00:00 - C'est 8h moins 20, c'est l'heure du choix de Marie. Marie, tu nous parles ce matin de zombies ?
00:04 - Oui, bon alors pas de panique, je ne vous parle pas de morts vivants qui vont vous poursuivre dans les rues à 8h moins 20 du matin.
00:10 Je vous parle de virus zombies, c'est comme ça que la presse les surnomme.
00:13 En fait, ce sont des virus qui sont âgés de plusieurs dizaines de milliers d'années et qui peuvent encore se réveiller.
00:19 Alors je vous parle de ça parce que des chercheurs français ont publié une étude dans laquelle ils annoncent qu'ils ont ressuscité un virus vieux de 48 500 ans.
00:27 Ce sont des travaux qui ont été menés par le virologue Jean-Michel Claverie que vous voyez juste là avec toute son équipe.
00:33 Alors jusqu'alors, Jean-Michel Claverie et ses collègues avaient déjà ressuscité des virus vieux de 30 000 années à peu près.
00:40 Mais là, c'est un nouveau record, 48 500 ans. Alors comment ils travaillent ?
00:43 Et bien voilà, ils rentrent dans des régions polaires comme la Sibérie par exemple et ils vont aller chercher dans ce qu'on appelle le pergélisol.
00:54 - Pergélisol en français ? Ah oui d'accord. - Non, on dit pergélisol en français mais permafrost, ça marche aussi.
00:58 Donc c'est le sous-sol gelé en Sibérie et là en fait, ils vont extraire des souches de virus qu'ils vont ensuite tester pour voir si ces virus peuvent encore être contagieux.
01:06 Et c'est comme ça qu'ils se sont rendu compte que ce virus de 48 500 ans pouvait encore être contagieux.
01:11 Alors je vous rassure, ce ne sont pas des virus qui sont transmissibles à l'homme, qui manipulent parce que sinon, ce serait quand même...
01:16 - On nous a dit ça à une époque avec un coronavirus de pangolin. - Voilà, ce serait extrêmement dangereux.
01:21 Mais ces virus qui ne sont pas transmissibles à l'homme et qui sont très très vieux, nous permettent d'en savoir plus sur des virus qui pourraient être très anciens et transmissibles à l'homme.
01:29 C'est ce que m'expliquait Jean-Michel Claverie lui-même, écoutez.
01:32 Ces virus qui ne sont pas dangereux nous servent à évaluer les probabilités que des virus humains peuvent éventuellement rester infectieux pendant très nombreuses années.
01:43 - Et ça libère... - Voilà exactement, c'est un vrai sujet avec la fonte...
01:46 - Avec la fonte climatique, oui. Avec la fonte des glaces, en effet, dans les décennies à venir, on s'attend à...
01:52 - Une peine de libération de ces virus. - Retrouver des virus.
01:55 - Oui, parce qu'en fait, il y a vraiment potentiellement des virus transmissibles à l'homme qui sont dans le pergélisol qui est en train de fondre ou qui risque de fondre avec le changement climatique.
02:01 Et il y a aussi de plus en plus d'activités d'industriel qui se développent dans les régions polaires avec des extractions de tonnes de pergélisol.
02:07 Et en fait, on ne sait pas vraiment ce qui se trouve dans ce pergélisol, écoutez.
02:11 Je peux vous assurer qu'on ne sait absolument pas ce qu'il y a dans ce pergélisol sur le plan des agents infectieux.
02:17 Et il y en a énormément qui sont totalement inconnus et qui pourraient effectivement déclencher des pandémies.
02:23 - Voilà, donc c'est un petit peu... C'est même très inquiétant. Autant dire qu'on a intérêt à laisser le pergélisol tranquille et à essayer de laisser ces virus s'enfouir au maximum.
02:31 Mais pour l'instant, ce n'est pas forcément très bien parti, comme tu disais, Marc, avec le réchauffement climatique.
02:35 - Ben, clairement, on est un peu... - Dans l'inconnu.
02:38 - Dans l'inconnu, voilà.
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