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Marseille : Un nouveau souffle pour la même politique

il y a 5 ans67 views

C’est un grand classique : à chaque fois qu’un projet politique s’essouffle, c’est dans la société civile qu’on va chercher les forces de le prolonger. Marseille l’a éprouvé à plusieurs reprises dans son histoire depuis le docteur Flaissières. Gaston Deferre lui-même n’avait pas son pareil pour y trouver les majorités que la SFIO ne suffisait pas à lui donner.
Dernier en date, Robert Paul Vigouroux qui s’est constitué un triomphe en 1989 grâce à une équipe d’élus issus de la société civile. Vingt cinq après Jean Viard et Jacques Boulesteix repiquent au truc. Initiateurs du manifeste métropolitain, les deux chercheurs viennent de réactiver les GAM pour participer aux débats électoraux qui se préparent.
Lancés à Grenoble au début des années 60, les Groupes d’action municipale ont souvent permis d’établir une passerelle entre la « société civile » - en réalité le monde des affaires - et les politiques. Rebaptisé Groupe d’Actions métropolitaines, le GAM de Viard et Boulesteix s’est donné pour mission d’impulser le débat qui (re)donnerait du souffle à la politique marseillaise. A partir du projet métropolitain, qu’ils semblent considérer un peu trop facilement comme déjà acté, ils se proposent d’être un laboratoire d’idées pour avancer dans le remodelage marseillais. Et la référence au modèle Vigouroux est explicite : « sous Vigouroux, il y avait 10 universitaires dans le conseil municipal », souligne Jean Viard, pour qui la machine à penser ce sont des gens qui ont un bilan professionnel dans leur vie. « Le conseil municipal, analyse-t-il, doit être le lieu où des gens qui ont bâti quelque chose viennent passer un temps de leur vie démocratique ».
Un peu d’histoire

Une philosophie que connaît bien Jacques Boulesteix. Il a fait partie de l’équipe Vigouroux de 1989 à 1995. Tout comme Pierre Rastoin, ancien adjoint aux finances de la ville puis maire de secteur dans les 13-14 sous RPV qui était venu apporter son soutien au lancement des nouveaux GAM.
Dans cette période de six ans, ensemble ils ont conduit à marche forcée une certaine idée de Marseille contenu dans les 50 projets pour Marseille. Euromed, le remodelage du centre de Marseille sont nés de ce projet, poursuivi à la lettre par l’équipe Gaudin à partir de 1995. Mais il a aussi entrainé le départ des familles modestes qui habitaient le centre et les quartiers du ports, repoussées à la périphérie, essentiellement les quartiers nords d’ailleurs, pour permettre l’explosion immobilière que l’on connaît aujourd’hui multipliant les centres d’affaire et les bureaux –souvent inoccupés- et favorisant souvent la flambée spéculative. C’est aussi la remise à disposition du privé de centaine d’hectares de terrains industriels toujours au service d’un immobilier huppé. Dans ce conseil municipal, la société civile ne se limitait pas aux universitaires, loin s’en faut. Le monde de la finance y était largement représenté, communicants, publicistes, dirigeants d’entreprises, architectes en composaient l’essentiel. Le résultat n’a d’ailleurs pas été concluant sur tout puisque les années Vigouroux c’est aussi l’affaire des cliniques, et l’assassinat de Jean Jacques Peschard, maire de secteur et surtout membre du conseil de l’urbanisme.
Faisant le constat de l’essoufflement vigouriste, une partie de son équipe a rejoint Jean Claude Gaudin quelques mois avant sa victoire aux municipales.
Après dix-huit années de règne, c’est ce même essoufflement que la plupart des observateurs mettent en avant à l’heure où le sénateur-maire de Marseille réfléchit encore à solliciter un quatrième mandat. Et il coïncide avec la réapparition des GAM.
D’autant plus intéressant qu’en janvier 2013, lors de ses vœux à la presse, François Bayrou avait annoncé que « le mouvement démocrate portera pour les municipales de 2014 une démarche inspirée des GAM »…
©Infos-Marseille.fr