00:00 Vous n'imaginez pas tout ce que les 24 Heures du Mans ont apporté à votre automobile.
00:03 Les 24 Heures du Mans, on s'entend.
00:07 Nous sommes sur la ligne droite des stands.
00:09 Et c'est un lieu emblématique
00:11 parce que c'est là qu'est donné le départ devant un public venu en ombre.
00:14 Bien sûr, l'image qui a marqué les esprits,
00:16 c'est celle des départs qui pleuvent avec les voitures placées en épis côté stand
00:21 et en face, côté tribune,
00:23 les pilotes qui entamaient ce grand marathon mécanique
00:27 par un sprint pour sauter à bord de leur voiture
00:29 et partir.
00:30 C'était très spectaculaire, mais en 1969,
00:33 un pilote proteste contre ce type de départ.
00:35 Pour lui, la sécurité est en jeu.
00:37 D'abord, les voitures ont gagné en puissance,
00:39 ont pas rafroi et en plus de ça,
00:41 certains pilotes, pressés évidemment de partir avant les autres,
00:43 prenaient le départ sans prendre le temps de s'attacher.
00:46 Ce pilote, c'est Jacky X.
00:48 Il traverse la piste en marchant,
00:50 se place à bord de sa Ford GT40,
00:51 par bon dernier et incroyable.
00:53 24 heures après,
00:54 gagne la course.
00:56 Après un dernier tour d'anthologie,
00:58 il s'impose en franchissant la ligne d'arrivée
01:00 une seconde et demie d'avance.
01:02 Jacky X obtiendra gain de cause.
01:04 La transition va se faire en deux ans.
01:06 En 1970, les voitures sont toujours en épis,
01:09 mais les pilotes sont à bord sanglés,
01:10 c'est l'image du départ-tiplement.
01:12 Et à partir de 1971,
01:15 le départ est donné lancé.
01:17 La magie du départ-tiplement cependant existe toujours.
01:24 Eh oui, aux 24 heures moto,
01:25 le départ est un départ-tiplement.
01:28 À moto, ça le fait.
01:30 Et tout le monde adore ça.
01:32 Rappelons aussi que l'automobile est une création française.
01:35 La première automobile est conçue au Mans en 1873
01:38 par Amé Desbolets.
01:39 Elle s'appelle l'Obéissante.
01:41 Et c'est à son volant qu'Amé Desbolets,
01:43 en 1875, réalise le trajet Le Mans Paris en 18 heures.
01:48 Les conceptions de cet influenceur,
01:50 qu'est Amé Desbolets,
01:51 accélèrent une prise de conscience.
01:53 Pour que se développe l'automobile,
01:54 il faut développer ces moyens de communication
01:56 que sont les routes.
01:58 Les routes des 24 heures du Mans
02:08 vont quelque part aussi servir de routes laboratoires.
02:11 Dans les années 1920,
02:12 la CO lance une campagne intitulée
02:15 "Pour sauver les routes de France,
02:16 modernisons-les économiquement".
02:19 Et donc, on fait des démonstrations de goudronnage
02:21 sur la route laboratoire du circuit des 24 heures du Mans.
02:24 Les pouvoirs publics s'inspirent des techniques de goudronnage
02:27 testées au Mans.
02:28 Voilà comment on a commencé, en France,
02:31 à goudronner les routes,
02:32 sous l'influence, là aussi,
02:34 de l'Automobile Club de l'Ouest
02:35 et les 24 heures du Mans.
02:36 La naissance de la légende Ferrari
02:47 aux 24 heures du Mans remonte à 1949,
02:50 année de réorganisation de la course
02:51 après la Deuxième Guerre mondiale.
02:53 Ferrari, la marque constructeur,
02:55 est née en 1947.
02:57 Luigi Chinetti, qui a gagné les 24 heures du Mans
02:59 dans les années 30,
03:00 veut engager cette Ferrari 166
03:02 et même aux 24 heures du Mans,
03:03 mais enzo Ferrari est réticent,
03:05 la course c'est dur
03:06 et s'il y a contre-performance,
03:08 ça pourrait presque faire office de contre-publicité.
03:10 Luigi Chinetti trouve une astuce,
03:13 il fait acheter les voitures par un lord anglais,
03:15 Lord Salesdon.
03:16 Une fois qu'on a la voiture,
03:17 ben ouais, on fait ce qu'on veut.
03:19 Et donc voilà comment, en 1949,
03:22 apparaît sur la liste des participants
03:23 cette marque inconnue du grand public,
03:25 Ferrari.
03:26 Mais Lord Salesdon n'a pas la finesse de pilotage
03:30 que souhaite Luigi Chinetti.
03:31 Une idée, le vendredi, l'oeil de la course,
03:33 il amène Lord Salesdon à une bonne table sartoise.
03:36 Il y a de quoi bien manger,
03:37 mais aussi de quoi bien boire.
03:39 Le samedi matin,
03:41 Lord Salesdon n'est pas du tout en état de piloter.
03:44 Pas de problème,
03:45 Luigi Chinetti va piloter
03:46 aux 24 heures du Mans en 1949
03:48 pendant 22h30.
03:49 Laissons donc le volant à son coéquipier,
03:52 Lord Salesdon.
03:53 90 minutes,
03:54 on dirait que c'est le minimum syndical.
03:56 Voilà donc comment
03:57 une marque inconnue du grand public,
03:59 Ferrari,
04:00 gagne à l'arrivée des 24 heures du Mans en 1949
04:03 en présence du président de la République,
04:05 Vincent Auriole.
04:07 En tout,
04:07 Ferrari va gagner 9 fois les 24 heures du Mans
04:10 et en 2023,
04:12 la marque est de retour
04:13 pour l'édition du centenaire.
04:15 [Musique]
04:23 La notoriété des 24 heures du Mans
04:25 s'est bâtie sur l'engagement des constructeurs,
04:27 sur la notoriété des pilotes aussi qui font rêver
04:30 et puis sur la spécificité de son terrain de jeu.
04:33 Le circuit des 24 heures du Mans
04:34 entoure ses 13,626 km
04:36 et par le passé,
04:37 il y avait cette grande ligne droite de 5 km
04:40 sans chicane.
04:42 1963, pour la première fois,
04:44 on atteint pendant les essais 300 km/h.
04:48 1988,
04:49 une voiture à même prise de radar
04:51 à 405 km/h.
04:53 Quand on y pense,
04:54 un avion de ligne à 250 km/h,
04:57 il décolle.
04:58 [Musique]
05:08 La priorité ici devient donc la sécurité,
05:11 raison pour laquelle en 1990,
05:13 la Fédération internationale du sport automobile
05:15 impose l'aménagement de deux chicanes
05:18 dans les Unodhirs
05:19 afin vraiment de casser la vitesse.
05:22 Ici, aux 24 heures du Mans,
05:24 aujourd'hui, les voitures continuent d'aller très vite,
05:26 320, 330 km/h,
05:28 mais moins longtemps.
05:29 Et quelque part aujourd'hui au Mans,
05:31 la passion continue de se vivre à fond.
05:35 [Musique]
05:43 Les innovations techniques sont nombreuses
05:44 à avoir vu le jour aux 24 heures du Mans.
05:47 C'est la notion de course utile.
05:49 On pourrait citer le goudronnage,
05:51 l'éclairage,
05:52 traction avant,
05:52 pneu radial,
05:53 injection directe,
05:54 frein à disque,
05:55 moteur turbine,
05:56 rotatif,
05:56 turbo, hybride.
05:57 Les constructeurs sont nombreux
05:59 à être venus ici faire la preuve sur 24 heures
06:01 avant application de ces technologies
06:03 sur la voiture grand public,
06:04 celle de monsieur et madame tout le monde.
06:07 Et pour demain,
06:08 la solution pourrait être l'hydrogène.
06:11 C'est en tout cas le message que véhicule la SCO
06:13 avec mission H24.
06:15 L'hydrogène, en plus, c'est décarboné.
06:18 Le groupe motopropulseur d'un véhicule électrique hydrogène,
06:21 camion, bus ou voiture de course
06:23 ne rejette dans l'atmosphère
06:25 que de la vapeur d'eau.
06:28 En tout cas, la passion et la détermination
06:31 restent l'essence du futur
06:33 pour les 24 heures du Mans.
06:34 [Musique]
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