00:00 Cette semaine, l'ANSM, l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament,
00:05 je vérifiais si vous le saviez, bravo, vous le savez.
00:07 Cette ANSM a lancé une campagne de sensibilisation à la bonne utilisation des médicaments avec ce slogan,
00:13 j'ai à peine sorti sensibilisation, non ?
00:15 Non, non, c'est mieux de passer.
00:17 Avec ce slogan, les médicaments ne sont pas des produits ordinaires, ne les prenons pas à la légère.
00:22 Alors docteur, vous êtes médecin généraliste,
00:25 est-ce que vous recevez souvent des patients, vous, qui font un peu leur sauce avec les médicaments,
00:30 qui bricolent chez eux, comme ça ?
00:32 Eh bien j'ai envie de vous dire oui, je vous vois depuis chez vous, oui, ça arrive,
00:37 il peut y avoir deux situations.
00:39 On le fait tous un peu, un tout petit peu.
00:41 Un petit peu, ça peut être un peu des patients qui vont vous dire "c'est pas efficace, j'ai doublé la dose"
00:44 ou d'autres qui vont dire "moi docteur, j'aime pas les médicaments, du coup j'en ai pris que la moitié".
00:47 C'est drôle ça !
00:49 Ça arrive très souvent.
00:51 Et d'ailleurs, c'est ce que dit l'étude de la NSM, trois Français sur dix font un peu ce qu'ils veulent,
00:55 c'est-à-dire qu'ils peuvent augmenter la durée ou jouer un petit peu sur la dose.
00:59 Je vous le rappelle, la prescription qu'on fait, en réalité c'est vraiment pour gagner en efficacité
01:03 et puis d'être dans une zone de sécurité dans la prise du médicament,
01:06 donc respecter si possible la prescription.
01:08 Cette étude, elle révèle aussi, et c'est peut-être plus inquiétant,
01:11 qu'un Français sur deux donne des médicaments à un proche qui a le même symptôme.
01:16 Quels sont les risques justement à s'échanger des médicaments en faisant comme ça de l'automédication ?
01:20 Les risques sont nombreux. C'est vrai que de temps en temps, vous jouez au docteur ou à l'infirmier, je ne sais pas.
01:24 C'est vrai !
01:26 J'ai joué au docteur mais il y a longtemps !
01:28 Il y a trois grands risques.
01:30 Effectivement, l'erreur de diagnostic, l'erreur de médicament ou les effets indésirables.
01:34 Je commence par l'erreur de diagnostic.
01:36 Parfois, une toux par exemple peut avoir différentes origines.
01:39 Par exemple, ça peut être un nez qui coule, une infection du poumon ou comme vous Damien, des reflux.
01:43 Ça, ça peut être vraiment une origine de toux.
01:45 Non, t'as des soucis, arrête !
01:47 Ça va pas mieux ?
01:49 Je suis en train de me demander si c'était vrai.
01:51 Vous pouvez confirmer à ma maman que c'est faux ?
01:53 C'est vrai !
01:55 L'erreur de diagnostic, effectivement, si vous trompez un médicament, ne peut pas être adaptée.
01:59 L'erreur de médicament. En ce moment, par exemple, il y a beaucoup les nez qui coulent
02:03 et on peut avoir envie de se prêter un petit peu le spray pour arrêter les coulements.
02:06 Il y en a certains qui sont par rapport aux allergies, très bien, mais d'autres sont totalement contre-indiqués.
02:10 Si vous avez des problèmes cardiaques, là-dessus, faites attention.
02:13 Et dernier point, les effets indésirables.
02:15 Un médicament qui va vous aller à vous, Olivia, peut-être que ça n'ira pas à moi.
02:18 Moi, si je prends de la codéine, je suis couché pendant une journée.
02:21 La codéine, ça me donne la nausée, les vomissements.
02:23 La codéine, c'est pareil, ça me fracasse.
02:25 Mais d'autres vont supporter, Missy.
02:26 Si, par exemple, vous donnez ça à votre voisin, vous donnez...
02:28 Ça donne quoi, des vomissements ?
02:29 Oui, nausées, vomissements, la tête qui tourne.
02:30 La codéine, parfois, c'est pas très bien supporté.
02:32 Donc, encore une fois, prudence sur l'automédication, parce que ça peut avoir des risques pour votre santé.
02:37 On avait vu l'affiche, c'était "Vous pouvez prêter votre perceuse à votre voisine, mais pas vos médicaments".
02:42 Voilà, exactement.
02:43 Une perceuse, ça se prête entre voisins.
02:45 Vous l'utilisez, c'est voisine, vous, hein ?
02:46 Ah oui, vous comprenez.
02:47 Allez, on va prendre le cas du paracétamol.
02:49 On a tous eu du paracétamol, a priori, à la maison.
02:51 On le prend quand on a mal à la tête.
02:53 Est-ce que, là aussi, vous dites prudence pour le paracétamol ?
02:56 J'ai joué au rabat-joie ce matin.
02:57 Ah ouais ?
02:58 Ben oui, prudence, effectivement.
03:00 En fait, on sait qu'un Français sur deux ignore qu'il y a un risque pour le foie de prendre du paracétamol.
03:05 Le surdosage, c'est ça ?
03:06 Oui, exactement.
03:07 C'est dangereux pour la santé.
03:08 Ça peut être dangereux quand c'est mal contrôlé.
03:10 D'accord ? Et c'est d'ailleurs la première origine de greffe hépatique.
03:13 C'est l'origine médicamenteuse en France.
03:15 Donc, voilà.
03:16 C'est important de savoir que le paracétamol est dangereux pour la santé.
03:19 Peut être dangereux en dehors des clous.
03:20 Dernière chose, souvent, vous savez, on peut prendre, acheteur un médicament en pharmacie,
03:24 humex, active, fervex, dans lequel il y a déjà du paracétamol.
03:27 Donc, parfois, les patients prennent en plus un gramme de paracétamol.
03:30 Ah, surdosage.
03:31 Ils oublient qu'il y a déjà du paracétamol.
03:32 Et ouais, ils font pas attention à ça.
03:33 Donc, il y a du risque de surdosage dans tout ça.
03:34 Et donc, très dangereux pour le foie.
03:35 Donc, prudence, encore une fois, toujours demandez l'avis, si possible, à votre médecin
03:39 ou aux pharmaciens éventuellement également.
03:41 Finalement, pour éviter tout risque d'accident, le mieux, c'est peut-être de ramener le traitement
03:44 à la pharmacie dès qu'on l'a terminé, s'il en reste.
03:47 Vous pouvez, soit, oui, sécurité, vous ramener comme ça.
03:49 Parce que souvent, on a des traitements, on se dit, à quoi ça me service déjà, cette boîte ?
03:52 On ne sait plus trop.
03:53 Donc, déjà, écrivez déjà à qui c'était et la pathologie.
03:55 Donc, soit vous le gardez, mais vraiment que pour vous.
03:57 Mais sinon, vous le ramenez en pharmacie.
03:59 Ça paraît une fois par an, c'est bien.
04:00 Là, ça va être l'été.
04:01 Donc, profitez-en, faites le tri dans vos armoires à pharmacie, gardez les essentiels et les basiques.
04:05 Les pharmaciens ne le prennent pas toujours.
04:07 Ils doivent normalement, mais parfois, on ne sait pas si les bacs sont pleins, on n'en sait rien.
04:11 Mais il arrive qu'on les en fiche.
04:13 Dans tous les cas, pas dans les égouts, pas dans l'évier.
04:15 Je sais bien, mais il y en a qui le font.
04:17 Donc, à la pharmacie, ça, c'est important.
04:18 Tout ce qui est périmé, parfois, on pourrait dire, il est périmé, ça marche encore.
04:21 Non, parfois, c'est inefficace, voire même potentiellement dangereux.
04:24 Parce qu'il peut y avoir le développement de certaines bactéries dans les médicaments périmés.
04:29 Donc, on ne garde pas.
04:30 Et dernière chose, les médicaments qui sont plus conditionnés, une gélule qui est sortie de sa petite plaquette,
04:34 ou alors vous avez perdu la notice, c'est pareil, ne gardez pas.
04:37 Ce n'est pas des bonbons.
04:39 On a souvent l'impression que ça peut être un peu inoffensif.
04:42 Mais quand c'est mal géré, ça peut faire des petits dégâts.
04:45 Merci beaucoup, docteur.
04:46 On va marquer une petite pause.
04:47 On revient.
04:48 Vous me confirmez, Vincent, que pour cette maladie-là, il n'y a pas de risque de surdosage.
04:52 La maladie d'amour.
04:53 d'amour.
04:54 Oh c'est bon, non allez-y.
04:55 On peut y aller à fond.
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