00:00 Moi je trouve qu'un tube c'est noble et que c'est un talent d'en faire un.
00:02 Non, un c'est de la chance, mais si j'en faisais deux, à ce moment là, je serais assez heureux.
00:06 Très jeune, très très jeune, j'ai eu l'envie de devenir une pop star, entre guillemets.
00:23 Alors c'est pour des raisons qui ont évolué au fur et à mesure que le temps a avancé.
00:27 D'abord je rêvais parce que je voyais Lady Gaga, j'avais 8 ans, et je la trouvais phénoménale.
00:32 Elle vendait du rêve en fait, elle me vendait du rêve, et aujourd'hui j'espère en vendre aux autres.
00:36 C'est fascinant en fait, la célébrité quand on est jeune a quelque chose de fascinant.
00:40 Et donc ça a commencé un peu comme ça, je faisais de la musique déjà,
00:43 c'était n'importe quoi, c'était une espèce de yaourt, donc une langue qui n'existe pas.
00:48 Et donc je me suis mis à chanter en anglais, et puis un jour on m'a dit que l'anglais ça se passait pas,
00:53 que ma langue, mon accent était atroce, et je me suis mis au français.
00:57 Et ça a été le meilleur conseil qu'on puisse me donner parce que ça a été un déclic.
01:00 C'est marrant, il y a une phrase que je trouvais très bateau, qui s'appelle "Croyez en vos rêves",
01:14 et elle est réelle en réalité, je ne peux pas dire que je l'avais prévue,
01:17 mais je l'imaginais, je le visualisais, et je pense que ça aide dans la quête d'un succès.
01:23 C'est fait déjà en famille, c'est-à-dire qu'on est deux musicalement derrière l'album, mon frère et moi.
01:28 J'ai tout écrit, j'ai tout composé à peu près, mon frère m'a composé deux morceaux,
01:33 si on parle de gris d'accord, vraiment de progression d'accord, qui sont "Regarde-moi avec ta mère et folle",
01:37 j'aime bien ce titre, et j'ai composé le reste.
01:40 Et j'adore la production, j'adore produire, et je préfère même ça, à chanter en réalité, à écrire,
01:45 et donc c'est un peu mon moment plaisir, donc j'ai fait je dirais 80% de la production,
01:49 ça part de moi, j'aime bien trouver les bons sons de batterie, moi je suis très à l'aise avec la prod de batterie et de basse,
01:54 et mon frère il est plutôt fort avec les synthés, donc on se compose assez bien en fait.
01:57 Et en fait j'avais en tête quelqu'un, qui s'appelle Marcin Kamski, qui est polonais,
02:01 pour faire la photo de la cover d'album, je trouve qu'elle a un délire un peu, je sais pas, rétro-futuriste,
02:06 un peu Kraftwerk dans les couleurs, il y a un truc quand même poupée de cire qui me plaît,
02:10 ce côté forcément parfait, enfin j'aime bien, c'est du rouge et du violet,
02:13 moi j'aimais bien ces couleurs qui sont hyper romantiques, qui rappellent les textes de l'album,
02:17 qui rappellent aussi une certaine maison qui s'appelle Valentino, italienne,
02:21 de nouveau très romantique, très colorée, ça me parle, c'est baroque.
02:24 Il m'a semblé intéressant, mais c'était inconscient, j'y pensais pas,
02:27 mais de combiner tout ça et d'en faire un projet hyper global,
02:31 parce que j'étais inspiré, et de nouveau c'est inconscient, j'y pensais pas,
02:35 mais par des Stromae, des Lady Gaga, plus vieux, plus anciens,
02:39 mais j'adore les Rita Mitsouko, c'est une d'Ovni, l'image,
02:42 le club de Marcin, bah là je le trouve exceptionnel, extraordinaire,
02:45 la musique, les personnages, un certain charisme, un propos aussi, un discours,
02:49 tout ça, et j'aimais bien l'idée d'arriver avec un truc hyper global,
02:52 et je pense que c'est le cas, et donc je suis assez heureux.
02:56 C'est intéressant en fait, parce que c'est un morceau qui a en effet eu plusieurs vies,
03:10 la première c'est quand il est sorti, et qu'il est rentré assez vite
03:13 sur différentes radios nationales, parce que j'ai des ponts attachés de presse,
03:16 et le morceau connaît une petite vie, il fait son chemin,
03:19 mais doucement sur 6 mois, et il doit arriver, si on parle chiffre,
03:23 parce que ce sera intéressant après l'effet TikTok,
03:25 mais sur Spotify j'imagine qu'il avait 6, 7 millions de streams à ce moment-là, en juin,
03:28 et il est arrivé doucement en fin de vie de radio, puisque c'est normal,
03:31 il avait fait son temps, et en fait ce qui se passe, c'est merveilleux,
03:34 coup de chance absolu, c'est qu'il y a un homme, un jeune homme,
03:37 qui s'appelle Nardo, et qui reprend le morceau sur TikTok,
03:40 et il a une sorte de piano-voix hyper planante, très tendre,
03:43 qui rend un petit peu ses lettres de noblesse à la tendresse du titre,
03:47 c'est-à-dire qu'il le chante avec une telle douceur,
03:50 qu'on réalise enfin à quel point le titre est doux.
03:53 Et donc la France, immédiatement, se prend d'amour pour ce titre,
04:05 à travers sa cover, son piano-voix,
04:08 et puis la Belgique, ça devient une sorte de phénomène de tendance sur TikTok,
04:12 il y a 100 000 vidéos qui sont faites à partir de sa reprise,
04:15 alors tout l'objectif et l'intérêt de la mission, c'était quand même
04:18 de faire en sorte que les gens s'intéressent aussi à l'original,
04:21 et donc j'ai débarqué sur TikTok en grande pompe,
04:24 et tout s'est bien passé, les gens ont compris que j'avais chanté ce morceau,
04:27 et donc ils se sont mis à écouter l'original,
04:30 et en fait, je ne sais pas, encore en 6 mois, le morceau est passé de 7 à 40 millions de streams,
04:34 donc c'est assez ouf, quoi.
04:36 En promo, par exemple, ça revient souvent,
04:38 je dois chanter un Georges-Marie-Allange, parce que les gens ne connaissent que ça,
04:41 alors qu'il l'est, et en fait, j'aimerais bien faire découvrir la suite,
04:45 mais ça ne m'embête pas dans le sens où je l'assume très très fort, ce morceau, encore,
04:48 voir que tout ça s'y fait d'arrateur, je trouve ça plein d'espoir,
04:51 et donc j'en suis fier, et il n'y a pas de problème, je le vis très bien.
04:54 Maintenant, ça n'a pas changé ma vie, en fait, parce que les gens ne connaissent pas trop le visage,
04:57 ni le prénom, ni le titre,
04:59 et maintenant, toute la mission, c'est de poser ce visage en France, en Belgique, et compagnie.
05:04 [Musique]
05:14 En France, les hip-makers, les faiseurs de tubes, ils sont très populaires,
05:18 et il y a une connotation très négative à ça, en tout cas, dans la tête des gens, musicalement,
05:22 un faiseur de tubes, c'est d'officement ovéquois.
05:24 Soit c'est France Inter, soit c'est NRJ, mais c'est très difficile de combiner les deux,
05:28 et j'aimerais bien, c'est la mission, évidemment.
05:31 Ce qui me plaît dans la pop, c'est que c'est travaillé,
05:35 et c'est que, alors, aseptiser, c'est peut-être le mot connoté un peu de mauvais,
05:40 mais j'aime bien ce truc assez lisse, en fait, où on se dit qu'il n'y a rien qui dépasse,
05:43 comme sur un costume Saint-Lô, où c'est nickel,
05:46 et en même temps, il y a une force de proposition qui est nouvelle.
05:49 J'aime bien ce truc-là, où c'est le rendu final, et l'objet, il est maîtrisé,
05:54 tout ça apparaît, et en même temps, il y a une certaine brutalité,
05:58 une certaine vérité, un truc humain, quoi.
06:01 Et en live, je chante quelques fois un peu faux, ce qui est très bien, ça humanise un peu le projet.
06:05 Et de façon globale, je trouve qu'un truc purement parfait, c'est pas très touchant.
06:10 Il faut qu'une proposition humaine, elle consente la sueur et les gouttes.
06:15 [Musique]
06:22 [SILENCE]
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