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1,5 million d’infections intestinales en France sont d’origine alimentaire. Margaux de Frouville, cheffe du service santé de BFMTV et coauteure du livre "Manger sans s’empoisonner" nous explique les choses à savoir pour éviter les intoxications.

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Transcription
00:00 Bonjour, je m'appelle Margot de Frouville, je suis chef du service santé de BFM TV
00:03 et auteur de "Manger sans s'empoisonner" avec Laurent Baugerie aux éditions Flammarion.
00:07 Alors quand on parle gastro, forcément, c'est pas très glamour,
00:10 sauf que c'est très concernant, 20 millions de cas d'épisodes de gastroenterie de chaque année dans notre pays.
00:15 Il y a 3 à 5 millions de Français qui vont être obligés de consulter un médecin
00:18 et sur ces 3 à 5 millions, il y a 1,5 million d'infections intestinales qui sont d'origine alimentaire
00:24 et c'est ce dont on parle dans le livre.
00:28 On peut laver les fruits et les légumes en les frottant à l'eau froide, avec des mains propres
00:33 et pour ceux qui voudraient aller plus loin, on peut les laisser tremper, idéalement 5 à 10 minutes,
00:38 dans de l'eau avec du vinaigre dilué au 20ème, vinaigre blanc.
00:41 On les sèche surtout avec un torchon propre.
00:44 En revanche, les œufs, il ne faut pas les laver, ce serait même contre-productif
00:47 parce qu'ils sont recouverts d'une fine couverture, une pellicule qu'on appelle la cuticule
00:52 et qui va les protéger naturellement contre les bactéries qui voudraient pénétrer à l'intérieur de la coquille.
00:58 C'est bien de nettoyer son réfrigérateur une à deux fois par mois,
01:02 pourquoi ? Parce qu'il y a des bactéries qui peuvent être amenées à se multiplier jour après jour.
01:05 C'est vrai qu'on ne prend pas forcément le soin d'emballer parfaitement les aliments
01:09 et les plats déjà entamés dans notre réfrigérateur.
01:12 Oui, on peut se fier à l'eau du robinet et tant mieux, car chaque Français en consomme en moyenne
01:18 150 litres par jour, que ce soit pour l'alimentation, l'hygiène du corps ou encore l'entretien de la maison.
01:24 Il faut savoir que le cahier des charges pour rendre l'eau potable est impressionnant.
01:28 Il y a plusieurs éléments, notamment supprimer tout ce qui est métaux lourds indésirables,
01:33 avoir un pH équilibré ou encore conserver les sels minéraux et oligo-éléments.
01:38 L'eau ensuite est chlorée pour éviter que les bactéries ne prolifèrent.
01:42 Oui, on peut consommer son poisson cru, il y a quand même des choses à savoir,
01:47 notamment le fait qu'il y a un parasite ultra fréquent mais peu connu.
01:51 Il s'appelle l'anisakis, concrètement c'est une petite larve translucide qui est enroulée sur elle-même
01:55 qui donc peut passer inaperçue.
01:58 Jusqu'à 90% des merlues ou collins en sont infestées, 80% des anchois.
02:03 C'est les poissons sauvages qui sont concernés par ce parasite.
02:07 Le risque c'est quoi ? C'est que ça aille dans l'estomac, donc ça cause des douleurs très très très vives.
02:12 L'autre possibilité c'est le risque d'occlusion intestinale ou enfin de devenir allergique à ce parasite du poisson cru.
02:18 Il y a deux moyens de s'en prémunir, c'est quand même ça la bonne nouvelle.
02:21 Première façon, la congélation.
02:22 C'est d'ailleurs une obligation en principe pour tous les professionnels,
02:25 comme les restaurateurs qui veulent servir du poisson cru.
02:27 Depuis 2004, on doit en principe porter le cœur du poisson à -20°C pour tuer tout parasite.
02:33 L'autre possibilité, mais là on ne parle plus de poisson cru, c'est la cuisson.
02:37 Il faut porter le cœur du poisson à 60°C.
02:40 En gros, il faut qu'il ne soit pas du tout rosé à l'arrête.
02:45 Attention avec le poulet cru.
02:46 Lorsque vous allez couper par exemple un poulet avant de préparer une salade,
02:50 n'utilisez pas le même couteau ou la même planche à découper
02:53 parce que la plupart des carcasses de volailles sont contaminées par la bactérie Campylobacter.
02:57 On parle de 500 000 cas par an, de 5000 hospitalisations et d'au moins 50 décès qui sont parfaitement évitables.
03:05 A la cuisson, vous allez tuer cette bactérie.
03:08 En revanche, si vous utilisez le même couteau ou la même planche de cuisson
03:12 pour après préparer une salade de concombre ou de tomate,
03:14 vous risquez de vous intoxiquer ou de rendre malade vos convives sans l'avoir voulu.
03:19 L'astuce de grand-mère consiste à plonger un œuf avec une grande cuillère au fond d'une casserole.
03:27 S'il reste au fond, c'est bon.
03:29 En revanche, s'il est un peu entre deux os ou qu'il remonte carrément à la surface
03:33 ou qu'il fait du bruit lorsque vous le placez à côté de l'oreille,
03:36 là, vous l'oubliez, c'est qu'il est impropre à la consommation.
03:41 Vous avez en fait deux heures pour le placer au réfrigérateur.
03:44 On peut penser que le laisser sur la paillasse ne fera qu'accentuer,
03:48 qu'améliorer le goût au final du plat.
03:50 Sauf que vous allez, à la température ambiante, entraîner une multiplication des bactéries.
03:55 Et si, lorsque vous allez refaire cuire pour réchauffer le plat, vous allez tuer les bactéries,
04:00 en revanche, vous ne tuerez pas les toxines.
04:02 Donc, vous vous exposez à un risque d'intoxination.
04:04 Enfin, si malgré toutes ces précautions, vous tombez tout de même malade,
04:10 sachez qu'il ne faut pas systématiquement accuser le dernier repas que vous avez pris.
04:14 Parce que les infections les plus méchantes,
04:16 je pense notamment à la salmonellose, à la listeria ou encore la bactérie E. coli,
04:20 ont un temps d'accubation de plusieurs jours.
04:23 Si vous subissez les méchants symptômes, diarrhée, vomissement,
04:25 rassurez-vous, dans l'écrasante majorité des cas, ça va rentrer dans l'ordre tout seul.
04:29 Il y a deux signes d'aggravation à surveiller,
04:31 c'est la fièvre ou l'éventuelle présence de sang dans les selles.
04:34 Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
04:37 [Musique]
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