 Souleymane arrive.
05:36 On se demande "mais pourquoi Souleymane, il arrive ?"
05:38 Et en fait, il y a un policier qui est allé le chercher pour le ramener,
05:43 alors qu'il n'était pas dans les vidéos qu'ils ont prises,
05:45 qu'il n'a jamais consenti à toutes leurs bêtises,
05:47 qu'il a refusé, refusé, refusé, refusé
05:49 à chaque fois qu'ils lui ont proposé de commettre des dégradations.
05:52 Et puis, il menotte Souleymane et il le ramène avec nous.
05:56 Et à ce moment-là, on se demandait "mais pourquoi ils l'ont pris ?"
06:00 Parce que Souleymane, on ne se connaît pas trop
06:04 et puis, il n'a rien fait, donc c'était étrange.
06:09 Ils ont attendu qu'il y ait un fourgon banalisé qui arrive
06:12 et ils nous ont amené au commissariat du 3e arrondissement.
06:15 On est arrivé au commissariat du 3e arrondissement,
06:16 qu'elle ne fut pas notre surprise quand on a remarqué
06:18 qu'en fait tous les policiers connaissaient tout Souleymane.
06:20 Tous.
06:22 Il a vu le commissaire, il a fait "ah c'est Souleymane".
06:24 Là, à ce moment-là, je me dis, il y a un loup,
06:27 soit il y a des ordres qui viennent d'en haut,
06:29 soit il y a quelque chose qui cloche.
06:32 Quand on est arrivé au commissariat à la garde à vue,
06:35 le sujet principal, c'était Souleymane.
06:38 Donc celui qui n'a rien fait, c'est lui le sujet principal.
06:41 Donc là, ça s'apparente à un coup monté.
06:44 Ils attrapent quelqu'un qui sait pertinemment qu'il est innocent
06:47 et qu'il n'a pas été attrapé dans ce coup monté.
06:49 Mais dès qu'on arrive, les collègues du commissariat
06:51 disent à ceux qui nous ont interpellés
06:53 "ah ouais, vous avez chopé une très belle affaire".
06:55 Donc on a passé 24 heures en garde à vue.
06:58 Bizarrement, quand Souleymane a demandé "mettre Ari Alimi",
07:02 ils ont dit "il est injoignable".
07:05 Il est injoignable.
07:06 Donc Souleymane, il n'est pas idiot,
07:08 donc il a dit "mettre Alimi, il est injoignable".
07:12 "Ok, j'aimerais contacter quelqu'un de ma famille".
07:14 Et puis, il donne le numéro d'Ari Alimi,
07:17 et Ari Alimi répond.
07:18 Et après, du coup, il arrive à avoir un avocat
07:20 en détournant la procédure.
07:21 Parce que sinon, il n'allait pas avoir d'avocat.
07:23 Sinon, ils allaient...
07:24 En fait, ils faisaient absolument tout, tout, tout, tout, tout
07:29 pour qu'on soit tous les trois déférés.
07:31 Et donc, quand ils discutaient avec son avocat,
07:33 on apprend qu'il y a un article qui est paru dans le Figaro.
07:37 Pourquoi la presse de droite, elle est déjà au courant
07:38 que Souleymane est en garde à vue ?
07:40 Ari Alimi, dans son entretien avec Souleymane,
07:43 il informait qu'il y avait le Figaro qui avait fait un article
07:47 et BFMTV qui en parlait sur les antennes.
07:51 Et qu'ils avaient ramené des syndicalistes policiers
07:54 pour bien enfoncer Souleymane.
07:57 L'étudiant tchadien qui a dénoncé la Braveme
08:01 est interpellé de nouveau à Paris.
08:03 Il a été retrouvé avec une cagoule, des briquets et du gel d'eau alcoolique.
08:10 Alors, Souleymane n'avait pas de cagoule, pas de briquet,
08:15 pas de gel d'eau alcoolique, il n'était pas masqué.
08:17 En fait, ils ont mélangé toutes nos histoires,
08:20 ils ont pris tous les éléments qui pouvaient être à charge
08:23 et ils les ont placés sur Souleymane pour faire leur papier torchon.
08:28 Et donc, ils ont fait croire que Souleymane,
08:29 c'est un dangereux étudiant étranger,
08:32 black bloc venu en France pour détruire des trucs, etc.
08:36 Alors qu'à la base, Souleymane, il a été interpellé une fois par la Braveme
08:40 parce qu'il voulait aller au resto
08:42 et depuis, il va en manifestation pour défendre ses droits.
08:45 C'est tout.
08:45 Et M. Adhimi, il pose une question, une question que je pose aussi.
08:50 Est-ce la préfecture de police de Paris,
08:53 sont les policiers qui ont interpellé Souleymane
08:56 à l'origine d'un stratagème policier
09:00 pour interpeller Souleymane qui a osé, en tant qu'étudiant étranger,
09:05 dénoncer des agressions sexuelles et des agressions racistes de la Brave motorisée,
09:10 pour laver leurs collègues de la Brave
09:12 et pour faire en sorte que le sujet "Brave, violence policière de la Brave
09:19 et dissolution de la Brave" soit totalement enterré médiatiquement ?
09:23 Ça, c'est la question que je pose.
09:25 M. Hariri Adhimi et M. Alexis Baudelin veulent les caméras de surveillance.
09:32 Pour le premier, M. Hariri Adhimi, conseil de Souleymane,
09:36 a déposé en son nom une plainte auprès de l'IGPN, il a été entendu lundi.
09:42 Et dans sa plainte, il relate les faits d'incitation à la violence
09:46 de la part des policiers et son arrestation abusive.
09:48 M. Baudelin demande les caméras de vidéosurveillance
09:52 pour la simple et bonne raison qu'ils disent dans leur déposition
09:55 les policiers qui nous ont interpellés, qu'on est venu les voir
09:58 pour leur proposer de mettre le feu à des poubelles,
09:59 qu'ils ont décliné car ce sont honnêtes citoyens
10:02 en plus d'être des gardiens de la paix,
10:03 et qu'après ils nous ont suivi en filature.
10:06 On a vu que nous allumions un feu à une poubelle
10:09 aux rues du Chevalier Saint-Georges dans le 1er arrondissement de Paris.
10:12 Concorde, c'est l'un des quartiers les plus touristiques de Paris,
10:15 donc il y a des caméras partout, partout, partout, partout.
10:19 Et donc ça veut dire qu'on peut très bien savoir
10:21 que vous êtes passé par la rue Royale et non pas par la rue Saint-Florentin.
10:25 Et donc que vous ne nous avez pas suivis,
10:29 donc que vous nous avez donné potentiellement un point de rendez-vous,
10:33 ou sinon que vous êtes Madame Irma
10:35 et que vous saviez où on comptait aller avant même qu'on y aille.
10:39 Et donc ils ne veulent pas montrer la vidéo surveillance
10:41 parce qu'ils savent que soit il y a un faux procès verbal et c'est un crime,
10:45 dans le cadre où on voit les vidéos surveillance
10:48 et qu'on voit qu'ils ont fait le tour,
10:49 soit c'est un vrai procès verbal et ce sont des policiers parfaitement incompétents.
10:54 Parfaitement incompétents et potentiellement corrompus
10:57 car ils cherchent avant tout du chiffre
10:58 au lieu de protéger les biens de l'Amérique de Paris.
11:00 La question que je vais poser à la préfecture de police,
11:03 c'est pourquoi avez-vous prolongé de 24 heures la garde à vue de Souleyman
11:06 alors qu'il n'y avait aucun élément contre lui, aucune vidéo contre lui,
11:10 rien trouvé dans ses affaires ?
11:11 Pourquoi donc l'avez-vous prolongé ?
11:13 Si ce n'est pour faire le tour des plateaux télé
11:15 comme vous l'avez fait tout ce week-end, pour le salir.
11:17 Souleymane a été libéré quasiment à la toute fin des 48 heures
11:22 et nous on a appris qu'on était déféré.
11:23 Alors déféré, ça veut dire qu'on est renvoyé devant le tribunal de Paris
11:27 porte de clichy.
11:28 Alors j'étais assez serein parce que ce n'était pas grand-chose en soi,
11:33 un sac poubelle, s'il faut que je rembourse un millier de sacs poubelles
11:36 à la mairie de Paris, je le ferai.
11:38 Mais en tout cas, ce n'est pas l'essentiel.
11:39 Moi j'ai envie que ces policiers répondent de leurs actes
11:41 et qu'on sache si c'est un schéma de maintien de l'ordre
11:44 de faire ce genre de guet-apens totalement illégaux.
11:47 Je suis libéré sous contrôle judiciaire.
11:48 Je dois respecter la règle suivante,
11:50 ne pas manifester, pas seulement à Paris,
11:53 ne pas manifester sur tout le territoire national jusqu'au 22 mai.
11:57 Donc ça tombe bien, on me prive de mes droits politiques
12:01 pour une affaire qui n'était pas au sein d'une manifestation
12:04 et qui était le résultat d'un stratagème policier.
12:07 On me prive de mes droits politiques en pleine période de mobilisation
12:10 contre la réforme de la retraite.
12:11 Je suis libéré sous contrôle judiciaire.
12:13 Je dois respecter la règle suivante,
12:15 ne pas manifester, pas seulement à Paris,
12:17 ne pas manifester sur tout le territoire national jusqu'au 22 mai.
12:20 Donc ça tombe bien, on me prive de mes droits politiques
12:22 pour une affaire qui n'était pas au sein d'une manifestation
12:24 et qui était le résultat d'un stratagème policier.
12:26 Donc ça tombe bien, on me prive de mes droits politiques
12:28 pour une affaire qui n'était pas au sein d'une manifestation
12:30 et qui était le résultat d'un stratagème policier.
12:32 Donc ça tombe bien, on me prive de mes droits politiques
12:34 pour une affaire qui n'était pas au sein d'une manifestation
12:36 et qui était le résultat d'un stratagème policier.
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