00:00 mais j'ai voulu écrire cette scène-là
00:02 en partie parce que je voulais vraiment
00:06 retrouver Antonio Pins.
00:08 [Musique]
00:32 Ça s'appelle "De Sonne"
00:34 et pourtant, comme je le disais,
00:35 on suit essentiellement la trajectoire de ce père,
00:38 mais à un moment,
00:39 à la faveur de cette scène,
00:41 on comprend qu'il est aussi un fils,
00:43 un fils en douleur,
00:44 et qui tentait juste d'être
00:46 le père qu'il n'a pas eu quelque part,
00:48 ou un meilleur père que celui qu'il a eu.
00:49 Et on se rend compte,
00:50 grâce à la cruauté extraordinaire d'Antonio Pins,
00:55 qu'il arrive à l'interpréter sans trop de difficultés.
00:58 [Musique]
01:05 C'est vrai que cette scène n'était pas dans la pièce,
01:08 même si le père du père,
01:10 c'est-à-dire le grand-père qui est joué ici par Antonio Pins,
01:12 était présent dans la pièce comme une sorte de fantôme,
01:14 parce qu'il était déjà question de cette question transgénérationnelle,
01:18 c'est-à-dire comment on reproduit des schémas qui nous ont abîmés,
01:21 et comment parfois on se positionne justement à l'inverse de ces schémas.
01:25 Enfin, on en est tous un peu là,
01:26 à tenter de faire différemment de nos propres parents,
01:29 de faire mieux.
01:30 [Musique]
01:40 J'ai voulu écrire cette scène-là,
01:42 en partie parce que je voulais vraiment retrouver Antonio Pins,
01:48 mais aussi parce que je savais que j'avais envie de creuser cette piste
01:52 du trauma transgénérationnel.
01:54 On avait travaillé ensemble,
01:57 Antonio Pins et moi, pour "The Father",
01:59 c'était une expérience très forte, très belle, très émotionnelle entre nous,
02:02 mais on ne s'était pas revus après à cause du Covid.
02:04 Et donc, c'était l'occasion de retrouver aussi,
02:07 l'occasion de voir ces deux acteurs,
02:10 Antonio Pins et Hugh Jackman, dans la même pièce.
02:13 Et je sentais qu'il allait se passer quelque chose de fort.
02:16 [Musique]
02:41 Après "The Father", il y a tellement de gens qui sont venus me voir,
02:44 en me disant "Mais est-ce qu'il va bien ?"
02:46 Comme s'il était lui-même en plein démonscénale.
02:48 Et je disais "Oui, c'est juste le plus grand acteur du monde".
02:50 Donc il y avait quelque chose de savoureux pour nous,
02:52 à jouer ici avec l'inverse de ce qu'on avait fait dans "The Father",
02:56 c'est-à-dire qu'il est à nouveau l'homme qui contrôle la situation
02:59 d'une façon presque maléfique.
03:01 [Musique]
03:07 Dans les contrats américains,
03:08 il y a une singularité, souvent, c'est qu'on a un certain temps par jour.
03:13 Le compte à rebours commence au moment où l'acteur quitte son hôtel.
03:17 Pour cette journée-là, la première journée qu'on a faite ensemble,
03:19 il me fallait à peu près 16 heures pour la tourner,
03:21 et j'en avais que 10, c'était déjà difficile.
03:23 Et finalement, il s'est mis à un hôtel très loin.
03:24 Et donc je me disais "Mais ça va être impossible de tourner cette journée
03:28 en 8 heures, alors que j'en avais besoin deux fois plus".
03:31 J'arrive le premier sur le plateau, et il était 5 heures du matin.
03:34 Et je pensais être le seul.
03:36 Et en fait, un assistant vient me voir en me disant "On a un problème".
03:38 Et je dis "Quoi ?"
03:39 Il me dit "Anthony est déjà là".
03:40 Et je dis "Anthony Hopkins ?"
03:42 Il me dit "Oui, il est déjà là".
03:43 Donc c'est à dire que mon compte à rebours avait déjà commencé.
03:45 Et je suis allé le voir, et je lui ai dit "Mais qu'est-ce que tu fais là ?"
03:47 Il me dit "Écoute, je me suis réveillé à 4 heures du matin,
03:49 j'avais tellement envie d'aller travailler que je me suis dit "Allez, on y va".
03:51 Malgré le fait que ce n'était pas le personnage principal de ce film-là,
03:54 il y a eu tout autant de dialogues, de questions, d'emails, de partages.
03:59 C'est-à-dire que peu importe le nombre de phrases qu'il a à dire,
04:04 il est là pour servir quelque chose d'autre que lui-même.
04:06 [Musique]
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