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    Alain Minc: "Le gouvernement a cassé la confiance par ses mesures fiscales, par ses discours anti-entreprise "

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    Public Sénat

    par Public Sénat

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    L'INVITE POLITIQUE
    Le 12 mars à 8h15 sur Radio Classique et Public Sénat,
    Alain Minc, économiste et conseiller politique
    Invité de Guillaume Durand et de Gilles Leclerc

    Extraits

    A propos de Nicolas Sarkozy et la proposition que lui a faite un Fonds qatari.

    « Dans 4 ans au rythme où vont les choses (...), il [se] sera passé tellement d’évènements que le paysage aura un peu bougé. (...) Si Valéry Giscard d’Estaing avait été la figure emblématique du parti dominant de la droite, et s’il n’avait pas eu sur son chemin des personnalités aussi tranchées que Jacques Chirac et Raymond Barre, serait-il revenu ? Sans doute. Nicolas Sarkozy est la figure emblématique du parti dominant de la droite. Après, il y a un jugement qui est de savoir si Jean-François Copé et François Fillon ont l’épaisseur de Jacques Chirac et Raymond Barre. »

    Sur une éventuelle nomination de Martine Aubry à Matignon :

    J’ai beaucoup de respect pour Jean-Marc Ayrault. Il me rappelle à certains endroits Pierre Mauroy mais il est adossé à François Hollande qui flotte un peu.

    A propos de la situation économique :

    « La situation économique s’est dégradée en France depuis l’élection présidentielle. (...) Le gouvernement a cassé la confiance par ses mesures fiscales, par ses discours anti-entreprise (...). La confiance ça se restaure. François Mitterrand, quand il change de politique en 83, nomme le ministre le plus libéral que l’on ait connu, qu’Edouard Balladur me pardonne, Pierre Bérégovoy. Il y a trois questions me semble-t-il aujourd’hui. Un, François Hollande est-il conscient de la situation ? Deux, a-t-il en tête les mesures qu’il faudrait pour répondre à cette situation ? Trois, aura-t-il le courage de le dire aux Français ? (...) François fait le pari du retour de la croissance. Je pense qu’il a raison, mais il verra que dans le peloton européen, nous en profiterons moins que les autres. (...)

    Sur l’exil fiscal :

    L’enrichissement des uns est justifiable aussi longtemps qu’il fait grimper le pouvoir d’achat moyen des autres. Le moteur de l’économie du pays mérite d’être récompensé, mais il y a un degré de justice sociale qui s’impose. Il fallait augmenter les impôts, mais il fallait le faire avec mesure, et surtout pas en tapant sur les forces vives que sont les créateurs d’entreprises. (...) Evidemment que quand vous avez 25 ans et que vous voulez créer une start-up, vous avez plus intérêt à la créer en dehors de France. (...) Je ne jette pas la pierre à ces gosses de 25 ans qui préfèrent créer leur start-up à Bruxelles.

    A propos de la défiance des peuples envers l’Europe :

    L’Europe marche. Le pouvoir européen marche mieux que le pouvoir à Washington, mais il n’a pas de visage. Mais le système européen a sauvé l’euro, a pris les décisions qu’il fallait au bon moment. Simplement, maintenant, il faut franchir un pas de plus. Angela Merkel avait parlé de pas fédéraliste. François Hollande, s’il ne pensait pas à ses ‘’nonistes’’ aurait dû dire : ‘’Nous faisons un groupe de travail franco-allemand et mon représentant s’appelle Jacques Delors’’, et on aurait vu à ce moment-là Mme Merkel obligée de sortir du bois. Mais il semblerait que le président de la république raisonne encore parfois en premier secrétaire du PS. »