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  • il y a 3 ans

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Transcription
00:00 - Le congrès de la presse hebdomadaire régionale se déroule à l'espace Mayenne à Laval.
00:04 Il a réuni les éditeurs de 250 journaux de toute la France.
00:08 Stéphanie Deneuveau, vous recevez le président du syndicat de la presse hebdomadaire régionale.
00:12 - Bonjour Vincent David. - Bonjour à tous.
00:14 - Alors en trois mots d'abord, c'est quoi la PHR comme on dit ?
00:18 - La PHR, vous l'avez dit dans votre présentation, c'est donc une famille de presse.
00:22 Une famille de presse équivalente à la Presse quotidienne régionale et à la Presse quotidienne nationale,
00:26 puisque nous sommes réunis au sein d'une fédération.
00:28 Donc ce sont 250 journaux, effectivement.
00:30 Sur ces 250 journaux, 210 sont adhérents du syndicat.
00:34 Et nous organisons chaque année depuis 50 ans un congrès. C'est Laval qui a été choisi.
00:39 - Voilà, hebdomadaire, c'est donc chaque semaine.
00:41 - Une fois par semaine, absolument.
00:43 - Alors c'est vrai que dans notre département, la presse hebdomadaire régionale est représentée par deux titres
00:49 qui se vendent très bien, le courrier de la Mayenne et le haut tonjou.
00:53 Alors c'est vrai que l'information se consomme de plus en plus sur le numérique.
00:58 Sur le web, les applis mobiles. Vous avez peur pour l'avenir du papier ?
01:02 - Non. Je n'ai pas peur. Je n'ai pas peur à partir du moment où nous nous serons adaptés.
01:09 Mais je n'ai pas peur parce que ce qui est important c'est de produire de l'information et de la bonne information.
01:16 Ce que vous faites très bien ici, évidemment.
01:18 Et donc le courrier de la Mayenne et le haut tonjou ont évidemment connu des périodes où ils vendaient beaucoup plus de papier.
01:26 Mais ils se sont adaptés, ils font du digital.
01:28 Donc les journalistes de ces deux titres et les journalistes de la plupart des titres de la presse hebdomadaire régionale
01:33 produisent de l'info et soit ils le diffusent sur le papier, soit ils le diffusent sur le net.
01:38 Mais donc je pense qu'il y aura toujours du papier.
01:41 - Oui mais pour gagner de l'argent, il faut bien vendre du papier.
01:45 - Oui. Il faut vendre du papier, il faut vendre de la publicité surtout.
01:49 Donc l'idée c'est évidemment que la publicité continue d'aller sur le print parce que c'est ce que nous demandent.
01:53 - Le print c'est le papier ?
01:54 - Oui c'est le papier, pardon. Vous avez raison.
01:56 Évidemment c'est ce que nous demandent les annonceurs.
01:58 Mais évidemment nous faisons migrer aussi la publicité sur le digital, sur les sites internet ou les applications des journaux en question.
02:06 - Vincent David, vous êtes le président du syndicat de la presse hebdomadaire régionale.
02:10 On parle beaucoup de l'intelligence artificielle.
02:14 Est-ce que c'est un risque ou une opportunité pour la presse ?
02:18 - Les deux. Les deux. C'est évidemment un risque parce que ça évolue à une vitesse complètement folle.
02:24 Qu'on nous promet, je crois au niveau mondial, plus de 300 millions d'emplois menacés par cette intelligence artificielle.
02:30 Mais à côté de cela, l'intelligence artificielle va, je le pense, je l'espère, aider les journalistes, aider nos équipes à mieux travailler.
02:39 Puisque ça ouvre des données absolument phénoménales.
02:42 Après il faudra évidemment être extrêmement vigilant parce que nous sommes nous.
02:46 J'ai repris ça dans l'édito que j'ai fait pour le congrès des marchands de vrai.
02:50 C'est pas moi qui ai inventé la formule, c'est un journaliste suisse.
02:54 Nous sommes des marchands de vrai et l'intelligence artificielle peut produire évidemment de l'information, vérifier, etc.
02:59 Mais il faut que nous gardions le manche, il faut que nous gardions la main.
03:03 Et il faut que derrière l'information que nous produisons, il y ait des femmes et des hommes.
03:08 Donc oui, bien sûr qu'il y a un risque.
03:10 Il y a un risque parce que les difficultés financières font que des journaux, pas simplement la PHR,
03:16 mais des journaux voient un intérêt à éventuellement robotiser certaines actions que nous accomplissons.
03:22 Y compris en radio, parce que je crois qu'en intelligence artificielle, il y a des essais qui sont absolument sidérants.
03:27 Où on peut produire des émissions matinales pendant une heure ou deux avec des informations locales, des lancements de musique.
03:33 - Sans Stéphanie Deneuveau, sans Coty Péturon.
03:36 - Voilà, exactement.
03:37 Non mais c'est ça. Donc bien sûr, c'est une réponse de normand que je vous fais,
03:41 mais je pense qu'il faut saisir les opportunités, comme à l'arrivée d'internet.
03:45 Mais évidemment, c'est être extrêmement prudent sur le plan éthique, sur le plan moral, sur le plan humain, tout simplement.
03:50 - Alors qui lit aujourd'hui la presse hebdomadaire régionale ? Quel est votre lecteur type ?
03:56 - Alors, lecteur type, d'abord la PHR, elle est surtout forte dans des départements comme la Mayenne.
04:00 C'est-à-dire des départements où il n'y a pas de centre urbain trop important.
04:04 Ça ne veut pas dire que ce n'est qu'une presse rurale, mais c'est une presse qui s'épanouit dans des territoires très identifiés, très forts,
04:11 avec des villes-centres qui sont à taille humaine.
04:13 Donc nous avons un lectorat plutôt féminin, plutôt plus jeune que la PQR,
04:18 plutôt plus actif que la presse quotidienne régionale. Pardon, PQR, il faut que j'explique.
04:22 - Oui, la presse quotidienne régionale, oui.
04:24 - Donc voilà, évidemment ce sont des personnes qui ont plus de 40-50 ans, mais c'était vrai avant, c'est vrai aujourd'hui.
04:33 Les jeunes n'ont jamais lu la presse d'information, ou très peu.
04:35 Ils la consomment peut-être aujourd'hui sur internet plus facilement, mais donc c'est une cible forcément.
04:40 Mais donc des actifs, des gens qui sont très ancrés dans leur territoire, des gens qui aiment leur territoire.
04:47 Donc voilà, c'est un peu le portrait type du lecteur de PHR.
04:50 - Alors, la presse peut fonctionner grâce à la pub, vous l'avez dit.
04:56 Est-ce que vous aimeriez qu'il y ait un soutien plus important de la part de l'État ?
05:02 - Oui, forcément, mais je dois dire que nous ne sommes pas malheureux.
05:07 Nous ne sommes pas malheureux, il y a des dispositifs qui permettent à la presse hebdomadaire régionale
05:11 et à la presse quotidienne, nationale ou régionale aussi, de se développer, de se moderniser.
05:17 Donc il y a une aide au pluralisme, puisque nous, 240 titres, nous sommes le pluralisme en France.
05:21 C'est-à-dire que nous avons plus de la moitié de nos titres qui sont des titres totalement indépendants, familiaux, etc.
05:27 Donc oui, bien sûr qu'on peut toujours dire, surtout en moment de crise, le prix du papier a fortement augmenté.
05:32 Donc on a réclamé auprès de l'État, comme d'autres professions, comme d'autres secteurs, une aide spécifique,
05:37 qui est arrivée, puisqu'il y a eu une enveloppe de 30 millions qui a été dégagée, mais pour la totalité de la presse.
05:41 Donc évidemment, nous récupérons, nous, très peu.
05:43 Mais oui, un soutien de l'État qui existe aujourd'hui, s'il est plus fort et plus puissant, nous prenons.
05:50 - Merci Vincent David, président du syndicat de la presse hebdomadaire régionale,
05:55 d'avoir été l'invité du 6/9 de France Bleu Mayenne et France 3P de la Loire.
05:58 - Et une interview que vous pouvez réécouter et podcaster sur notre site francebleu.fr.
06:03 C'est vendredi !
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