00:00 Le loup est un sujet extrêmement clivant en France.
00:03 À la fin du 19e siècle, il en restait encore 15 000 en France.
00:06 On ne savait pas comment s'en débarrasser.
00:08 Une loi a été votée à l'époque qui a introduit des récompenses
00:12 à ceux qui tueraient des loups.
00:13 Au moyen-encours, en 1930,
00:15 il n'y avait plus de loups en France officiellement.
00:18 Il est réapparu, non pas parce qu'on l'a réintroduit comme l'ours,
00:22 mais il est revenu tout seul sur ses petites pattes des abruses en Italie
00:25 où il avait survécu.
00:27 Le loup est un sujet qui a été réapparu en France
00:30 à la fin du 19e siècle.
00:31 Il est revenu sur ses petites pattes des abruses
00:34 et qui a été réapparu sur ses petites pattes des abruses.
00:37 Il est revenu sur ses petites pattes des abruses.
00:40 Il est revenu sur ses petites pattes des abruses.
00:43 Il est revenu sur ses petites pattes des abruses.
00:45 Il est revenu sur ses petites pattes des abruses.
00:48 Il est revenu sur ses petites pattes des abruses.
00:51 Il est revenu sur ses petites pattes des abruses.
00:54 Et les éleveurs, évidemment, ont commencé à se plaindre.
00:58 Les éleveurs et les bergers sont persuadés
01:02 qu'il y a plus de loups en France que ce qu'on dit, au moins 1 500.
01:06 La question qui se pose aujourd'hui, c'est celle de la viabilité des loups.
01:10 Il avait été estimé dans un premier temps
01:12 que si les loups atteignaient le chiffre de 500, 500 loups en France,
01:15 l'espèce était viable.
01:17 Si l'espèce est viable, ça veut dire qu'elle est moins protégée.
01:20 Les défenseurs du loup aujourd'hui disent que ce n'est pas 500.
01:24 500, c'est la survie numérique de l'espèce.
01:27 Mais pour une véritable survie à long terme,
01:31 il faut qu'il soit plus nombreux, sinon il y a un risque de consanguinité.
01:34 Aujourd'hui, elle est protégée, elle est même très protégée,
01:37 puisqu'il est absolument, formellement interdit de tuer un loup,
01:40 sauf exception autorisée par arrêté préfectoral.
01:44 Les éleveurs sont dédommagés quand une de leurs bêtes est tuée.
01:52 Dit comme ça, c'est très simple. En pratique, c'est quand même plus compliqué
01:55 parce qu'il faut s'assurer que c'est bien un loup qui a tué l'animal
01:59 et pas un chien.
02:01 Donc quand une bête est tuée, il faut le déclarer.
02:03 Les enquêteurs de l'Office français de la biodiversité
02:06 viennent mener leur enquête, ils font des prélèvements, etc.
02:10 Tout ça prend un petit peu de temps.
02:12 Par ailleurs, ils sont très attachés à leurs animaux.
02:15 J'ai rencontré un éleveur dans le Charolais qui m'a beaucoup touchée
02:19 parce qu'il a été victime deux fois d'attaques de loups.
02:22 Et il m'a expliqué, vraiment avec des larmes dans la voix,
02:26 ce que ça représentait de se lever le matin
02:30 et de trouver des bêtes mortes dans son champ et ventrées,
02:34 des bêtes à l'agonie qu'il a dû tuer, qu'il a dû achever,
02:39 ce qui, pour lui, était évidemment terrible.
02:41 Et même au-delà de ça, il me disait que tous les matins,
02:45 toutes les nuits, il se demande ce qu'il va trouver dans son champ
02:48 en se levant le lendemain matin.
02:49 Les éleveurs ne veulent pas éradiquer les loups,
02:57 à part quelques exceptions,
02:58 mais ils voudraient simplement qu'il y en ait un petit peu moins.
03:02 Ils voudraient simplement avoir le droit
03:05 de tuer les bêtes qui attaquent leurs troupeaux,
03:07 ce qu'aujourd'hui, en l'état du droit actuel,
03:09 ils n'ont pas le droit de faire,
03:10 puisque tout abattage de loups nécessite un arrêté préfectoral,
03:14 donc une démarche administrative longue et lourde.
03:18 Et ils voudraient simplement reprendre la main
03:22 et que, comme me disait l'un d'eux,
03:25 le loup ait à nouveau un petit peu peur de l'homme.
03:27 Le loup est un animal extrêmement intelligent.
03:29 Il sait qu'il peut s'approcher aujourd'hui des troupeaux et des bergeries
03:32 sans qu'on lui tire dessus.
03:34 Et le loup s'en a rendu.
03:36 Et il est avéré que les loups se rapprochent aujourd'hui
03:39 de plus en plus des habitations dans les campagnes.
03:43 On a vu des loups rentrer dans des bergeries
03:46 parce que le loup n'a plus peur.
03:47 [musique]
03:51 Depuis 2008, le nombre de prédations a été multiplié par quatre.
03:55 Donc évidemment, les éleveurs tirent la sonnette d'alarme,
03:58 mais ils ont du mal à se faire entendre
04:00 parce qu'ils ont en face d'eux des défenseurs de l'environnement.
04:03 Alors, ce qui est intéressant aujourd'hui,
04:05 et c'est la raison pour laquelle on s'est lancé dans cette enquête,
04:07 c'est que les relations entre éleveurs et défenseurs du loup
04:13 sont "régulées" par un plan
04:16 qui s'appelle le plan loup, qui est un plan quinquennal
04:20 et qui essaie de préserver les intérêts des uns et les intérêts des autres.
04:24 Le dernier arrive à échéance cette année, donc en 2023,
04:28 et les négociations pour le prochain plan quinquennal loup
04:31 ont d'ores et déjà commencé.
04:33 Et jamais les positions n'ont été aussi antagonistes.
04:36 Voilà, c'est la raison pour laquelle on s'intéressait à ce sujet.
04:38 [Musique]
Commentaires