00:00 - Lycée professionnel, voulez-vous être soumis ?
00:03 C'est le mariage du lycée professionnel et de l'organisation patronale, le MEDEF.
00:08 Ici, professeurs et élèves ont préparé une action coup de poing
00:11 contre la réforme du lycée professionnel après 13 jours de blocage.
00:14 - L'idée c'était d'attirer l'attention de façon un petit peu amusante, burlesque,
00:19 sur le fait que cette réforme, à terme, ce sera sans doute la mort du lycée professionnel,
00:23 qui sera mariée avec le MEDEF, donc soumise aux intérêts des patrons
00:28 contre l'intérêt des élèves et des enseignants.
00:30 J'incarnais le MEDEF avec un masque de Bernard Arnault, une écharpe du MEDEF,
00:34 et donc la mariée, c'était le lycée professionnel.
00:36 Le baillon avait pour symbolique de montrer l'absence de consultation et de considération.
00:40 - Jeudi 4 mai, Emmanuel Macron avait détaillé la réforme du lycée professionnel au programme
00:45 "affichage des taux d'insertion des filières et par conséquent suppression de certaines",
00:49 "une rémunération des lycéens stagiaires entre 50 et 100 euros par semaine"
00:53 et "plus de stages pour les élèves souhaitant directement chercher du travail"
00:56 ou "plus de cours pour ceux qui se dirigent vers un BTS".
00:59 Mais les critiques se sont rapidement fait entendre,
01:01 la réforme est accusée de viser particulièrement les classes populaires
01:04 en les incitant à entrer sur le marché du travail plus tôt, sans poursuivre leurs études.
01:08 - Le lycée professionnel va se voir supprimer des filières dont il est dit qu'elles ne sont pas insérantes,
01:13 alors que ce ne sont pas des filières dans lesquelles il n'y a pas d'emploi,
01:15 on cherche des gens dans le commerce, dans le secrétariat, etc.
01:18 C'est simplement des filières qui sont insérantes lorsqu'on fait un ou deux ans d'études.
01:22 Les réformes scolaires vont supprimer les enseignements généraux,
01:25 les maths, la physique, l'histoire, le français,
01:28 qui permettent aux élèves de poursuivre des études,
01:30 et donc ça nuit aux lycées professionnels en tant qu'outil émancipateur qui donne le choix.
01:34 Des professeurs engagés contre cette réforme, et des lycéens particulièrement déçus.
01:38 - Nos prochains, ils n'auront pas trop d'avenir,
01:42 parce qu'ils ne pourront pas faire ce qu'ils veulent,
01:44 ils ne seront pas libres de leur choix.
01:46 Ils pourront travailler au McDo, ils pourront faire serveur.
01:49 C'est les entreprises qui recrutent en Île-de-France.
01:52 - Si Dieu m'aurait imposé cette filière, je pense que j'aurais arrêté l'école à 16 ans.
01:56 - J'aime beaucoup ce que je fais, donc si on m'avait dit de me mettre dans une autre filière,
02:00 je pense que j'aurais arrêté mes études,
02:02 parce que ça n'aurait pas été quelque chose que j'aurais aimé faire.
02:06 J'aimerais faire un BTS, parce que nos jours sans diplôme, on n'est pas à l'abri.
02:11 Cette réforme, elle changera absolument tout ce que j'ai prévu de faire pour mon futur,
02:15 et ça changera celui de beaucoup d'autres personnes.
02:17 Je ressens du stress, je me dis que ma filière peut fermer à tout moment.
02:21 Si Sabrine confie avoir peur pour son avenir, ses professeurs l'inspirent et lui donnent envie de se mobiliser.
02:26 - On prive les élèves de toute possibilité émancipatrice,
02:30 de toute possibilité du droit à l'erreur, de toute possibilité d'essayer des choses différentes.
02:35 On fait en sorte que tous ces élèves, finalement, aillent directement selon les besoins des entreprises du bassin local.
02:41 On ne les empêche pas seulement de rêver, on va les empêcher de bouger,
02:44 on va empêcher toute possibilité d'ascension ou même de déplacement social.
02:48 Des élus étaient présents pour soutenir le mouvement,
02:51 comme le maire PCF de la ville Olivier Sarabérousse,
02:53 ou Aurélie Trouvé, députée LFI de la circonscription et représentante de Jean-Luc Mélenchon sur place,
02:58 ce dernier ayant annulé sa venue juste avant l'action.
03:01 Parmi les 900 élèves du lycée, une vingtaine continue de participer tous les jours au blocage de l'établissement.
03:08 Sous-titrage Société Radio-Canada
03:12 [SILENCE]
Commentaires