00:00 L'amitié de Brice Chagas et Kylian Mbappé est digne d'une bromance.
00:03 Il a commencé à lui couper les cheveux à 18 ans
00:05 et aujourd'hui il a de nombreux clients dans le foot et dans la musique.
00:08 Il nous a parlé d'amitié, de son parcours extraordinaire
00:10 et il nous a même fait une démonstration de contour avec Blaise Matuidi.
00:14 La crête c'était pour le spectacle, le spectacle il est fini maintenant.
00:17 Kylian, le premier jour où on s'est vu,
00:19 on rigolait ensemble comme si on se connaissait depuis des années.
00:21 Il me connaît par cœur, je le connais par cœur aussi.
00:23 C'est une relation fraternelle.
00:25 Ce qui est bien aussi c'est que c'est une personne super intelligente
00:27 qui s'adapte pas seulement à son expérience mais qui s'adapte à la vie.
00:31 Est-ce que parfois vous faites des déclarations d'amitié ?
00:33 Non jamais.
00:34 Ah ouais ?
00:35 Jamais, jamais, jamais.
00:37 Même là, c'est ce que je dis, il va le voir, il va l'apprendre en un moment.
00:42 On devrait s'en faire plus, non ?
00:43 Ouais.
00:43 On parle beaucoup des déclarations d'amour
00:45 mais on devrait plus dire à nos amis qu'on les aime.
00:47 Ouais, il le sait.
00:49 On n'a pas besoin de se dire "je t'aime".
00:56 Est-ce que tu crois, Chaga, que Cristiano Ronaldo,
00:58 quand il a les mèches blondes, il est sûr de jouer un bon match ?
01:01 Ça joue, ça joue.
01:03 Déjà, il y en a certains qui sont très superstitieux.
01:07 Je sais que Kylian, il faut toujours qu'il soit frais,
01:09 frère, frère, frère.
01:10 Je pense que dans le football, il y a certains précurseurs de mode coiffure.
01:14 Il y a David Beckham, Edouard Sissé, Pogba.
01:18 La coiffure, ça peut jouer bien comme ça peut jouer des mauvais tours.
01:21 Et si aujourd'hui, il y a un gros match et que tu arrives avec une coiffure rose,
01:26 surtout ici en France, on va te...
01:28 On va te terminer.
01:30 On va te terminer.
01:31 À chaque fois que je me faisais la coupe de cheveux la veille,
01:39 je faisais un bon match.
01:40 Quand je ne le faisais pas, comme par hasard, je ne faisais pas un bon match.
01:43 Je me souviens, en sélection, au début, le coach, il ne voulait pas.
01:48 Tu te souviens, Chaga ?
01:48 Ouais, c'était dur à chaque fois pour que je puisse venir
01:51 avec la fontaine pour le coiffure.
01:52 On me dit, c'est notre rituel.
01:54 C'est pas possible de faire ça.
01:55 Toi, c'est qui le footballeur qui a les meilleures coupes à chaque fois ?
01:59 Moi.
01:59 Non, je ne sais pas.
02:00 Je me demande comment c'est à l'intérieur.
02:06 S'il y a encore des sièges, encore des...
02:08 Ah, il n'y a plus rien.
02:09 Explique-nous, Chaga, on est où là ?
02:11 Alors là, on est au 30 Rétendus, mon tout premier salon dans lequel j'ai bossé.
02:15 Au départ, je venais pour me coiffer,
02:17 pour regarder un petit peu ce que c'était que le barbershop,
02:20 comment on le voyait dans les films.
02:22 Et il y a eu un jour extraordinaire au barbershop.
02:26 Tu as appris en partie à faire des coupes dans les films.
02:29 Ouais, j'ai appris tout seul à regarder des vidéos sur les films afro-américains.
02:33 Oh, merde, quel type de chemicals as-tu là ?
02:35 Je n'ai pas mis de chemicals,
02:37 seulement des jus et des berries.
02:38 Quand je venais pour y bosser ici, c'était compliqué à la maison.
02:41 Mes parents ne voulaient pas forcément que je fasse de la coiffure
02:44 parce que j'avais arrêté l'école pour faire de la coiffure.
02:45 J'étais en première année de licence de droit.
02:47 Donc, tu arrêtes pour dire que tu veux être coiffeur,
02:49 tes parents ne comprennent pas forcément.
02:50 Mes parents ne sont pas d'ici, ils sont africains.
02:54 Ils sont venus à Paris pour voir leurs enfants réussir,
02:56 pour voir leurs enfants faire des grandes études.
02:59 Et quand je leur dis que tu arrêtes pour faire ça,
03:00 ils disent "non, c'est pas ça le projet".
03:03 Tu as lâché tout ce que tu étais en train de faire
03:06 et tu t'es dit "je le sens, c'est là qu'il faut que j'aille".
03:09 Ouais, j'étais têtu.
03:10 Je pense que si moi, à cet âge-là, je vois un petit...
03:14 T'es aussi têtu que moi, j'aurais envie de lui mettre des jus français.
03:17 Parce que je veux dire, il est fou en fait.
03:19 Mais moi, il n'y avait qu'une seule issue dans ce que je voulais faire,
03:23 c'était réussir.
03:24 J'ai toujours été exigeant envers moi-même,
03:32 sans savoir où ça allait me mener.
03:34 Est-ce que c'est une exigence qui t'a pesé
03:36 ou qui t'a justement permis de te sentir mieux ?
03:38 Parce que parfois, être exigeant avec soi-même,
03:40 c'est être dur aussi avec soi-même.
03:42 Ouais, c'est vrai que des fois, ça me pesait un peu trop
03:45 parce que des fois, j'étais mal quand je n'avais pas ce que je voulais,
03:48 que je n'étais pas à la place où je voulais être.
03:50 Mentalement, des fois, ça m'a vraiment pesé.
03:53 Mais je ressors que du positif
03:56 parce que ça m'a fait avoir des ressources d'énergie
03:59 pour atteindre certains objectifs.
04:01 Tu travailles avec Dior,
04:02 tu fais le tour du monde pour suivre tes clients,
04:05 tu fréquentes certaines des personnes les plus influentes du monde.
04:09 Quand tu racontes à tes parents ce que tu vois quand t'es en voyage,
04:12 est-ce qu'il y a un moment où tu t'es dit
04:13 "Ah là, je sais qu'ils sont fiers de moi."
04:15 Tout le monde connaît Dior.
04:16 Même mes parents connaissent Dior.
04:18 Et quand je leur ai annoncé, ils ont réalisé sur le temps.
04:22 Mais vraiment dans les yeux, je l'ai vraiment vu.
04:25 Moi, mon père, c'est un Camerounais.
04:27 Les Camerounais, on est très fiers.
04:28 Donc on ne montre pas trop ce qu'on ressent.
04:31 Et quand j'ai vu mon père me montrer vraiment ce qu'il ressentait
04:35 et la fierté qu'il avait,
04:37 c'est quelque chose qui m'a vraiment touché.
04:38 Tu le coiffes ton père maintenant ?
04:40 Ouais, depuis que j'ai commencé, je le coiffais.
04:43 C'était un de mes premiers clients aussi.
04:45 Donc il faisait le fier qu'il ne voulait pas,
04:47 mais il se faisait coiffer.
04:50 [Musique]
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