00:00 Vous estimez que le compte n'y est pas, qu'il y a encore des gens qui travailleront 44 années et donc c'est non ?
00:04 Bien sûr, mais ma position est très claire, elle n'a pas varié.
00:07 Et j'ai d'ailleurs dit que je tiendrai parole.
00:09 Si les avancées que nous souhaitons et que nous défendons sont sur la table,
00:12 alors nous soutiendrons la réforme.
00:14 Et si elles n'y sont pas, pourquoi le faire ?
00:16 Vous voulez que je revienne vers les Français dans quelques jours en disant
00:19 "Bah écoutez, vous voyez, je me suis beaucoup battu sur les carrières longues,
00:21 mais vous avez commencé à 16 ans, vous avez commencé à 18 ans, désolé,
00:24 pour vous le compte n'y est pas.
00:25 Je ne me bats pas pour moi, je me bats pour mes concitoyens.
00:28 Et lorsqu'on est un député, lorsqu'on a des convictions,
00:31 on se doit de mener la bataille jusqu'au bout.
00:33 C'est mon travail de député et ma mission, que le gouvernement remette de la clarté.
00:37 Et c'est à Elisabeth Borne désormais de clarifier les choses en disant
00:40 "Tous ceux qui ont commencé en carrière longue, pas plus de 43 annuités."
00:43 Ce matin, donc, vous dites, pour les 16 ans et les 18 ans,
00:48 qui sont les deux qui restent encore entre les mailles du filet,
00:52 les 16 ans et les 18 ans qui devront travailler 44 ans
00:55 si la réforme passe telle qu'elle est aujourd'hui,
00:58 vous demandez à ce que là aussi ça bouge
01:00 et ce qu'Elisabeth Borne fasse un geste pour ces deux-là.
01:02 - Cessons de jouer au chat et à la souris.
01:04 Je ne suis pas un marchand de tapis.
01:05 Je ne suis pas là en train de négocier le bout de gras.
01:07 Ce que je souhaite, c'est qu'on ait une position claire,
01:10 que ce gouvernement cesse de lâcher par petits morceaux
01:13 comme si nous nous amusions.
01:14 On n'est pas en train de s'amuser.
01:15 On est en train de faire en sorte que les Français, demain,
01:17 aient une vie meilleure, notamment ceux qui ont commencé à travailler tôt.
01:20 Les 17 ans, c'est une belle victoire.
01:22 Je le dis, lorsque depuis quelques semaines, je marque bout sur ce sujet.
01:25 J'ai tendance à essuyer beaucoup de critiques.
01:27 On dit, mais enfin, quand même Aurélien Pradié,
01:28 il est dur, il est raide, il ne veut pas lâcher.
01:31 C'est une victoire. C'est une leçon politique aussi.
01:34 Lorsqu'on est un député, les 17 ans, nous avons obtenu
01:37 qu'il ne fasse pas 44 annuités de cotisation, mais bien 43.
01:40 C'est une vraie avancée.
01:43 - Il a 16 ans et il a 18 ans.
01:44 - Et comment voulez-vous expliquer que ce n'est pas de bol ?
01:46 Vous avez commencé à 16 ans, vous ferez 44.
01:48 Vous avez commencé à 17 ans, vous avez un peu plus de chance.
01:51 Vous ferez 43 annuités.
01:52 Tout ça ne tient pas.
01:54 Et voilà pourquoi je pense que même si le gouvernement
01:55 voulait se rendre un peu service, il clarifierait cette situation.
01:59 Je suis un combattant politique.
02:01 Je considère que le rôle d'un député, c'est d'aller jusqu'au bout
02:03 de ses convictions et d'arracher des avancées pour les Français.
02:06 - C'est où le bout ? C'est ça la vraie question.
02:08 Et c'est la question, d'ailleurs, que vous a posée, si je le comprends bien,
02:11 le directeur de cabinet d'Elisabeth Borne ce week-end.
02:13 Il vous a appelé, Aurélien Rousseau.
02:15 Il a parlé avec vous 45 minutes.
02:17 C'est ce que, notamment, nos confrères de France Télévisions
02:18 ont révélé ce matin. 45 minutes au téléphone.
02:22 Mais il laisse entendre aussi que c'est parce qu'il voulait
02:24 comprendre ce que vous voulez.
02:25 Sous-entendu, on ne sait pas trop ce que vous voulez.
02:28 - C'est assez clair.
02:29 Tous ceux qui ont commencé en carrière longue,
02:31 pas plus de 43 annuités de cotisation.
02:33 J'ai d'ailleurs dit aux équipes d'Elisabeth Borne,
02:35 avec qui je n'ai pas de contact particulier, sauf ce week-end,
02:38 que je n'étais pas leur allié politique, que je ne le serai jamais,
02:41 que je n'étais pas un dealer politique et que donc il n'y avait pas de deal.
02:44 Que je leur disais simplement que ce comballage y tenait,
02:46 parce que c'était le combat qui respectait la France, qui travaille dur.
02:49 Que mon jeune frère boulanger, je ne voulais pas revenir le voir
02:51 dans quelques jours en lui disant que je n'avais rien fait pour lui
02:53 et pour tous ceux qui travaillent.
02:54 - Il est boulanger dans le lot ?
02:55 - Il est boulanger dans le lot.
02:56 Il a commencé très tôt.
02:57 Et comme des centaines de milliers de Français,
02:59 c'est cette France travailleuse à laquelle je souhaite que nous soyons attentifs.
03:02 Et je leur ai dit que je n'avais rien à leur proposer en échange,
03:05 sauf de tenir parole.
03:06 Si cette mesure y est, je soutiendrai la réforme.
03:08 Si elle n'y est pas, je ne la soutiendrai pas.
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