00:00 On dit souvent que le tennis est un sport individuel, alors qu'il n'est jamais plus
00:06 beau que quand il est collectif.
00:08 BNP Paribas, fidèle au tennis de demain, depuis 50 ans.
00:13 Bernard Gueducci, merci pour cet entretien.
00:17 Vous êtes l'ancien président de la Fédération française de tennis, faut-il le rappeler.
00:20 Comment en 2021, aucun français, aucune française, au troisième tour de Roland-Garros des internationaux
00:28 de France, a acquis la faute dans tout ça ? Aux joueurs, à la Fédération, quand vous
00:32 étiez en poste, à l'actuelle Fédération ?
00:34 Non, d'abord j'ai envie de dire que ça vous semble une catastrophe, mais j'ai envie de
00:38 dire qu'on a limité les dégâts.
00:40 Parce que ce système qui est en place depuis 40 ans, parce qu'il faut quand même se dire
00:44 les choses, ce système c'est celui que nous avions combattu en 2017 quand nous avons pris
00:50 les rênes de la Fédération avec une volonté de le réformer.
00:53 Et nous l'avons fait avec succès, puisque ceux aujourd'hui qui "sauvent un petit peu
00:58 les meubles", c'est les jeunes qui sont sortis du dispositif à Géréganie que nous avons
01:03 mis en place.
01:04 Ce système, vous savez, quand moi j'entends parler du modèle à la française, mais il
01:08 a été laminé, il est laminé ce système depuis les années 2000, par la concurrence
01:13 étrangère.
01:14 A partir du moment où le circuit international s'est ouvert aux 12 ans, et bien les français
01:18 ont disparu de la planète, on va dire, et de ce qui constitue aujourd'hui le creuset
01:26 de l'élite de demain.
01:28 Donc si vous voulez, le vrai sujet, c'est la capacité des gouvernants aujourd'hui à
01:35 observer et à connaître ce qui se passe.
01:37 Et visiblement, ils n'y comprennent rien.
01:39 Moi je pense qu'aujourd'hui, en tous les cas, ils ont failli à leur responsabilité.
01:43 Quand le DTN dit "ce n'est pas de la responsabilité de la fédération de former des vainqueurs
01:52 de Grand Chelem", j'ai envie de dire "mais monsieur, vous avez des textes, en France
01:57 il y a une loi, ça s'appelle l'émission de services publics, vous en avez deux.
02:00 La première c'est le développement du TIS, et la deuxième c'est former une élite pour
02:05 représenter la France.
02:06 Vous avez une délégation du ministère pour ça, messieurs.
02:08 C'est ça le sujet.
02:10 Vous avez failli dans votre mission.
02:12 C'est à vous de décider ce qui doit se passer, mais vous avez failli.
02:16 Le système, aujourd'hui, vous n'êtes pas capables, en tous les cas, vous n'avez pas
02:22 démontré vos capacités à prolonger une dynamique qui était de former une élite.
02:26 C'est sûr que...
02:27 Et d'ailleurs, ça y est, ça commence à se lâcher.
02:30 Tsonga, Centoro, ok, ça y est, les langues commencent à se délier.
02:34 On a entendu les explications de Nicolas Escudet, le directeur technique national, le DTN de
02:39 la FFT.
02:40 Si vous aviez une question à lui poser, elle serait quoi ?
02:42 Non, mais moi, je n'ai pas de question à lui poser.
02:44 Moi, j'ai envie de dire déjà, rien que son mot du language parlait pour lui.
02:49 Il avait les bras croisés.
02:51 Le nombre de fois où il dit un petit peu, un petit peu, un petit peu.
02:54 Et puis le nombre de fois où il dit je ne sais pas, je ne sais pas, je ne sais pas,
02:57 je ne sais pas.
02:58 On voit bien que c'est quelqu'un qui est perdu.
02:59 C'est quelqu'un qui est en perdition, qui n'a pas de vision.
03:02 Il n'y a pas de vision partagée.
03:04 Aujourd'hui, c'est une vaste mascarade, tout ce qu'on voit.
03:07 Une vaste mascarade.
03:08 Je pèse mes mots au sens théâtral du terme.
03:11 Enfin, rendez-vous compte.
03:13 En 2021, on part dans les Vosges.
03:17 Ils partent dans les Vosges pendant trois jours après la catastrophe de Roland-Garros.
03:19 Qu'est-ce qu'il est sorti de ce séminaire des Vosges ?
03:22 Et puis, il y avait déjà Luigi Borfiga qui est revenu du Canada au réolé de ses succès.
03:27 En 2022, alors pas catastrophe, mais quand même, semi-échec.
03:34 Alors, on va avoir un rapport qui va être mis par SQD, Grosjean, Beneteau et Paul-Henri Mathieu.
03:41 Mais qu'est-ce qu'il en est sorti ?
03:42 Et puis là, hop, on sort maintenant Ljubicic.
03:45 Ivan Ljubicic, qui a sa propre académie quand même.
03:48 Il faut le savoir, Ljubicic, il a une superbe académie sur l'île de Lusigny en Croatie.
03:53 Et il arrive là, mais il va faire quoi ? Il fait quoi ?
03:55 Donc, moi, je dis aujourd'hui, c'est une mascarade, c'est tout.
03:57 C'est une vaste mascarade.
03:59 À qui la faute alors ?
04:01 La faute à ceux qui ont élu et à ceux qui ont proposé un projet.
04:06 Ils se sont présentés sur un projet.
04:08 L'autre tennis, on voit ce que c'est l'autre tennis.
04:10 Il n'y a plus personne.
04:12 Et ils ont dit, il faut mettre fin à l'ultra sélection.
04:16 Sous-entendu, c'est ce que je faisais pour mettre en place la formation.
04:22 Mais le tennis, ce n'est pas de la formation.
04:24 C'est de l'apprentissage.
04:26 C'est différent.
04:27 Si vous voulez être médecin, avocat, vous allez faire de la formation
04:31 parce que vous avez des référentiels, vous avez des bouquins, comme on dit,
04:34 avec des articles de loi, avec des planches anatomiques.
04:38 Et vous allez vous former à ce métier-là.
04:41 Mais le tennis, ce n'est pas un métier de connaissance.
04:43 C'est un métier de compétence, de capacité.
04:46 Vous savez, c'est un peu comme la cuisine.
04:47 Les grands chefs, ils sortent de l'apprentissage.
04:50 Pourquoi ? Parce qu'ils apprennent le métier en regardant.
04:53 D'accord, c'est ça. Apprendre, c'est d'abord regarder.
04:55 Une fois qu'ils ont compris, ils surprennent tout le monde.
04:58 Et quand on m'a dit qu'il fallait mettre fin à l'ultra sélection.
05:02 Mais d'où ils viennent Alcaraz ?
05:04 D'où il vient Rune ? D'où vient Jviatek ?
05:06 Ils viennent des tournois de 12 ans en France.
05:09 Ils étaient déjà dans le haut niveau à 12 ans.
05:11 Et ils y sont restés à 13, à 14, à 15 et à 16.
05:13 Et c'est ça qui a changé.
05:15 C'est qu'aujourd'hui, les pros, ils rentrent sur les tournois pros à 16 ans,
05:19 voire même à 15 ans pour les filles.
05:22 Qu'est-ce qu'il faut faire ?
05:23 Parce que vous dites que la FFT et le président Moreton et le TN ne font pas bien.
05:27 Visiblement, en ce moment, vous, vous n'avez pas tout fait bien
05:30 quand vous étiez à la tête de la FFT.
05:31 Bien sûr qu'on a tout fait bien.
05:32 Ben écoutez, quatre juniors en demi-finale à Roland-Garros.
05:36 Où est-ce qu'on l'a vu ?
05:37 Parce que vous savez le vrai bilan d'une fédération ?
05:39 C'est les juniors.
05:40 C'est les jeunes parce qu'un mandat, c'est quatre ans.
05:43 Donc quand vous prenez un gamin qui a 12 ans
05:45 et que quatre ans ou cinq ans après, Covid expliquant les choses,
05:49 eh bien vous les amenez en demi-finale d'un des plus gros tournois du monde,
05:54 ben vous avez réussi.
05:55 Après, c'est leur problème. Après, c'est leur affaire.
05:57 Mais si je prends Van Hache et Lucas Van Hache et Artufis,
06:01 où ils ont grandi ?
06:03 Où ils étaient le soir ?
06:03 Ils n'étaient pas dans un pôle, ils étaient chez eux,
06:06 dans leur maison.
06:08 Et on oublie ça parce que moi j'entends parler de...
06:10 Morayton dit... Alors c'est nouveau d'ailleurs, c'est nouveau.
06:12 Il dit c'est des projets individuels.
06:13 Non, monsieur Morayton, c'est des projets familiaux.
06:17 Si vous mettez de côté la famille,
06:19 eh ben vous mettez de côté le projet.
06:22 Expliquez-moi aujourd'hui si vous pensez que la famille Alcaraz
06:26 ou la famille Rune est étrangère au projet de leur enfant.
06:29 Non, ce sont des projets familiaux.
06:31 Il est là l'explication.
06:35 Donc après, quand vous me demandez ce que je dois faire,
06:38 moi je n'ai rien à faire.
06:39 Moi, je suis membre du conseil supérieur du tennis.
06:41 La seule chose que je vois, c'est qu'eux ne savent pas où ils vont.
06:44 C'est tout.
06:45 Ça fait trois ans, ils ne savent pas où ils vont.
06:48 Pourquoi ? Parce qu'ils ne connaissent pas la concurrence.
06:51 Quand vous vous lancez dans les affaires,
06:53 la première chose que vous faites, si vous lancez un produit,
06:55 une activité, etc.
06:57 C'est que vous regardez ce que fait la concurrence
06:58 et vous essayez de faire mieux et d'être originaux.
07:02 Le modèle à la française, il est laminé.
07:06 Il n'y a plus personne qui va venir copier les Français
07:09 si tant est qu'il les ait copiés un jour.
07:11 Parce qu'en 40 ans, à Roland-Garros,
07:14 on a gagné un grand chelum chez les hommes et un grand chelum chez les femmes.
07:18 Basta, c'est tout.
07:20 C'est ça la réalité du modèle à la française.
07:22 Alors moi, je me souviens à l'époque, on me disait, et pas des moindres,
07:25 "Ah oui Bernard, tu es trop ambitieux, il n'y a pas que les grands chelums."
07:28 Bah, je dis écoutez, quand on voit que Yannick,
07:31 40 ans après, ça continue à tourner pour lui,
07:35 moi je pense qu'un grand chelum, c'est très important
07:37 pour la promotion du tennis et pour la réputation d'une fédération.
07:41 - Le tournoi des juniors commence à Roland-Garros.
07:43 Il faut s'attendre à quoi du coup ?
07:44 - Oh, moi je pense qu'il y a Antoine Guibaudot,
07:48 qui lui, a été formé sous le moule que nous souhaitions,
07:52 puisqu'il s'est entraîné chez lui.
07:55 Moi j'avais rencontré le père, qui est prof de gym en plus, ça aide.
07:59 Il s'entraîne chez lui, dans les Yvelines,
08:02 dans le centre de Francis-Eveillard.
08:04 Il dort à la maison, il était scolarisé à distance,
08:08 et surtout, il a démontré quand même certaines capacités.
08:11 Il est rentré dans le top 5 WTN.
08:14 Et puis il y a Arthur Géat, qui est un peu plus âgé.
08:18 Mais aujourd'hui, c'est ça le vrai test.
08:21 Alors je ne parle pas des filles.
08:23 Les filles, c'est le désert.
08:25 Il y a une Française dans les 100 meilleurs juniors mondiaux.
08:29 Vous m'entendez bien, à ceux qui me regardent ?
08:31 Les 100 meilleurs juniors mondiaux, il y a une Française,
08:34 c'est Bastarevitch, qui est une Russe qui a été naturalisée en janvier 2022.
08:40 Donc vous voyez où on en est, c'est la désertification.
08:44 Ils ont tout cassé.
08:45 C'est ça le vrai problème.
08:47 Tout ce que nous avions mis en place,
08:48 c'était la réforme qui aurait pu permettre,
08:52 dans les années qui viennent, de poursuivre cette dynamique.
08:55 Ils ont viré Thierry Champion.
08:58 Ils ont viré Noël Van Lothoom.
09:01 Ils ont mis Chéret, qui était le EDTN,
09:03 ils l'ont mis à la formation.
09:05 Regardez un peu le paradoxe quand même.
09:08 On critique un modèle qui était mis en place
09:10 et celui qui était chargé de l'orchestrer, de l'instrumentaliser
09:14 et de le mettre en oeuvre, on le met à la formation.
09:16 Donc il y a un manque de cohérence totale.
09:21 Et puis le vrai sujet quand même.
09:24 Quand on écoute l'EDTN,
09:27 il y a 300 personnes qui bossent en France.
09:30 300 personnes dans les ligues, dans les comités.
09:33 Et quand on arrive au sommet, il n'y a plus personne.
09:36 C'est bien là qu'est le problème.
09:39 C'est bien là. Joe l'a dit l'autre soir sur Amazon.
09:43 Il a raison dans ce qu'il dit.
09:45 Là où il n'y a pas de fédé, il y a des résultats.
09:47 Mais parce qu'aujourd'hui, quand un joueur ou quand un parent
09:50 veut avoir des informations, il doit passer 5 ou 6 niveaux de décision.
09:55 C'est juste impossible.
09:56 C'est devenu un mammouth qui ne peut plus se bouger.
10:01 Donc, conclusion, à ceux qui s'inquiètent
10:03 pour la relève des joueuses et des joueurs français,
10:06 il y a de quoi s'inquiéter.
10:08 Moi, je pense que ce n'est même plus de l'inquiétude, c'est de la fatalité.
10:10 Ce système, il va dans le mur.
10:12 Écoutez, il faut relire l'interview de Christophe Bernel.
10:15 Que nous avions mis en place ?
10:16 Parce que la tarte à la crème de la préparation mentale, excusez-moi.
10:20 La tarte à la crème.
10:21 La préparation mentale, c'est avant 12 ans.
10:24 Après, oui, on apprend la respiration, on apprend la...
10:28 Mais le mindset, comme disaient les Anglais,
10:31 la capacité de se construire à la fois la caisse et le cerveau
10:35 pour rivaliser avec les meilleurs mondiaux,
10:38 eh bien, c'est juste impossible.
10:41 C'est perdu.
10:44 Ce système-là, il est perdu pourquoi ?
10:46 Parce que c'était le système d'avant.
10:48 Qui était DTN il y a 10 ans, en 2013 ?
10:51 C'était Edipe Ascoël.
10:53 Et ils venaient d'où ? Ils venaient d'Ajelaouar.
10:55 Ils sont avec qui, eux ? Ils soutiennent qui, eux ?
10:58 Ils soutiennent ceux qui sont en place aujourd'hui.
11:00 C'est leur système qui échoue.
11:02 Je veux dire, nous, notre système, il bourgeonne.
11:05 Moi, j'aimais bien appeler nos jeunes les apprentis.
11:08 Je ne vous les appelle pas les espoirs.
11:10 J'ai horreur de ce terme parce que l'espoir,
11:12 enfin, je ne vais pas citer le proverbe qu'on dit dans le Sud,
11:15 "Qui vit en espérant", vous connaissez la suite.
11:18 Mais je trouve que nous, on a de beaux apprentis.
11:22 Moi, je les adore avec leur ligne d'épaule haute
11:25 quand ils disent "on a confiance en nous".
11:27 Mais elle vient d'où la confiance ?
11:29 Elle vient de l'amour de leurs parents.
11:31 Et quand à 12 ans, vous privez les gamins de l'amour de leurs parents,
11:35 vous les fusillez quand ils auront 20 ans.
11:37 Vous verrez les difficultés que connaîtront certains jeunes
11:41 qui sont restés trop tard.
11:43 Moi, je me souviens, c'est Luc Capouille.
11:45 On était à Annecy, en Coupe Davis, et qui me dit "Bernard,
11:49 les jeunes, il faut les mettre plus tôt avec un coach individuel".
11:56 Et à l'époque, on avait sorti Maillot et on avait sorti Sean Cunningh
12:02 de Poitiers où il croupissait.
12:04 Moi, je voulais faire mes Poitiers, je voulais aller dans le Sud.
12:08 On avait l'accord d'Astrozy, c'était signé.
12:11 Où sont les académies ? Elles sont au soleil.
12:15 Où sont les meilleurs centres ? Ils sont au soleil.
12:17 Où est-ce que Ivan Ljubicic a son académie ?
12:19 Il l'a sur une île, allusiné sur les côtes croates.
12:23 Nous, on avait l'accord de Nice et on nous a plantés pour retourner à Poitiers
12:28 où il fait froid.
12:29 Où il fait froid et on est tout le temps sur du couvert en dur.
12:32 Donc c'est tout.
12:33 Vous savez, une fédération, c'est fait pour créer des conditions.
12:38 C'est fait pour créer les conditions de la performance
12:40 et aujourd'hui les conditions ont disparu.
12:41 En fait, en 2023, les 40 ans de la victoire de Yannick Noir,
12:47 le grand chlem de Roland Garros,
12:49 Nicolas Escudelli d'Etaing parle de rengaine.
12:53 Cette rengaine, on n'est pas prêts à la voir s'arrêter.
12:56 Non, ça c'est sûr.
12:58 Il suffit de regarder les résultats des 14 ans.
13:02 Vous savez, quand vous regardez le palmarès d'Alcaraz,
13:05 à 12 ans, il gagne 34 des 36 matchs qu'il fait.
13:08 Vous regardez le palmarès de Zviatek, même chose.
13:11 Vous regardez le palmarès de Roueneux, même chose.
13:14 L'autre jour, j'ai vu le passage d'Agin que je salue,
13:18 qui montrait deux de ses finalistes,
13:20 je crois que c'était Olivier Rie ou l'autre argentin,
13:23 j'oublie son nom, et Rune, qui sont deux anciens finalistes.
13:27 On les a, on a le creuset.
13:29 Simplement, on pense que le tennis c'est de la formation.
13:33 Mais moi, je le redis, le tennis, ce n'est pas de la formation.
13:36 On va à l'école, oui, pour apprendre des compétences livresques,
13:41 mais le tennis, il évolue tous les jours.
13:42 C'est de l'apprentissage.
13:44 Pour faire de l'apprentissage, le mieux, c'est l'alternance.
13:46 La compétition, retourner avec le coach.
13:48 La compétition, retourner avec le coach.
13:50 C'est tout ce que font les meilleurs jeunes.
13:54 Yannick, lui-même l'a dit, je suis un accident de l'histoire.
13:57 Et il a raison.
13:58 Il a raison. Pourquoi il réussit, lui ?
14:00 Parce qu'il a monté son projet personnel.
14:06 Et puis derrière, on a théorisé, on a fait des bouquins, on a fait des guides.
14:10 Pendant ce temps, les autres, ils faisaient de la compétition.
14:12 Vous avez vu en anglais, concurrence, se dit competition.
14:15 Voilà, il faut aimer la concurrence.
14:18 Il faut aimer la rivalité.
14:20 Il faut aimer, il faut aimer aller se confronter aux autres dès le plus jeune âge.
14:26 Après 12 ans, c'est fini.
14:28 Si vous n'avez pas acquis ce goût de la rivalité, à 12 ans, c'est fini.
14:33 Vous êtes largué. Le TGV est passé.
14:36 Yannick dit lors de sa conférence de presse, avant le début du tournoi,
14:40 que pour que les jeunes russes et suisses, il faut qu'ils se barrent de France.
14:43 Il faut qu'ils aillent à l'étranger.
14:45 Parce qu'en France, les entraîneurs n'ont jamais gagné.
14:47 Je ne sais pas si vous avez entendu parler.
14:48 Vous êtes d'accord avec ça ?
14:49 Non, non, je ne suis pas d'accord avec ça.
14:51 D'ailleurs, c'est le contraire qui se passe.
14:54 Les meilleurs étrangers viennent s'entraîner en France.
14:56 C'est probablement le palmarès, entre guillemets, de Jean-René Lissenaar.
15:00 Ils sont tous dans le sud de la France.
15:03 Non, là où Yannick avait raison à l'époque,
15:05 c'est qu'il disait qu'il faut un centre dans le sud.
15:08 Ça me fait penser un peu à ce fou dans la pièce de Camus.
15:12 Il disait "il va y avoir un mort, il va y avoir un mort".
15:14 Et Yannick disait ça.
15:15 Et c'est vrai que c'était compliqué.
15:18 Et moi, je me souviens de ce coup de fil.
15:19 En 2019, on est en finale des juniors dans le sud de l'Espagne.
15:25 Et j'ai un coup de fil de Vincent Bontin qui me dit "président, il faut faire quelque chose".
15:28 Si on ne les entraîne pas du matin au soir sur la terre battue,
15:31 on ne va pas y arriver.
15:33 Et moi, vous savez, j'étais à Ajaccio et Mira venait de gagner les championnats d'Europe
15:38 de 12 ans et moins.
15:39 C'est là où j'ai fait sa découverte, je dirais.
15:41 J'avais appelé Christian Astrozy.
15:45 C'était un samedi et le lundi, il était dans mon bureau pour le centre.
15:49 On a mis en place un plan.
15:51 Et en décembre 2020, le courrier était signé.
15:55 On avait deux hectares et demi en plus au centre des Combes.
15:58 Et tout ça, ça a été foutu en l'air
16:00 parce qu'il fallait garder Poitiers pour garder le confort de ceux qui y travaillent.
16:04 C'est ça la vérité.
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