Une histoire de censure, épisode 09

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Au cœur de l'été 2012, l'IndispensablE Tristan-Edern VAQUETTE a réalisé un très long (plus de six heures...) entretien vidéo en compagnie de Vincent Cabral autour d'un thème qui lui est (malheureusement) cher : la censure.
Il y parle de "Mort aux Juifs" évidemment, la chanson puis le chapitre de "Je gagne toujours à la fin" et par-delà, plus ou moins en vrac et de façon non exhaustive, de Radio libertaire, de Carbone 14, d’anarchie, d’extrême-droite un peu, de Soral, passage obligé, de Dieudonné naturellement, d’Orelsan pour coller à l’époque, de Costes, nul n’en doutait, de "Hitler = SS" parce que d’évidence cela s’impose et puis, pour finir, de sa brillante carrière, du fait d’être malin ou de son prochain – ? – "Deuxième Massacre", sous titré "Une réhabilitation de l’aigreur".

L'entretien intégral paraît depuis le 1er avril 2013 sous forme de feuilleton à raison d'un épisode tous les lundis. Retrouvez tous les épisodes (déjà parus) sur : http://www.crevez-tous.com/censure

À noter : les épisodes 6 à 14 évoquent le premier roman de l'IndispensablE (Je gagne toujours à la fin) qui est consultable en ligne ici : http://www.vaquette.org/roman, en particulier les chapitres 53 (http://www.vaquette.org/roman/roman_hagio.php?id=60) et 61 (http://www.vaquette.org/roman/roman_hagio.php?id=70) dont il est plus particulièrement question dans ces vidéos. Le livre en version papier, lui, est disponible sur cette page : http://www.crevez-tous.com/vpc

À regarder de préférence en HD.

11 commentaires

Belle analyse de la censure. Je remarque que l'accusation de révisionnisme sur la "Shoah" ça peut te tomber dessus comme rien. Par exemple le film "La Vie est Belle", Roberto Benigni taxé d'avoir fait un film révisionniste car il ne montre pas pleinement l'horreur des camps et fait de l'humour sur le sujet (soit dit en passant si "La Vie est Belle" est une comédie dramatique j'ai pas souvenir de m'être fendu la gueule devant non plus). Par contre sur les films "Case Départ" et "Little Big Man" ce n'est pas révisionniste de faire de l'humour sur l'esclavage et le génocide amérindien.
Mais le pire c'est que même un film sérieux comme "La Liste de Schindler" a eu des emmerdes. Parce que des gars comme Claude Lanzmann disent qu'on ne peut pas montrer l'horreur des camps parce que ça serait le plus grand drame de l'histoire et que vouloir le montrer, même pour sensibiliser, c'est forcément l'atténuer et faire en sorte que les gens oublient et que ça se reproduise...
Ce même Lanzmann qui dit qu'il ne faut pas montrer d'images mais juste écouter les témoins (ce qu'il a fait dans "Shoah"). Mais même quand il s'agit de vraies images comme "Nuit Et brouillard" ? Oui parce que monsieur Lanzmann dit que ça atténue l'horreur de "vouloir montrer l'immontrable". Mais il s'agit de vraies images donc ça n'atténue rien, c'est la réalité ! Oui mais même "Nuit et Brouillard" pourrait presque être taxé de révisionniste... Je me demande s'il vaut pas mieux en rire mais quelque part c'est assez grave. Tout ça pour dire que le révisionnisme ça te tombe sur le coin de la gueule comme rien en fait et la preuve encore ici (bon je n'ai pas lu le livre donc je peux pas trop en parler) visiblement.
Par Vince12 en avril
Merci pour ces précisions, je me disais que c'était trop beau... bon, disons plutôt pas assez moche, pour être vrai. Moi justement je me disais "ah mais si ça se trouve on peut faire une première publication sur 10 exemplaires et faire la vraie sortie une fois le délai passé", du coup là c'est pas possible, ils pensent à tout.
Par fotn6902 l'année dernière
J’ajoute après vérification que c’est même pire que je ne le croyais, quand le tirage de mon bouquin sera épuisé, si mon éditeur veut faire réimprimer de nouveaux exemplaires (exactement le même texte, la même présentation, le même éditeur, etc.), le délai de prescription (d’un an dans mon cas…) courra à nouveau. Inutile de vous dire que le jour où auront été vendus les derniers exemplaires en stock, vous pourrez conserver ceux que vous avez chez vous, ce seront des collectors précieux…
Par Tristan-Edern VAQUETTE l'année dernière
Quelques précisions sur le portrait un peu trop idyllique que vous faites de la loi sur liberté de la presse. Quant à l’esprit global, vous avez juste, le délai de prescription court a été pensé pour préserver la liberté d’expression dans un esprit de jeu du chat et de la souris, pas vu, pas pris, avec effectivement une prime aux petits qui peuvent plus facilement passé au travers (la souris, donc…) et surtout l’idée que si au bout de trois mois un texte n’a toujours pas déclenché de grands drames, il ne doit pas être si dangereux que cela…
Seulement voilà, il y a deux choses très importantes que n’a pas notées Jack. D’une part, dans le cadre du durcissement de l’ensemble du code pénal en œuvre depuis plus de dix ans (et que je traite de long en large dans mon dernier spectacle), la loi n°2004-204 du 9 mars 2004 porte ce délai À UN AN ! pour les infractions de presse à caractère racial, ethnique, national ou religieux, c’est-à-dire, chacun l’aura compris, les trucs réellement censurés ! Passer de 3 mois à un an, je n’ai pas besoin de vous expliquer en quoi ça change énormément les choses : le trou pour la souris est très nettement plus petit et la distance à laquelle il se trouve est quatre fois plus loin, rassure-toi donc Fotn pour nos amis de la Licra, ils peuvent désormais prendre tout leur temps pour achever les bouquins de Costes ou de Vaquette…
Ensuite, ce qui est également très important, et ce deux fois, c’est que ce délai court à chaque nouvelle parution. Ouf ! On est passé au travers une première fois, youpi !, mais si on souhaite un jour rééditer exactement le même texte, on est obligé de ressortir du trou pour 3 mois ou un an sauf que cette fois-ci le chat est prévenu (et vénère car il s’est fait niquer la première fois). Bilan, "Hitler=SS" est introuvable parce que si tu le réédites aujourd’hui, tu prends le risque bien réel de financer la Licra. Et idem pour mon premier roman, il n’est pas en collection de poche peut-être parce que je suis trop confidentiel, mais aussi parce que le publier dans ce format serait prendre le risque que les assos antiracistes se réveillent et pourrissent l’éditeur (surtout si ces vidéos agacent lesdites assos, il n’est pas difficile de mettre une alerte Google pour savoir s’il ressort un jour). Pas très ragoûtant, n’est-ce pas ?
Mais là où c’est une deuxième fois problématique et en enjeu majeur de la liberté aujourd’hui (pas seulement d’après moi mais aussi du point de vue de tous les acteurs qui défendent la liberté sur la toile), c’est : qu’est-ce qu’on appelle une publication sur le web ? Tu changes le nom de la page, c’est une nouvelle publication ? Tu copies-colles sur ton blog, c’est une nouvelle publication ? Tu changes d’hébergeur, c’est une nouvelle publication ?, etc. Bref, les assos bien pensantes voudraient imposer l’idée que le web est une publication permanente (parce que tu sors ton journal papier, dans la pratique, trois mois plus tard, il n’est plus diffusé, mais évidemment le web suit son chemin au quotidien) et en conséquence, concrètement, faire disparaître de fait ce délai de prescription à moins que la page ne soit définitivement effacée !
C’est moins idyllique d’un coup tout ça, non ?…
Par Tristan-Edern VAQUETTE l'année dernière
Ah ok merci pour l'info, donc éventuellement si on est suffisamment peu populaire on peut s'en tirer!
N'empêche il faut penser aux avocats de la licra et compagnie qui doivent vivre hantés par la crainte de passer à côté du livre idéal (pour eux) avec de superbes insultes xénophobes diffamantes et incitants à commettre des crimes (en oubliant de mettre sa ceinture). Je suis sûr qu'ils ne doivent pas pouvoir réprimer une bouffée de plaisir et de contentement quand, à la lecture d'un passage ils se disent: "trop bon, lui je vais pouvoir l'attaquer!"
-C'est quoi que t'as lu là?
-Boarf un truc chiant, aucun procès possible
Par fotn6902 l'année dernière