00:00 Malheureusement, il y a une équipe qui n'y sera plus en Première Ligue,
00:02 malheureusement pour eux, c'est l'Eister.
00:04 C'est Fox Seas qui nous avait émerveillés en 2016
00:09 avec ce titre plus que surprise de champion d'Angleterre.
00:12 Sept ans plus tard, les voilà de retour dans le wagon inférieur.
00:16 Bon, question toute simple, Philippe, mais qu'est-ce qui s'est passé entre-temps ?
00:19 Parce qu'on parle même du titre de Première Ligue.
00:20 Il y avait eu un quart de finale de Ligue des Champions en 2017.
00:23 Et c'est une équipe qui était encore demi-finaliste de Coupe d'Europe la saison dernière.
00:27 Oui, et qui a remporté la FA Cup, qui a terminé deux fois cinquième
00:31 du championnat d'Angleterre quand Brendan Rogers était...
00:34 Et c'était hier tout ça.
00:35 J'ai l'impression que c'est une espèce de cas de somnambulisme.
00:40 En ce sens, bien évidemment,
00:42 le club a vécu une transition très douloureuse quand son propriétaire
00:45 thaïlandais est décédé dans ce terrible accident d'hélicoptère.
00:49 Mais on pensait que son fils, Top, comme on le surnomme,
00:54 allait donner autant de son attention au club que son père l'avait fait.
01:00 Et d'une certaine manière, il l'a fait jusqu'à la limite de ses ressources.
01:04 Parce qu'un gros problème, un énorme problème pour l'Esther,
01:07 c'est le fait qu'ils ont été beaucoup plus affectés
01:09 par le confinement et la Covid que d'autres clubs.
01:12 Pour laquelle raison ?
01:13 C'est que l'entreprise de Top est une entreprise de duty free.
01:19 Alors donc, je pense que j'ai pas besoin de faire de dessin.
01:22 Bien évidemment, les revenus du groupe ont chuté.
01:26 La valeur des actions également.
01:27 Et donc, du coup, il y a eu une situation économique et financière extrêmement
01:31 difficile à redresser et ça s'est traduit par une baisse des investissements dans le club.
01:36 Et en particulier au niveau du recrutement.
01:39 Si on regarde le recrutement qu'il y a eu l'été dernier,
01:43 ce n'est absolument pas celui auquel on pourrait s'attendre d'un club
01:47 qui visait l'Europe, voire carrément la Ligue des champions.
01:52 Certainement minimable le Top 10, mais on va dire le Top 6, Top 7.
01:56 Et en l'occurrence, les investissements ont été minimes.
02:00 En fait, il n'y a quasiment pas eu d'arrivée.
02:02 On a eu juste une arrivée, je me permets de te couper,
02:05 juste une arrivée l'été dernier. C'est bien ça, Philippe ?
02:08 Oui, World Fest, le défenseur central belge, qui est excellent au passage.
02:14 Parallèlement, des joueurs qui vieillissent, bien évidemment.
02:17 Jamie Vardy, le dernier de cette fabuleuse génération 2016.
02:21 Des joueurs qui s'en vont, très importants, comme Kasper Schmeichel,
02:24 qui est parti à Nice, qui était un des piliers du vestiaire.
02:30 Des joueurs qui se posent beaucoup de questions sur leur avenir,
02:32 comme l'excellent James Madison.
02:35 Je te garantis que lui, il est sur la voie du départ,
02:39 ça ne me fait absolument aucun doute, comme d'autres,
02:40 comme Jorrit Hillbarns, comme Harvey Barnes.
02:43 Et c'est ça qui est extraordinaire.
02:44 Je te cite les noms de ces joueurs, tu vas me dire "mais attends,
02:45 mais c'est des super joueurs, c'est des super joueurs".
02:49 Et le problème, en effet, c'est que le club est entré
02:51 dans cette espèce de curieuse phase de se dire à la fois,
02:55 "bon, on a les ressources pour survivre,
02:56 on va être une équipe de milieu de tableau, saison de transition".
03:00 Beaucoup de joueurs qui arrivaient en fin de contrat,
03:02 donc une certaine désaffection, on va dire,
03:04 qui a été très sensible à certaines périodes de la saison.
03:09 Le problème, peut-être que Brennan Rogers est resté,
03:12 soit trop longtemps, ou soit pas assez.
03:14 La décision de le remplacer par Dean Smith n'a pas payé, au bout du compte.
03:19 Et Rogers, c'est quand même celui qui les avait amenés
03:21 deux places de cinquième de la première ligue à la FA Cup,
03:26 je disais demi-finale d'une compétition européenne.
03:30 Et on s'est séparés de lui trop tard,
03:34 où on n'aurait pas dû séparer de lui du tout.
03:36 Et il avait perdu un petit peu le faux sacré,
03:38 parce que lui aussi, il se demandait "mais où est l'investissement ?
03:42 Où sont les joueurs dont j'ai besoin ?"
03:43 Des joueurs également comme Pereira,
03:45 qui était un joueur qui, à l'époque de sa splendeur,
03:48 était considéré l'un des tout meilleurs latéraux d'Europe,
03:50 et qui a eu cette terrible blessure,
03:52 bien évidemment, dont il n'est jamais complètement revenu.
03:55 Des joueurs comme Kelechi Inahecho,
03:57 qui sont des joueurs qui parfois promettent beaucoup.
03:59 Et puis, à d'autres moments, on a l'impression qu'on voudrait les étrangler.
04:03 Des transferts qu'ils n'ont pas réussi,
04:05 Patson Daka, par exemple,
04:06 qui avait été quand même acheté relativement cher.
04:09 On ajoute tout ça,
04:10 et derrière, cette espèce de crise de somnambulisme,
04:13 où le club, petit à petit,
04:16 s'est laissé prendre par cette inertie,
04:19 cette force d'inertie de l'échec.
04:24 Et s'est installé dans une espèce de...
04:26 C'est curieux, c'est une espèce de faux confort de l'échec.
04:29 Il n'y a pas eu de réaction.
04:31 Ce qu'on a vu, par exemple, à Bournemouth,
04:33 ce qu'on a vu même à Everton avec Sean Dyche.
04:36 On ne l'a pas vu avec Lester.
04:38 Et petit à petit, la délicatessence s'est produite.
04:43 Le club a sombré.
04:44 !
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