J’ai navigué sur la Galère depuis le jour où je suis né Chaque fois que passe une année on dit, c’est la dernière Moi je sais que ça n’est pas vrai. J’ai appris que sur la Galère nul n’avait jamais vu un port Aucun des officiers de bord, capitaine ou corsaire N’a pu me dire où est le nord.
Je sais aussi que la Galère a 3 sortes de passagers Y’a ceux qui croient la posséder, leur garde militaire Et ceux qui la font avancer, font avancer.
On veut que vogue la Galère sans se préoccuper du vent Un tambour s’est placé devant, un fouet s’est mis derrière Le reste rame en se taisant J’ai pas voulu sur la Galère fouetter ni ramer à mon tour Je chante des chansons d’amour, j’ai connu la misère Et je m’accompagne au tambour.
Certains voulaient sur la Galère supprimer le tambour-major Que les rameurs soient les plus forts, ce n’est pas des manières On les a mis par dessus bord, par dessus bord.
Un jour va sauter la Galère ou s’écraser sur un récife Nous y assisterons passifs en pleurant la prière De ceux qui sont restés captifs.
En attendant sur la Galère je chanterai peut-être encore Et j’atteindrai enfin la mort, la fin de la croisière Sans même savoir où est le nord, où est le nord.
Écris le tout premier commentaire