Hubert Védrine: "[Paradis fiscaux] C’est une plaie. (…) il faut aller beaucoup plus loin."

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L'invité politique
Le 9 avril à 8h15 sur Radio Classique et Public Sénat,
Hubert Védrine, Ancien Ministre des Affaires étrangères
Invitée de Guillaume Durand et Gilles Leclerc

Extraits

A propos de Margaret Thatcher et son influence sur le non fonctionnement de l’Europe actuelle :

«On ne peut pas dire qu’elle ait empêché les Européens de franchir tel ou tel cap. Tous ceux qui rêvent d’une Europe fédérale au sens classique du terme (…)sont bien obligés de constater que ce sont les peuples européens qui n’en veulent pas. »

A propos de Margaret Thatcher:

« C’était une personnalité impressionnante, extraordinaire, avec une autorité immense, presque machiste. (…) C’est ça l’hommage, une personnalité de tout premier plan. Après, il y a divergence, ceux qui disaient qu’elle a réveillé l’Angleterre (…) et les autres qui vont dire que c’était quelqu’un d’une cruauté humaine et sociale sans limite.»

A propos de la dérégulation engendrée par Thatcher et Reagan :

« Il y a eu à l’intérieur du monde occidental (…) de la dérégulation excessive (…) et ça a créé l’économie financière casino qui s’est cassée la figure à partir de 2008. »

A propos de la colère des Français vis-à-vis du gouvernement :

« Sur la question de la fureur des gens (…) évidemment ils veulent des élus honnêtes et intègres mais la vraie raison de la fureur c’est qu’ils ont le sentiment que les gouvernements sont impuissants. François Hollande a des marges de manœuvres (…). Il en a moins [que Margaret Thatcher] mais ce n’est pas parce que c’est François Hollande, ou parce que c’est la France, mais parce que les dirigeants sont globalement encore plus interdépendants ; que la sphère économique, elle-même dérégulée, est encore plus folle qu’avant ; que les entreprises ont souvent plus de poids que les Etats. (…) La question de l’impuissance du pouvoir politique, c’est ça la vraie source de la fureur, avant même la question de l’éthique.»

A propos des paradis fiscaux:

« C’est une plaie. (…) il faut aller beaucoup plus loin. Mais sur [l’affaire Cahuzac], c’est d’abord un comportement personnel, aberrant et insensé.»

A propos d’un gouvernement d’union nationale:

« La question de l’union nationale est in-transposable dans le contexte politique français et puis on n’est pas dans un contexte de guerre mondiale. La question de trouver un programme qui fasse consensus où des réformes essentielles (…) passent avec l’appui d’une partie de l’opposition du moment (…), oui, ça a un sens. Les pays européens ne s’en sortiront pas s’il n’y a pas des formules de ce type.»

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