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  • il y a 17 ans
Ségolène Royal réagit à l'actualité.

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00:00en Poitou-Charentes, région qui existe encore.
00:02Bonsoir Ségolène Royal et merci d'être sur notre plateau.
00:06Vous êtes inquiète pour l'avenir de la région dont vous êtes la présidente ou pas,
00:10suite aux propositions de la commission d'Edouard Balladur
00:12sur le redécoupage du millefeuille administratif français ?
00:16J'attends de voir les propositions pour émettre un avis,
00:18mais je ne suis pas inquiète sur l'avenir de la région,
00:21puisque j'ai présenté ce matin, vous avez d'ailleurs bien voulu en parler,
00:25le premier plan européen de l'énergie solaire.
00:28Nous allons installer 600 000 m² de centrales photovoltaïques dans la région
00:33grâce à un prêt très important de la Banque Européenne d'Investissement de 200 millions d'euros.
00:37J'espère créer plus d'un millier d'emplois grâce à ce levier de développement économique.
00:41Et j'observe d'ailleurs que Barack Obama vient d'annoncer
00:44que l'essentiel de la relance aux États-Unis serait pour la croissance verte.
00:49Et moi, je crois beaucoup dans cette perspective.
00:5290 200 chômeurs de plus pour le mois de janvier 2009.
00:57On a appris ce chiffre qui est sans équivalent et donc qui marque une très forte augmentation du chômage.
01:04Quelle est votre réaction et votre analyse de la situation ?
01:07C'est très inquiétant.
01:08Et puis il faut savoir que derrière les chiffres, il y a une réalité humaine dramatique
01:12avec des familles entières qui basculent dans le surendettement,
01:15notamment au regard des lourdeurs des frais de logement.
01:18Moi, ce que je demande, c'est un moratoire immédiat de toute la dette des familles à revenus faibles et moyens,
01:24notamment à celles qui perdent leur emploi.
01:28Parce que je crois que c'est le problème le plus criant aujourd'hui des familles qui ne peuvent plus payer
01:32soit leur remboursement d'emprunt lorsqu'elles accèdent à la propriété.
01:36Je ne veux pas que les familles ou les personnes seules d'ailleurs soient chassées de chez elles
01:40ou qui ont beaucoup de mal à payer leur loyer.
01:42Je crois que c'est le droit fondamental de continuer à pouvoir se loger.
01:47Puis ensuite, je crois que ça devrait mobiliser beaucoup plus fortement l'ensemble des forces vives en France
01:52parce que du potentiel, il y en a.
01:54Il y a des pistes qui ne sont pas explorées pour lutter contre le chômage ?
01:57Je pense qu'une société plus juste, par exemple, est plus efficace.
02:01Donc répartir autrement les exonérations fiscales, le fameux bouclier fiscal,
02:06ou répartir autrement les 40 milliards d'aides économiques aux entreprises
02:09en les concentrant vraiment sur celles qui ont des difficultés,
02:12en faisant payer les autres une augmentation salariale, par exemple.
02:15Je crois que ce seraient des pistes efficaces.
02:18Et puis la croissance verte, évidemment.
02:20La France ne fait pas suffisamment.
02:22Et donc il faudra investir massivement dans les filières de développement économique et écologique.
02:26L'écologie, la valeur sacrifiée des plans de relance français ?
02:30Oui, c'est une valeur sacrifiée alors que c'est une valeur d'avenir.
02:33Et que c'est très efficace, c'est très opérationnel.
02:35Il y a des milliers d'emplois à construire dans le domaine de la croissance verte.
02:39Et en même temps, ça permet aussi de donner du pouvoir d'achat à la croissance verte
02:42puisque ça diminue les frais énergétiques.
02:45Le Parti Socialiste dit beaucoup en ce moment par la voix de Martine Aubry
02:49que la France n'a pas de plan de relance
02:51et qu'il faut que le gouvernement en adopte un de toute urgence pour lutter contre la crise.
02:55Vous partagez cette analyse ?
02:56C'est ce que je viens de dire, je crois.
02:58En effet, de toute façon, l'augmentation du chômage prouve qu'il faut un nouveau sursaut,
03:02qu'il faut d'autres pistes, qu'il faut d'autres politiques,
03:05telles que celles que je viens de développer.
03:08Vous revenez de Guadeloupe où la sortie de crise, on va être très prudent,
03:12semblerait se profiler, où la fameuse revendication des 200 euros d'augmentation de salaire
03:17pour les bas salaires, justement, qui a divisé si profondément
03:22à la fois le patronat, les salariés.
03:26Et bon, on semblerait y arriver, enfin, enfin.
03:30Enfin, oui.
03:31On aurait pu y arriver plus tôt ?
03:33Je pense, bien sûr, bien évidemment.
03:35Il y a trois leviers pour sortir de la crise.
03:38D'abord, le respect et la considération.
03:41Il y a eu un sentiment d'abandon, d'absence de l'État qui continue d'ailleurs,
03:45parce qu'on voit que ça va très mal en Martinique.
03:47Pourquoi le ministre n'est toujours pas sur place ?
03:49C'est incompréhensible que des ministres qui sont payés pour faire ce travail-là
03:52ne le fassent pas.
03:54Le deuxième levier pour sortir de la crise, c'est que les patrons se débloquent
03:58et fassent des propositions.
04:00C'est ce qui s'est passé en Guadeloupe, où les dirigeants des petites et moyennes entreprises,
04:04que j'ai d'ailleurs rencontrés, ont fini à un moment à mettre des propositions sur la table
04:07en reconnaissant la légitimité de la revendication salariale
04:11sur un territoire où les prix sont parfois de 30 à 40 % plus chers.
04:15Et puis, le troisième levier pour sortir de la crise aux Antilles, c'est de faire la transparence
04:19sur les prix et sur les marges et de mettre fin à des situations dominantes
04:24de quelques grosses entreprises qui mettent sous coupe réglée
04:27et qui ont gagné beaucoup, beaucoup d'argent grâce au commerce, à la distribution,
04:33au monopole sur l'essence et qui aujourd'hui ont parfaitement les moyens
04:36de faire des augmentations salariales.
04:38Vous redoutez que la Martinique, cette fois-ci, s'embrase.
04:41On a vu qu'il y a eu des nuits très chaudes, très tendues, ces 48 dernières heures.
04:47Le conflit peut se déplacer là-bas ?
04:49Bien sûr, il est déjà là.
04:50Et prendre une forme plus dure encore ?
04:52Ça fait trois semaines qu'il dure là-bas.
04:53Oui, et puis de façon très violente, bien sûr, c'est très inquiétant.
04:56Comme l'a dit à l'instant Serge Lecimi, le maire de Fort-de-France,
04:59que je connais bien, qui a succédé à Aimé-Césaire, est très inquiet.
05:03Et parce qu'il y a une forme de désespérance aussi.
05:05Donc comment est-ce que l'on peut remettre la paix sociale ?
05:07C'est en rapprochant les points de vue.
05:09Donc il faut quelqu'un qui aille sur place et qui ait une autorité pour le faire,
05:13donc un membre du gouvernement.
05:14Ensuite, il faut demander aux patrons, aux gros patrons qui le peuvent,
05:17de mettre les augmentations salariales sur la table.
05:19Et l'État peut accorder des exonérations fiscales et des exonérations de charges
05:24pour les petites entreprises qui n'ont pas forcément les moyens
05:27de donner tout de suite des augmentations de salaire.
05:29Et enfin, il faut des garanties pour changer le système.
05:32Si la crise doit déboucher sur quelque chose de positif dans cette partie du monde,
05:35dans les Caraïbes, c'est une chance pour la France d'être présente dans cette partie du monde.
05:40Mais encore faut-il mettre des règles qui permettent aux économies locales de se développer.
05:45Songez par exemple qu'aujourd'hui, les Antilles n'ont pas le droit d'acheter le carburant en proximité.
05:50Il faut qu'elles l'importent de métropole avec un système monopolistique,
05:54dans lequel d'ailleurs Total est là, avec des super profits qui sont inadmissibles
05:58et qui pourraient être réinjectés dans l'économie locale.
06:01Donc il y a beaucoup de choses à faire et beaucoup de potentiel.
06:03Votre voyage dans la région a été résumé d'une phrase par le Président de la République.
06:06La dame qui s'agite en Guadeloupe, sous-entendu pendant que le gouvernement travaille en France.
06:11Vous recevez comment une phrase de ce genre ?
06:13Je vois un Président de la République qui s'agite beaucoup dès que ça bouge à l'échelle de la planète.
06:19Il était allé à Bagdad, il a sauté dans un avion pour aller à Bagdad.
06:22Et sur le territoire de la République française, on ne l'a pas vue.
06:26Moi, au moins, je m'y suis rendue.
06:28J'ai écouté l'ensemble des partenaires avec Jacques Bangou, le maire de Pointe-à-Pitre.
06:32On a tenté des rapprochements.
06:34Le résultat, il est là.
06:35J'espère que ça va déboucher.
06:37On a vu les patrons des petites et moyennes entreprises qui sont très responsables,
06:41qui ont dit à un moment, nous allons bouger.
06:43Nous avons vu les représentants du LKP avec Elie Domota,
06:46qui sont extrêmement responsables aussi, très soucieux de l'avenir des jeunes.
06:50Le MEDEF a même demandé à me rencontrer.
06:52Je les ai reçus.
06:53Donc vous dites que vous avez eu un rôle de médiation dans ce conflit ?
06:56Je dirais que ce sont les Guadeloupéens eux-mêmes qui ont eu un rôle de médiation.
07:00Mais peut-être ont-ils senti, de la part du maire de Pointe-à-Pitre qui était là,
07:04des autres élus qui étaient là,
07:06l'écoute que je leur ai apportée, un sentiment de respect, de présence.
07:12J'étais là aussi aux obsèques du syndicaliste Jacques Binault, qui a été tué.
07:17Il n'y avait aucun représentant de l'État.
07:19Est-ce normal ? Non.
07:21Moi, je crois que la paix vient de la justice.
07:23Et la justice commence à venir du respect, de la considération et de l'écoute.
07:28Dernière question.
07:28Très rapidement, vous faites la une de Paris Match aujourd'hui,
07:31Ségolène Royal, au bras d'un homme qui est présenté comme votre compagnon.
07:34Vous avez dit que vous alliez attaquer l'hebdomadaire,
07:38qui vous répond d'ores et déjà, hypocrisie.
07:41Comment percevez-vous cette réponse, Ségolène Royal,
07:45et médiatique, dit en substance Paris Match ?
07:48Voilà, ça fait partie de ce qu'est la vie médiatique, ce genre de choses.
07:53Mais pourquoi faites-vous, en posant cette question,
07:56de la publicité, un journal qui est en infraction avec la loi,
08:00c'est-à-dire qui publie des photos volées ?
08:02Il faut bien que je pose une question, si vous voulez.
08:06On ne va pas rester en lévitation, donc je donne les noms, c'est tout simplement pour ça.
08:09Est-ce que vous ne contribuez pas ? Est-ce que tout devienne marchandise ?
08:12Non, tout ne doit pas devenir une marchandise et source de profit.
08:16Je faisais simplement une citation.
08:18Merci en tout cas infiniment, Ségolène Royal, d'avoir été avec nous sur ITV.
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