00:00 - Ce que je peux vous dire pour avoir eu un échange avec lui dans le cadre de ce qu'on appelle la justice restauratrice,
00:05 c'est un monsieur qui était un conducteur exemplaire, qui était très prudent, qui prenait toutes les précautions du monde pour conduire,
00:10 qui n'avait jamais eu d'accident, mais qui savait qu'il n'était plus capable.
00:14 Il le reconnaissait lui-même, c'était difficile pour lui d'arrêter de conduire, et qui a été victime de lui-même,
00:19 qui a été meurtri par cet accident. Et surtout, ce sont ses mots, s'il y avait une loi, il l'aurait respectée.
00:24 Cet échange a été très important pour moi, pour continuer à mener ce combat qui nous protège tous, pas seulement les victimes,
00:33 mais aussi les responsables d'accident. - Parce que de lui-même, il n'a pas voulu arrêter, et sa famille ne l'a pas poussée non plus à arrêter,
00:40 ne l'a pas contraint, ce qui est compliqué, mais ne l'a pas contraint à arrêter de conduire.
00:45 - Vous savez, je pense que c'est compréhensible. C'est très difficile d'avoir un autorecul, de se dire "demain, je vais rendre les clés de moi-même".
00:53 On a toujours envie de pousser un petit peu plus, de faire des petits trajets. Et moi, ce que je peux vous dire aussi,
00:59 c'est que je reçois énormément de messages de famille, de proches, qui sont impuissants pour faire arrêter quelqu'un de conduire.
01:06 Donc on voit bien les limites de la base du volontariat d'arrêter de soi-même de conduire. C'est très difficile.
01:11 Et ce conducteur qui m'a fauchée le reconnaissait lui-même. Mais là encore, il aurait évidemment voulu arrêter de conduire.
01:19 Et quand je vois ce genre d'accident, comme celui qui vient de survenir encore ce week-end,
01:23 je me dis que c'est un drame de plus qui aurait pu être évité si une seule personne avait arrêté de conduire.
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