00:00 Il est auteur, compositeur, interprète et fan de Truffade donc apparemment c'est la relève de la chanson française.
00:07 Bonjour Tim Dopp, bienvenue sur le plateau de Télémath.
00:10 C'est votre quatrième album qui sort, le voici, une pochette assez chouette, c'est dur à dire, pochette assez chouette.
00:17 On va en reparler justement. Ça s'appelle Les Immortels.
00:20 Vous serez le 2 novembre prochain en concert au Trianon à Paris notamment.
00:24 Pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, vous faites partie de cette nouvelle génération, nouvelle scène française.
00:30 Comment ça a commencé déjà votre histoire entre vous et la musique ?
00:34 Ça commence par un piano dans la maison, ça commence par des parents qui écoutent beaucoup de musique,
00:40 la chance de me mettre à un instrument et puis d'écouter plein de trucs et après la route est longue.
00:48 Là on entend Les Immortels, le titre phare de cet album.
00:52 Vous avez un groupe de pop, je crois, vous avez un groupe de reggae.
00:55 À la maison on écoutait du Gainsbourg, on écoutait des Beatles, on écoutait du ferré.
00:59 Comment on se construit un style, une identité musicale au milieu de tout ça ?
01:03 C'est long, c'est long.
01:05 Vous êtes beaucoup cherché ?
01:06 C'est une longue étape, oui bien sûr, et je me cherche encore.
01:08 Je ne suis pas sûr d'avoir finalement trouvé définitivement mon endroit artistique, c'est ça qui me plaît, c'est le chemin aussi.
01:15 C'est la quête, on cherche beaucoup, c'est un laboratoire et c'est du plaisir beaucoup aussi.
01:21 Je crois que mes parents m'ont transmis ça, un goût éclectique et très hybride.
01:27 Et du coup de ne jamais être snob de quoi que ce soit et d'aimer à peu près tout, c'est ça qui me traverse.
01:34 Là on est sur un album assez posé, assez mélancolique.
01:37 Cette mélancolie, c'est quelque chose qui vous inspire ?
01:40 Oui, je crois, je trouve que c'est un sentiment particulièrement humain, la mélancolie.
01:46 Alors heureuse particulièrement parce qu'elle est justement assez contrastée d'ombre et de lumière.
01:52 Et puis je crois que les états émotionnels un peu plus intérieurs, un peu plus profonds,
01:58 moi j'y trouve plus d'inspiration que les moments de frénésie.
02:02 Généralement en pleine festivité, je suis dans la fête et pas dans la création.
02:06 Vous dites que ce qui vous importe c'est la quête, c'est la recherche, c'est de ce style,
02:10 mais est-ce que ce n'est pas un chemin qui est aussi pavé de doutes ?
02:13 Bien sûr, continuellement. Dans le rapport à sa propre identité artistique,
02:20 le rapport à quelque chose de l'ordre du métier public, évidemment il y a des doutes aussi.
02:29 Le chemin est parsemé de doutes et en même temps de quelques convictions quand même, qui sont importantes.
02:35 C'est quoi vos deux convictions principales ?
02:38 Sur ce dit, c'était d'être libre à tout prix, de m'affranchir un peu des attentes,
02:43 que d'ailleurs souvent je m'impose tout seul, et le plaisir.
02:48 Je pense que c'est vraiment les deux, la liberté et le plaisir, et jamais les sous-estimer.
02:55 Mais il y a aussi l'attente du public, est-ce que dans la création on s'oblige à se dire
02:58 "j'espère que ça va plaire" ou "je vais changer un peu les choses pour être sûr que ça plaise" ?
03:02 Oui, ça traverse à des moments, mais ça peut-être que c'est plutôt l'environnement d'une industrie musicale,
03:10 des formats, des attentes, etc. Finalement, faire cet album, le réaliser seul un peu dans mon petit studio,
03:18 c'était prendre le parti pris avec par exemple deux instrumentales au milieu du disque,
03:22 des chansons qui sont plus travaillées dans un souci de composition sur des motifs et des retournelles,
03:28 pas toujours des refrains et des hymnes. C'était justement d'être affranchie et d'être libre,
03:33 et de pas trop me poser ces questions-là. Elles arrivent à des moments, parce que quatre disques,
03:38 forcément, c'est un parcours un peu en écharpe. J'ai eu des morceaux parfois qui sont passés un peu plus à la radio que d'autres,
03:47 et finalement, ce qui reste, je crois, justement, en écouté "Les Immortels", parfois c'est les purs,
03:53 c'est le souci de quelque chose d'absolument sincère et de minimal.
03:58 C'est génial de vous entendre aussi libre quand on parle d'une industrie du disque qui est tellement marquettée, corsetée.
04:03 Il y a quand même quelque chose qui m'intrigue particulièrement, c'est cette pochette.
04:06 Vous êtes tous à poil, vous aussi, on peut vous y trouver, pour ceux qui chiantent. C'est quoi le message ?
04:11 Le message est pluriel. Au début, c'était une composition, une mise en scène qui, en effet, donne une forme de nudité,
04:21 mais je trouve qu'elle n'est pas obscène. Il y a beaucoup de pudeur, il y a quelque chose d'antique, d'assez primaire, très brut, même animal.
04:31 Un retour à la nature, un peu ?
04:33 Oui, exactement. C'est pris au calangue du frioul, de manière sauvage.
04:37 Et puis, il y a aussi quand même cette petite envie de, pas de choquer, mais d'ébrécher l'image un peu de mec sage,
04:47 qui me colle, parce que j'ai la tête que j'ai. Mais en même temps, je trouve ça intéressant.
04:52 Et c'est drôle parce que je vois que ce disque, il est en train de vivre aussi par sa pochette.
04:56 Et c'est assez rare.
04:57 Elle intrigue notamment un certain Damien, un pianiste que vous connaissez bien. On regarde.
05:02 Salut Tim. Alors, j'ai une question. Concernant cette magnifique pochette, qu'est-ce que vous faites après ? Vous sautez dans l'eau ?
05:13 Dam se ne trompe pas. On s'est évidemment baigné après. D'ailleurs, on voit mon pote Thiebo qui est déjà dans la calanque.
05:26 Et en effet, on s'est baigné évidemment, parce que ça invite quand même à s'y déverser dans cette eau d'eau palée.
05:31 On a tous envie de sauter nu dans l'eau, c'est ça ?
05:33 Vous avez une caractéristique dans la vie, parce qu'on a quelques informations, parce qu'on va dire que votre frère travaille ici.
05:38 Oui, tout à fait.
05:39 C'est que vous perdez tout dans la vie. Est-ce que c'est vrai ?
05:43 Oui, peut-être. Il y a un truc de famille où je ne suis pas de matérialiste. Alors, ça, c'est vraiment une phrase de bourgeois.
05:51 Mais du coup, c'est vrai que je perds assez les choses. Généralement, j'ai plutôt de la chance.
05:58 Je me souviens avoir perdu un ordi dans un taxi où il y avait toutes mes maquettes, etc.
06:04 Ça ne vous m'a pas dit que vous vous dites "bon, moi". Parce que vous avez toujours très calme.
06:08 Alors, c'est ça, oui. Et souvent, je suis plutôt serein.
06:11 Alors, c'est peut-être un problème aussi, mais généralement, ça ne me fait pas trop peur.
06:16 Laissez-vous surprendre par cet album qui s'appelle "Les Immortels".
06:19 On va faire une page de pub et on va partir en pub avec un extrait de "Regarde-nous danser".
06:23 Tim Dup est avec nous dans Télématin. Vous allez beaucoup en entendre parler de ce garçon.
06:27 *musique*
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