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Invité de Soir Info, Nathan Devers s'est exprimé sur la violence au sein des cortèges de manifestations. Selon l'agrégé en philosophie, «les mouvements de contestation classiques tendent à diminuer et à être remplacés par un autre paradigme de la contestation politique, qui lui est vraiment radical et qui passe par la violence».

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Transcription
00:00 Je pense que d'abord il faut en effet faire le diagnostic,
00:02 tout le monde est d'accord sur ce diagnostic me semble-t-il,
00:04 de dire que depuis plusieurs années, peut-être 10, 15 ans progressivement,
00:07 à l'échelle pas que française, aussi européenne,
00:09 il y a d'autres pays où des situations sont analogues,
00:11 les mouvements de contestation politique classique,
00:14 des manifestations, de désobéissance civile parfois, mais sans violence,
00:17 tendent quand même à être de plus en plus, à diminuer,
00:21 et à être remplacés par un autre paradigme de la contestation politique
00:25 qui lui est vraiment radical, en tout cas qui se prétend radical,
00:28 et qui passe par la violence, ça c'est le diagnostic.
00:30 Les réponses, elles sont de deux ordres me semble-t-il,
00:32 un premier registre qui n'est pas du tout moi mon champ de compétences,
00:35 qui est évidemment le maintien de l'ordre,
00:37 évidemment la sanction, évidemment aussi le renseignement,
00:40 mais ça évidemment, mais il y a à mon avis un autre aspect,
00:42 si on veut vraiment lutter contre les Black Blocs,
00:45 c'est de casser leur discours de l'intérieur.
00:47 Quel est leur discours ?
00:48 Leur discours consiste à dire, si on veut parler d'un sujet,
00:50 et faire parler d'un sujet dans le débat public,
00:52 par exemple les mégas machines,
00:54 par exemple la réforme des retraites,
00:55 il faut passer par la violence parce que sinon,
00:57 le débat public ne va pas parler de ces sujets.
01:00 Et il me semble que si on veut casser ce discours de l'intérieur,
01:02 ça suppose aussi de repenser la qualité de notre débat public,
01:05 c'est-à-dire de faire en sorte de créer,
01:07 dans la question des retraites, plus de dialogue social,
01:09 plus d'écoute, de tous les côtés d'ailleurs,
01:11 et que c'est peut-être que le délitement du dialogue,
01:14 le délitement de l'écoute,
01:15 le remplacement d'un dialogue par un monologue à deux,
01:18 rend possible un climat qui féconde ces violences-là,
01:21 et dans le cas par exemple des mégas machines,
01:23 mais de n'importe quel autre sujet,
01:25 réfléchir aussi à la manière dont on pourrait mettre en lumière
01:27 des problèmes politiques de bonne qualité.
01:31 Parce que si il y a un débat politique qui est de bonne qualité,
01:33 les Black Blocs eux, ils continueront de désirer leur violence,
01:36 mais leur discours aura évidemment beaucoup moins d'écho tout de suite.
01:39 [Musique]
01:42 [Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org]
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