00:00 "BRAVE M", l'acronyme était inconnu en dehors des manifs,
00:03 il est devenu un sujet politique.
00:05 En plein mouvement contre la réforme des retraites,
00:07 la brigade de répression de l'action violente motorisée
00:10 recréée par les DEL.
00:11 Une pétition au succès fulgurant sur le site de l'Assemblée
00:14 réclame même sa dissolution.
00:16 Voici la genèse de cette unité de police controversée.
00:19 Fin 2018, les forces de l'ordre sont essoufflées face aux gilets jaunes.
00:23 Le préfet de police Michel Delpueche crée en urgence
00:26 les détachements d'actions rapides.
00:28 Une unité mobile rapidement associée à des interventions musclées
00:32 et son usage du LBD, le lanceur de balles de défense.
00:35 Son successeur, Didier Lallement, remplacera le dispositif
00:38 par des policiers à moto travaillant en binôme.
00:40 La "BRAVE M" est officiellement créée.
00:43 Elle poursuit les manifestations sauvages,
00:45 elle interpelle en plein milieu des cortèges.
00:48 Ses policiers sont facilement reconnaissables
00:50 avec leur casque de motard blanc ou noir.
00:52 La raison d'être de la "BRAVE M", c'est donc sa mobilité.
00:56 Elle intervient de manière imprévisible, sans sommation.
00:59 Il y a peu de graduation dans l'usage de la force.
01:02 Résultat, ces policiers ont très mauvaise réputation en manifestation.
01:06 Je le vois sur le terrain, ils sont hués systématiquement
01:09 et leur visage, souvent masqué, renforce le sentiment d'impunité.
01:13 Ces méthodes ne font d'ailleurs pas l'unanimité au sein de la police nationale.
01:16 La "BRAVE M" a été parfois critiquée par d'autres unités
01:20 plus spécialisées en maintien de l'ordre, comme les CRS,
01:23 qui leur reprochent des interventions erratiques, vectrices de tension.
01:26 La "BRAVE M" se retrouve donc souvent sous le feu des projecteurs,
01:29 alors que ce n'est qu'une frange du maintien de l'ordre.
01:32 Ces dernières années, on a vu des images de matraquages au sol,
01:35 du gaz lacrymogène pulvérisé à bout portant,
01:38 des coups de poing et, plus récemment,
01:40 des manifestants insultés ou menacés après leur interpellation.
01:44 Bref, le sujet des violences policières est indissociable de la "BRAVE M",
01:48 d'autant plus que celle-ci réactive un souvenir dramatique.
01:51 En 1986, un étudiant de 22 ans, Malik Ousekine,
01:55 est frappé mortellement par des voltigeurs, des policiers à moto.
01:58 Certains y voient les ancêtres de la "BRAVE M",
02:00 un parallèle rejeté par le préfet de police.
02:03 Les voltigeurs y travaillaient à moto.
02:05 Donc c'était une espèce de cavalerie motorisée
02:08 qui pouvait utiliser leurs bidules, enfin leurs armes intermédiaires depuis la moto.
02:14 Les règles d'emploi des BRAVE ne sont pas du tout celles-là.
02:17 Il est clairement dit qu'on intervient en mettant pieds à terre.
02:20 Plus de 250 000 personnes ont donc signé une pétition
02:23 réclamant la dissolution de la "BRAVE M".
02:25 Ils dénoncent un usage disproportionné de la force.
02:28 Mais Gérald Darmanin a déjà rejeté l'idée,
02:31 même si 36 enquêtes judiciaires, dont certaines concernant ces brigades mobiles,
02:35 ont été ouvertes par l'IGPN depuis le début de la contestation
02:38 contre la réforme des retraites.
02:40 Les autorités semblent donc prêtes à prendre le risque
02:42 évoqué par le préfet Maurice Grimaud en mai 68.
02:45 À l'époque, celui-ci écrivait que dans un tel contexte,
02:49 la police peut certes gagner la bataille de la rue,
02:51 mais elle peut aussi perdre quelque chose de beaucoup plus précieux,
02:55 sa réputation.
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