00:00 C'est une aberration écologique, humaine et architecturale.
00:04 C'est un des derniers témoins de l'architecture du XXe siècle.
00:08 On a la chance d'avoir un témoin de cette qualité à Malakoff.
00:11 Il faut la conserver absolument.
00:13 En fait, il reconstruit en hauteur
00:28 ce qui a été la coupure de Paris et de Malakoff avec le périphérique.
00:35 Alors on s'est battu depuis 1969
00:39 pour faire boucher ce périphérique et le faire couvrir.
00:43 Et on s'est battu pendant des années pour qu'on bouche un trou.
00:46 C'est pas pour qu'on nous construise une muraille à la place.
00:49 Malakoff n'a pas besoin d'être enmuré.
00:52 Les murailles de tiers, elles sont démolies depuis de nombreuses années.
00:56 C'est pas pour en construire une autre.
00:57 Et cette idée de faire cette tour,
00:59 qui est une tour qui est ouverte et arrondie,
01:02 c'est la conclusion volumétrique de toute la rénovation Nord.
01:06 Et c'est une conclusion douce et ouverte à la lumière.
01:10 Et je crois qu'il faut vraiment insister en ce moment
01:13 l'importance de la lumière dans les espaces de travail.
01:17 C'est quand même le gâchis, le scandale écologique
01:20 qui consiste à démolir un bâtiment de dizaines de milliers de mètres carrés
01:25 de béton, de verre, d'acier pour reconstruire la même chose.
01:28 Donc aujourd'hui, dans le contexte actuel,
01:29 c'est vraiment quelque chose de complètement aberrant.
01:32 On est aussi attaché à cette œuvre parce que c'est une œuvre aussi,
01:37 le bâtiment de l'INSEE, c'est aussi une œuvre architecturale
01:39 emblématique aussi des années 70.
01:41 C'est aussi un bâtiment qui est important
01:44 dans le paysage de l'île de France, du périphérique.
01:47 Donc voilà.
01:48 Un an et demi de mobilisation.
01:49 Et oui, depuis novembre 2021.
01:53 Après avoir étudié dans le détail le bâtiment,
01:57 à la fois sa structure, à la fois son organisation spatiale,
02:02 eh bien on s'est rendu compte que c'était très simple
02:04 de remettre du bureau là où il y avait du bureau.
02:07 On a une surface construite de plus de 50 000 mètres carrés
02:12 en comptant les sous-sols.
02:14 Les besoins de ministères sont de 32 000 mètres carrés.
02:17 Donc on est très largement au-dessus.
02:19 Et aujourd'hui, on aménage très facilement des sous-sols
02:23 en créant des patios pour les éclairer.
02:25 Alors évidemment, l'enveloppe est vétuste.
02:27 Elle a été construite dans les années 70.
02:30 Donc l'enveloppe est à remplacer.
02:31 C'est ce qui est en train de se faire,
02:33 puisque de toute façon,
02:34 les joints des parois de la façade sont amiantés.
02:39 Donc l'amiante est en train d'être enlevée.
02:41 Les travaux sont en cours.
02:43 Et donc dans quelques mois,
02:44 le bâtiment sera prêt à réhabiliter.
02:47 Et on est vraiment moteur là-dessus
02:50 parce que quand on connaît ce que ça représente
02:54 en termes de quantité de matériaux
02:56 qui devront être broyés, puis recyclés,
03:02 plus les matériaux qu'on va ramener
03:04 pour reconstruire la même surface,
03:07 eh bien voilà, ça paraît d'une grande cohérence
03:12 de ne pas démolir.
03:13 On se rend compte qu'en fait,
03:18 le chantier de démolition/reconstruction,
03:20 donc le rouge, émet plus de 53 000 tonnes de CO2,
03:23 alors que le chantier vert,
03:25 lui, il est plutôt autour de 35.
03:27 On a donc 18 000 tonnes d'écart.
03:29 Ensuite, ici, c'est le carbone qu'on émet
03:31 quand on utilise la tour.
03:33 L'État part du principe que son bâtiment futur
03:37 va être beaucoup plus performant
03:39 que le bâtiment réhabilité.
03:41 Il considère donc que la courbe verte,
03:42 ça ne se voit pas ici à l'œil nu,
03:44 mais émet un petit peu plus de carbone chaque jour
03:47 que la courbe rouge.
03:48 On a donc regardé ce qui se passait.
03:50 La courbe verte, si on attend 82 ans,
03:54 donc on fait les émissions du chantier
03:57 plus 82 ans de la courbe verte,
03:59 alors ici, on arrive au niveau du chantier seul
04:03 de la démolition/reconstruction.
04:06 On comprend donc que quand on aura fini
04:08 le chantier de démolition/reconstruction,
04:11 on aura émis autant de carbone
04:13 que le chantier de restructuration plus 82 ans.
04:17 On s'est dit que 82 ans, ce n'est peut-être pas tant que ça.
04:21 Alors on a regardé les chiffres autrement.
04:24 Encore une fois, c'est les chiffres de l'État.
04:26 Au bout de combien de temps,
04:28 puisque soi-disant la courbe verte émet plus de carbone
04:30 que la courbe rouge,
04:31 au bout de combien de temps ?
04:32 Eh bien, elles se croisent.
04:34 Elles se croisent au bout de 823 ans.
04:37 Donc l'État nous dit que notre solution
04:38 est bonne pour l'environnement.
04:40 Au bout de 800 ans, ce qui est fabuleux,
04:42 puisque ce bâtiment-là a été abandonné
04:44 au bout de moins de 40 ans.
04:45 Et ce qu'il y a bien une chose qui est sûre,
04:47 c'est qu'un bâtiment comme ça ne sera jamais capable
04:50 de tenir 800 ans.
04:51 Au mieux, son béton,
04:53 mais pas toute l'enveloppe qui est autour.
04:55 Et donc dans 50 ans, peut-être 30 ans,
04:59 peut-être seulement 10 ans,
05:00 il faudra le réhabiliter, ce bâtiment-là.
05:02 On y croit.
05:14 On pense qu'on mène un combat juste,
05:20 qui est actuel,
05:22 qui répond à de véritables inquiétudes de la société.
05:26 Là, vous avez des rapports sur rapports
05:28 qui viennent dire que les gens sont de plus en plus inquiets
05:30 par le réchauffement climatique.
05:32 Et c'est vrai, quand on voit ce qui est en train
05:33 de se préparer ici, on se dit,
05:35 mais comment se fait-il que l'État,
05:38 qui devrait être exemplaire,
05:40 continue son projet incroyable ?
05:42 Donc, notre idée, c'est, en nous mobilisant,
05:45 de faire comprendre au maximum de gens
05:49 qu'il faut faire des choses partout
05:51 et qu'on peut les faire.
05:52 Parce que l'État, c'est nous.
05:53 On a lancé une pétition sur Internet,
05:56 il y a un an, on a presque 19 000 signataires.
05:59 On a été rejoint par la municipalité de Malakoff.
06:03 On a été rejoint par la municipalité
06:05 du 14e arrondissement,
06:06 par le Conseil de l'ordre des architectes,
06:08 la Société des architectes.
06:10 Voilà, ça fait boule de neige, j'ai envie de dire.
06:12 Et notre détermination et la justesse
06:14 du combat qu'on mène font que,
06:16 finalement, les gens nous rejoignent.
06:18 Incréabilité ! Incréabilité !
06:23 Nous refusons de comprendre les arguments
06:25 qui sont avancés pour le projet de démolition
06:28 et de reconstruction voulu par l'État,
06:31 car ce sont des arguments d'un urbanisme dépassé.
06:35 C'est les erreurs que nous faisions
06:37 et qui ont été faites.
06:38 Il y a aujourd'hui 70 ans.
06:41 Et c'est aujourd'hui l'État qui présente un projet
06:44 qui a non seulement 70 ans de retard,
06:48 mais qui, en plus, va aggraver la crise écologique
06:51 et la crise démocratique aussi en agissant de la sorte.
06:56 Et je tiens aussi à rappeler,
06:58 comme maire du 14e arrondissement de Paris,
07:01 que juste dans le 14e arrondissement,
07:03 vous avez deux exemples de réhabilitation de bâtiments
07:08 de la même époque, qui sont du même modèle
07:11 et qui ont été entièrement réhabilités.
07:13 Un, un immeuble de bureaux juste à Porte de Venves,
07:16 où nous avions pris la décision
07:18 de ne pas démolir l'ossature et la structure du bâtiment.
07:22 Et aujourd'hui, vous pouvez très bien y aller.
07:24 Et à la fin de cette année 2023,
07:26 vous avez la tour Montparnasse,
07:28 qui va également être entièrement réhabilitée,
07:31 sans être démolie,
07:32 et dont la façade va être entièrement restaurée.
07:36 Voilà, donc la mobilisation s'amplifie,
07:38 la prise de conscience aussi.
07:40 Et donc l'idée, c'est de continuer
07:42 à aller à la rencontre des habitants,
07:44 d'expliquer encore et toujours.
07:46 Je pense que la prochaine étape,
07:48 ça va plutôt être le président de la République directement.
07:50 Voilà, parce que je pense qu'il y a une décision politique
07:53 à prendre, on l'a bien vu, vous l'avez entendu.
07:55 Tous les aspects autour de l'environnement,
07:57 de l'architecture, de l'insertion urbaine,
08:01 de l'empreinte carbone,
08:03 on les connaît. Aujourd'hui, on a quand même un État
08:05 qui écrase notre PLU,
08:07 qui s'assoit sur notre plan global de déplacement,
08:09 et qui ne répond pas à la volonté de la municipalité,
08:12 donc des élus, d'être reçus
08:15 et de se remettre autour de la table.
08:16 À Malakoff, on a toujours eu des histoires de tours.
08:18 Le nom de Malakoff vient de la tour Malakoff
08:23 de la bataille de Crimée.
08:24 Donc évidemment, on est très attaché à cette tour.
08:28 Et donc on pense aujourd'hui qu'il faut la faire.
08:30 Il faut la garder, la conserver.
08:32 Conserver aussi la mémoire de Malakoff.
08:35 - Ah, mais il est mignon !
08:37 Oh, mais il est mignon ! Très bien !
08:39 - Ah, mais il est mignon !
08:41 Oh, mais il est mignon ! Très bien !
08:43 C'était impossible !
08:45 - C'est bon, c'est bon. - Idiot, merde.
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