00:00 Je suis désolé d'avoir fait ça, mais je n'en pouvais plus.
00:03 Des insultes matin et soir, des moqueries, des menaces.
00:07 Je n'en peux plus et j'ai envie d'en finir.
00:10 Mais rien ne les arrêtera, car malgré tout ce qui s'est passé,
00:14 elles me voudront toujours du mal.
00:16 Pardon maman, je suis parti rejoindre papa,
00:19 puisque son père est décédé quand elle avait 3 ans.
00:22 Et j'espère de tout cœur que ce que j'ai fait aura servi à quelque chose.
00:27 Je pense que ce que j'ai fait va les réjouir.
00:30 Elles penseront qu'elles ont gagné et arrêteront tout ça.
00:34 Je ne pouvais même pas me confier au directeur, car il était avec elle.
00:38 Il ne voulait rien entendre.
00:41 Donc la seule chose que je pouvais faire était de partir.
00:44 Faites attention à Miley, à ce qui pourrait lui arriver.
00:47 Faites attention à vous, je vous aime, au revoir.
00:50 Incroyable.
00:51 C'est bouleversant et elle a le courage dans sa détresse
00:55 de penser de manière prémonitoire à Miley.
00:58 J'ajouterais juste que la famille qui tenait une conférence de presse
01:02 a porté plainte pour non-assistance à personne en danger
01:05 contre le principal du collège, contre l'académie de Lille,
01:08 contre les policiers qui ont recueilli les plaintes au début
01:11 et contre Instagram et Facebook.
01:13 Il faut que ça bouge.
01:15 Vous savez de quoi j'ai peur ?
01:17 C'est que ça ne bouge pas encore, qu'il ne se passe rien.
01:20 On sait comment ça se passe.
01:22 - L'émotion est telle.
01:24 - Vous vous rendez compte de ça ?
01:26 - Je ne pouvais même pas me confier au directeur car il était avec elle.
01:29 - Si je peux me permettre, celle que j'ai eue en contact
01:32 m'a dit exactement les mêmes mots.
01:34 Elle en a parlé au directeur et en fait, il la laisse.
01:38 Elle m'a même dit qu'ils ont voulu la pousser dans l'escalier.
01:41 Cette personne qui était derrière moi justement au cortège,
01:44 elle a voulu la pousser dans l'escalier dernièrement.
01:47 J'allais prendre rendez-vous avec ses parents pour agir vite
01:50 parce qu'on n'a plus le temps.
01:52 Le problème, c'est que ça se passe toujours à l'intérieur.
01:54 Quand on est à l'extérieur, nous, on est un peu bloqués
01:56 parce que la police s'est déplacée.
01:58 - C'est lui qui dit que ça se passe à l'extérieur.
02:00 - C'est ça.
02:01 - Donc lui, il dit que comme ça se passe à l'extérieur,
02:03 il ne va pas intervenir.
02:04 - Ce qui est un peu faible, c'est le sentiment d'impunité
02:06 qu'elles ont ces jeunes filles.
02:08 Et par ailleurs, que le décès de Lindsay ne les ait pas chamboulées.
02:11 C'est-à-dire qu'elles continuent.
02:13 - C'est exactement ce qu'a dit Lindsay.
02:15 - C'est ce qu'elle dit.
02:17 - Elle pense qu'elles ont gagné, mais elle pensait qu'elle allait...
02:20 Elle dit que ça allait les réjouir.
02:22 Et arrêterait tout ça.
02:24 Mais en fait, ça ne s'arrête pas, au contraire.
02:26 - Pas du tout.
02:27 - Mais c'est bouleversant.
02:28 Je trouve qu'elle a une maturité incroyable dans ce qu'elle dit.
02:30 Et ce qui est terrible, c'est qu'on se dit que ce drame
02:32 était prévisible parce qu'elle savait qu'il n'y avait rien à faire
02:34 du côté de l'école, que le directeur était avec elle, comme elle le dit.
02:37 Donc ça met d'autant plus l'école dans une situation délicate
02:40 parce qu'ils auraient dû anticiper cette situation.
02:42 - Il y a un scandale absolu.
02:44 - Avant de parler d'école, d'administration, de juridique, tout ça,
02:52 de plaintes, etc., je me dis que le directeur,
02:56 c'est quand même un être humain.
02:58 Je suis désolé, les mecs.
02:59 Est-ce qu'il peut encore se regarder dans une glace tous les matins ?
03:02 Comment il peut encore aller là-bas, aller bosser, faire le malin,
03:07 et aller bosser et se regarder tous les jours dans une glace
03:09 et se dire qu'il y a qu'Ellen Lindsay qui est partie ?
03:12 - Mais il avait demandé sa mutation, donc en plus il est lâche.
03:14 - En plus, c'est ça. En plus, il ne pense qu'à sa gueule.
03:16 Il se dit "Moi, je n'en ai rien à foutre, je vais être muté
03:18 et puis ils se débrouilleront sans moi".
03:20 Est-ce que vous vous rendez compte ?
03:21 Moi, c'est surtout ça, après les procès, les trucs, bien sûr,
03:24 que c'est très important parce que je veux que la famille de Lindsay
03:27 veut que la lumière soit faite sur cette affaire et qu'il y ait
03:29 des gens qui soient plus... - Et les parents des harceleuses,
03:30 qu'est-ce qu'ils foutent ? - Les parents des harceleuses ?
03:32 - Les harceleuses, elles harcèlent également.
03:34 - Ce qui est extrêmement émouvant, je trouve, dans cette lettre,
03:37 c'est qu'en fait, elle s'est suicidée pour que ça bouge, en fait.
03:42 Et ça ne bouge pas. C'est ça qui est dingue.
03:44 Elle s'est dit "Si je ne fais pas ça, il ne va rien se passer".
03:48 Donc, ça commence à bouger parce que vous, vous en parlez,
03:51 on en parle sur TMP, etc. Voilà, on a des témoignages
03:54 comme Madame qui fait quelque chose avec les motards.
03:57 Donc, il se passe quelque chose médiatiquement,
03:59 ça commence un petit peu à bouger, mais enfin,
04:01 c'est largement pas suffisant. - À quel prix ?
04:03 - C'est largement pas suffisant. - Je veux dire, c'est ça.
04:05 - Parce que ces gamines-là, c'est quoi ce gang de petites connes,
04:09 les quatre, là ? C'est quatre filles qui...
04:12 - Plus, plus. - Un peu plus.
04:13 - Hélas, plus. - Un peu plus.
04:14 - Hélas, plus. Quatre mises en émission.
04:15 - Un peu plus. - Plus.
04:16 - Des faits de masse qui est, en fait, inarrêtable.
04:20 C'est comme un effet boule de neige.
04:21 Quand ça commence comme ça, c'est difficile de s'extraire du lot.
04:25 [Musique]
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