00:00 Et on retrouve Frédéric pour évoquer aujourd'hui les JO. On est à 500 jours, c'est vrai que ça approche, il y a eu pas mal de polémiques, notamment autour des billets.
00:07 On s'interroge aujourd'hui sur la facture et aussi les retombées économiques des Jeux Olympiques à Paris. Est-ce qu'on sait déjà combien ça va coûter ?
00:14 Alors la facture, oui, on sait à peu près. Ça va évoluer, il va peut-être y avoir encore un peu d'inflation, mais la Cour des comptes en janvier a chiffré à 8,8 milliards d'euros.
00:24 Alors on mélange un peu tout là-dedans. C'est le budget du comité d'organisation, qu'on appelle le COJOP, ajouté à celui du budget de la société en charge de la construction,
00:33 des différentes infrastructures, le Solidéo. Voilà, si on prend tout ça, on est à 8,8 milliards d'euros. Alors oui, ça a évidemment gonflé par rapport au budget prévisionnel
00:41 lors de la candidature. On était à 29% de moins, sachant qu'en plus, certaines dépenses ne sont certainement pas prises en compte, comme les dépenses liées à la sécurité.
00:51 Il faudra peut-être rajouter 400 millions au passage. Il y en a un peu plus, on vous le met quand même. En tout cas, c'est toujours le cas pour ce type d'événement.
00:58 Et on peut même dire bravo au comité d'organisation, qui a plutôt bien géré son budget si on compare aux précédentes éditions.
01:04 À Londres, le budget avait plus que doublé. Nous, on est à +29, eux, ils avaient fait +100, à 11 milliards d'euros. À Rio, on avait dépassé les 13 milliards d'euros.
01:13 C'est très cher quand même pour la ville brésilienne. Si on remonte à Pékin, alors là, on crève le plafond. Le budget avait atteint 30 milliards d'euros,
01:22 c'est-à-dire un dépassement de 1100%. On peut féliciter le comité parisien, qui a été beaucoup plus sobre.
01:28 Et le comité nous assure qu'en plus, c'est le privé qui paye.
01:30 Oui, a priori, c'est le cas. Confirmation de la Cour des comptes. Si on prend les sponsors, la biaiterie, le CIO aussi, qui verse des subventions,
01:38 on arrive à 6,4 milliards d'euros financés par le privé, c'est-à-dire les trois quarts du budget à main viendront de financements privés.
01:46 Pour les finances publiques, avec nos impôts, c'est 2,4 milliards d'euros, l'État et les collectivités. La ville de Paris met 500 millions au pot.
01:55 C'est quand même beaucoup pour la vie et pour la capitale.
01:57 Alors on sait ce que ça va coûter. Est-ce qu'on sait aussi ce que ça va rapporter ? C'est tout l'intérêt des Jeux aussi.
02:01 Oui, c'est tout l'intérêt des Jeux. Alors en termes de prestige, en termes de spectacle, mais aussi en termes d'argent.
02:05 Est-ce que cet argent, on ne le met pas, on ne l'a pas dépensé à fond perdu ? C'est la question à laquelle tentent de répondre deux députés,
02:10 Stéphane Peu et Stéphane Mazard, qui mènent une mission parlementaire. Ils rendront leur conclusion en juin.
02:16 Je peux déjà vous le spoiler. Leur conclusion, c'est qu'ils n'en sauront rien, en tout cas rien de très précis.
02:21 On ne sait jamais évaluer les retombées pour ce type d'événement. Alors oui, ça fait travailler du monde, ça remplit les hôtels, ça remplit les restaurants.
02:29 Mais il peut y avoir ce qu'on appelle des effets d'éviction. Alors il y a des études qui estiment entre 5 milliards et 10 milliards.
02:35 Oui, la fourchette est quand même assez large sur les retombées potentielles. Il y aurait entre 1,4 et 3,5 milliards d'euros de retombées touristiques.
02:44 Mais voilà, il y a ce qu'on appelle les effets d'éviction, c'est-à-dire des gens, certes, qui vont venir à Paris, mais d'autres qui vont dire
02:49 « je pars de Paris parce que je n'ai pas envie d'être dans les embouteillages, je n'ai pas envie de voir tout ce monde, donc je quitte la capitale ».
02:54 Et ça fait peut-être potentiellement des touristes en moins. C'est pour ça que c'est très difficile à évaluer. Il peut y avoir des effets positifs aussi de long terme.
03:01 On va être un peu optimiste aujourd'hui, comme l'amélioration de l'aménagement urbain. Ça peut faire aussi plus d'activités.
03:06 Ou aussi des chefs d'entreprise qui arrivent, qui tombent amoureux de la capitale et qui décident d'investir en France.
03:10 C'est un peu aussi arrivé. Mais ça, c'est très difficile à mesurer.
03:14 Et sur les précédentes éditions, on a pu mesurer un peu les retombées économiques ?
03:17 Oui, il y a pas mal d'études, mais elles sont très souvent sujettes à caution. Par exemple, à Londres, ils ont estimé le gouvernement entre 11 milliards et 53 milliards d'euros d'effets positifs, de retombées positives.
03:28 C'est un peu doigt mouillé consulting, parce que là, de tels écarts, c'est impossible à mesurer.
03:32 En revanche, si on prend Barcelone en 1992, il y a quand même eu un effet.
03:36 Les Jeux olympiques, la ville qui était un petit peu moribonde, a bien redécollé après les Jeux olympiques.
03:41 C'est devenu la troisième destination touristique en Europe. Le chômage a fortement baissé.
03:46 Donc oui, les JO ont permis de remettre Barcelone sur la carte mondiale des grandes villes qui comptent.
03:50 Paris y est déjà, cette carte. Est-ce que les JO lui apporteront quelque chose ? On verra dans 10 ans, quand on aura des rapports qui tenteront de mesurer tout ça.
03:57 Merci beaucoup, Fred.
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