00:00 Je suis Marie-Pierre Troigon, donc je suis l'épouse de Michel et la maman de ses trois
00:10 enfants.
00:11 Nous sommes donc à Ouche, 6 kilomètres de Rouen, juste au pied de la côte rouenaise.
00:17 Un endroit un peu exceptionnel, je pense.
00:21 17 hectares, une ferme, une ancienne maison bourgeoise et un restaurant contemporain qui
00:27 lie les deux.
00:28 Et en fait, on a eu le plaisir et le bonheur de rencontrer Patrick Bouchin.
00:35 En fait, on l'a rencontré par curiosité, c'est-à-dire on est allé voir une exposition
00:39 sur le travail de Patrick Bouchin, qui est un travail quand même très atypique et particulier.
00:44 Et lorsqu'on est sorti de cette exposition, on s'est dit, voilà, c'est l'architecte
00:49 qu'on aimerait avoir.
00:50 Mais je crois que ce projet lui a tellement plu.
00:53 Patrick travaille comme ça, c'est-à-dire il fait réaliser une maquette et tout le
00:59 temps on se dit, ce lieu va être magique, féerique.
01:01 Il n'y a jamais eu de copie chez nous, c'est-à-dire on n'est pas allé voir qu'est-ce
01:07 qui se faisait ailleurs.
01:08 C'était une maison à nous, particulière, avec tout ce qu'on aime.
01:12 Je crois que du coup, elle est très personnelle et très accueillante.
01:16 En ça, la salle de restaurant, c'est uniquement un objet de Patrick Bouchin.
01:24 Les poteaux en fer, ce sont les troncs des chaînes que l'on voit un peu partout.
01:29 L'aspiration du restaurant, qui est quand même importante, c'est un tableau de Magritte
01:34 qui s'appelle Le Blanc-Saint.
01:35 Je crois que c'est toute l'aspiration de Patrick Bouchin, c'est-à-dire c'est une
01:39 cavalière qui est devant, derrière des chaînes, avec un jeu de miroir très subtil.
01:43 Je pense que l'idée de ce restaurant, c'était ça.
01:47 Il y a plein de références.
01:48 Toutes les lumières ici ont été dirigées par un éclairagiste d'opéra qui s'appelle
01:58 Philippe Bertome.
01:59 Tout ça fait que c'est une ambiance qui n'est pas un néon blanchade sur une peau
02:04 blanche et qu'en fait, tout le monde est beau dans cette cuisine.
02:07 Tout le monde est beau.
02:08 Moi, je pense que c'est une cuisine très pointue.
02:13 À la fois très simple, mais finalement, quand c'est très simple, c'est très complexe.
02:17 C'est toujours avec beaucoup de goût.
02:19 Je parle de goût, c'est le goût pointu.
02:22 C'est-à-dire qu'il n'y aura jamais quelque chose de fade sur le restaurant.
02:26 César, il est là depuis un petit moment, donc il est vraiment chef de cuisine.
02:30 Il prend de plus en plus à sa propre personnalité pour sa cuisine.
02:34 Petit à petit, Michel lui laisse toute cette responsabilité-là, mais il y a toujours
02:40 des décisions communes entre eux.
02:42 C'est-à-dire, s'il y a un plat secret, il y a forcément l'aval de Michel.
02:45 Il n'y a pas une initiative égocentrique.
02:48 C'est forcément un travail commun avec une influence plus ou moins grande de Michel,
02:54 mais c'est vraiment ça.
02:56 On voulait que ce soit un hôtel, mais que ça ne semble pas un hôtel.
03:02 C'est-à-dire qu'on arrive ici, c'est une maison de famille.
03:04 Je suis assez heureuse parce que j'ai une amie qui est venue dormir et qui m'a dit
03:08 « Ah, c'est drôle, j'ai fermé ma porte avec une clé et je me suis sentie chez moi.
03:13 » Pourtant, je suis sûre qu'elle n'a pas du tout le même style qu'ici, mais
03:16 voilà, ça veut dire que c'était gagné.
03:17 On a réfléchi, c'est quoi une belle chambre ? Une belle chambre, c'est un beau sol,
03:23 les belles peintures, les belles menuiseries.
03:26 Et après, vous mettez le mobilier que vous voulez.
03:28 Si vous mettez du très contemporain, ça peut marcher.
03:31 Ça peut marcher avec des meubles anciens, ça peut marcher avec des meubles des années
03:35 50, ça peut marcher avec tout.
03:36 L'idée, c'était de se dire « Si mon fils un jour veut tout changer, il aura quand
03:41 même une base très saine et ça sera assez facile.
03:46 » Mais ce goût du contemporain, je pense qu'il vient de notre goût de l'art contemporain.
03:52 On a peaufiné peut-être en s'informant, en voyant des expositions.
03:58 C'est une ouverture.
04:00 Peut-être que la grande idée, c'est Michel est comme moi.
04:05 En fait, nous, on a horreur de la routine.
04:07 J'ai horreur des endroits, les choses sont toujours pareilles.
04:10 Moi, ça tourne beaucoup.
04:11 Un jour, ça va me prendre tous les vases d'un endroit, les mettre à un autre, ou
04:16 les pots, ou les lampes.
04:18 C'est permanent, on va dire.
04:20 Mais ce n'est pas contraignant, c'est avec plaisir.
04:22 Ici, on n'a pas voulu non plus d'un jardin trop léché.
04:35 Je pense qu'il s'inscrit dans cette campagne.
04:37 Il se mélange à la plaine qui est derrière.
04:40 Tout ça s'inscrit.
04:41 Il y a une zone naturelle que l'on a gardée.
04:44 César a un peu développé ça aussi.
04:46 Il a voulu travailler en permaculture.
04:48 Chaque année, il prend un peu plus de mon jardin de fleurs pour faire sa permaculture.
04:52 Tout le monde apporte quelque chose aussi.
04:55 Il faut que ça intéresse tout le monde.
04:57 Je pense qu'il est simple et naturel.
04:59 Il s'inscrit dans une maison.
05:02 Il n'est pas parfait.
05:03 Il est omniprésent.
05:05 Si vous regardez une fenêtre, c'est un tableau.
05:07 Ou devant les temps, ou sur le champ.
05:10 C'est très varié et à la fois très cohérent.
05:12 C'est encore quelque chose qui va être, pour mes enfants, un endroit qui va progresser,
05:18 qui va s'améliorer.
05:21 Ça peut durer des années.
05:25 [Musique]
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