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Jean-Pierre Chevènement

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il y a 2 mois

Chevènement a lu Morelle: "Il excelle à décrire la mise en place feutrée du...

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Chevènement a lu Morelle: "Il excelle à décrire la mise en place feutrée du tournant...
Il fallait la plume et la vaste culture historique d'Aquilino Morelle pour oser s'attaquer à cette fresque que constituent les quatre décennies qui se sont écoulées depuis l'accession de la gauche au pouvoir, en 1981. Ce n'est pas seulement l'histoire de la gauche, mais celle d'une nouvelle ère pour la France, une véritable inversion des valeurs. C'est la geste de l'Europe selon Jacques Delors, nommé en 1984, et pour dix ans, président de la Commission européenne et vrai père des "traités" : on désigne ainsi le carcan de règles générées notamment par l'Acte unique (1987) au nom du principe de la concurrence, une Constitution qui ne dit pas son nom. Delors, ainsi nommé président de la Commission européenne, à l'instigation d'Helmut Kohl, agissant de concert avec François Mitterrand, au lendemain du "tournant" de 1983, s'entendit à merveille avec lord Cockfield, commissaire britannique désigné par Margaret Thatcher pour rédiger le livre blanc sur le marché unique et faire de celui-ci la matrice d'une globalisation étendue à l'échelle du monde. C'est là, le secret de cette rupture en douceur qui voit s'accorder les adversaires d'hier : les héritiers du programme commun à Paris et les disciples de Hayek à Londres.   L'auteur excelle à décrire la mise en place feutrée et presque clandestine de ce "nouveau monde" néolibéral. Pour avoir vécu au gouvernement ce basculement (ce fut l'occasion de ma démission en mars 1983), je me frotte encore les yeux : se peut-il que la mise en scène de ce tournant à la fois libéral et européiste, simultanément français, européen et mondial, ait été exécutée froidement comme les étapes d'un complot prémédité ? Même aujourd'hui, j'hésite à le croire. Je préfère penser que Mitterrand n'a pas trouvé en 1983 les hommes qui auraient pu mettre en oeuvre la politique que lui conseillait alors Jean Riboud. Il ne faut pas, en politique, sous-estimer la part de l'improvisation. Chez Mitterrand, il y avait assurément une part de calcul, mais aussi un côté artiste : il procédait par essais successifs, se faisant assez confiance pour toujours retomber sur ses pieds. 

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