Passer au playerPasser au contenu principal
Brav-M. L’acronyme était inconnu en dehors des manifs. Il est devenu un sujet politique. En plein mouvement contre la réforme des retraites, la Brigade de répression de l’action violente motorisée refait parler d’elle. Une pétition au succès fulgurant sur le site de l’Assemblée réclame même sa dissolution.

Comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête d’article, notre reporter Pierre Tremblay raconte les origines de ces brigades motorisées, inaugurée en 2019 par Didier Lallement dans la foulée de la crise des gilets jaunes. Depuis, ces policiers à moto travaillant en binôme sont régulièrement accusés de violences policières.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00 "BRAVE M", l'acronyme était inconnu en dehors des manifs,
00:03 il est devenu un sujet politique.
00:05 En plein mouvement contre la réforme des retraites,
00:07 la brigade de répression de l'action violente motorisée
00:10 recréée par les DEL.
00:11 Une pétition au succès fulgurant sur le site de l'Assemblée
00:14 réclame même sa dissolution.
00:16 Voici la genèse de cette unité de police controversée.
00:19 Fin 2018, les forces de l'ordre sont essoufflées face aux gilets jaunes.
00:23 Le préfet de police Michel Delpueche crée en urgence
00:26 les détachements d'actions rapides.
00:28 Une unité mobile rapidement associée à des interventions musclées
00:32 et son usage du LBD, le lanceur de balles de défense.
00:35 Son successeur, Didier Lallement, remplacera le dispositif
00:38 par des policiers à moto travaillant en binôme.
00:40 La "BRAVE M" est officiellement créée.
00:43 Elle poursuit les manifestations sauvages,
00:45 elle interpelle en plein milieu des cortèges.
00:48 Ses policiers sont facilement reconnaissables
00:50 avec leur casque de motard blanc ou noir.
00:52 La raison d'être de la "BRAVE M", c'est donc sa mobilité.
00:56 Elle intervient de manière imprévisible, sans sommation.
00:59 Il y a peu de graduation dans l'usage de la force.
01:02 Résultat, ces policiers ont très mauvaise réputation en manifestation.
01:06 Je le vois sur le terrain, ils sont hués systématiquement
01:09 et leur visage, souvent masqué, renforce le sentiment d'impunité.
01:13 Ces méthodes ne font d'ailleurs pas l'unanimité au sein de la police nationale.
01:16 La "BRAVE M" a été parfois critiquée par d'autres unités
01:20 plus spécialisées en maintien de l'ordre, comme les CRS,
01:23 qui leur reprochent des interventions erratiques, vectrices de tension.
01:26 La "BRAVE M" se retrouve donc souvent sous le feu des projecteurs,
01:29 alors que ce n'est qu'une frange du maintien de l'ordre.
01:32 Ces dernières années, on a vu des images de matraquages au sol,
01:35 du gaz lacrymogène pulvérisé à bout portant,
01:38 des coups de poing et, plus récemment,
01:40 des manifestants insultés ou menacés après leur interpellation.
01:44 Bref, le sujet des violences policières est indissociable de la "BRAVE M",
01:48 d'autant plus que celle-ci réactive un souvenir dramatique.
01:51 En 1986, un étudiant de 22 ans, Malik Ousekine,
01:55 est frappé mortellement par des voltigeurs, des policiers à moto.
01:58 Certains y voient les ancêtres de la "BRAVE M",
02:00 un parallèle rejeté par le préfet de police.
02:03 Les voltigeurs y travaillaient à moto.
02:05 Donc c'était une espèce de cavalerie motorisée
02:08 qui pouvait utiliser leurs bidules, enfin leurs armes intermédiaires depuis la moto.
02:14 Les règles d'emploi des BRAVE ne sont pas du tout celles-là.
02:17 Il est clairement dit qu'on intervient en mettant pieds à terre.
02:20 Plus de 250 000 personnes ont donc signé une pétition
02:23 réclamant la dissolution de la "BRAVE M".
02:25 Ils dénoncent un usage disproportionné de la force.
02:28 Mais Gérald Darmanin a déjà rejeté l'idée,
02:31 même si 36 enquêtes judiciaires, dont certaines concernant ces brigades mobiles,
02:35 ont été ouvertes par l'IGPN depuis le début de la contestation
02:38 contre la réforme des retraites.
02:40 Les autorités semblent donc prêtes à prendre le risque
02:42 évoqué par le préfet Maurice Grimaud en mai 68.
02:45 À l'époque, celui-ci écrivait que dans un tel contexte,
02:49 la police peut certes gagner la bataille de la rue,
02:51 mais elle peut aussi perdre quelque chose de beaucoup plus précieux,
02:55 sa réputation.
02:56 Sous-titrage Société Radio-Canada
02:58 [Musique]
03:00 [Musique]
03:02 Merci à tous !
03:04 [SILENCE]
Commentaires

Recommandations