L'Apoplexie Méridienne

Théâtre Grand Rond
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L'Apoplexie méridienne est le second volet consacré par la compagnie AB et CD production au Voyage au bout de la nuit, de Louis-Ferdinand Céline. Si le premier (Ça a débuté comme ça) s’intéressait à cet abattoir international en folie qu’était la guerre de 14 – 18, l’Apoplexie se concentre sur la partie africaine du roman. L’Afrique coloniale, ou l’on éprouve sa propre solitude et ou l’exploitation de l’homme par l’homme sert de seul et unique cadre social.

Bardamu débarque en Afrique pour échapper à la guerre et se retrouve engagé par une compagnie « pordurière » pour tenir un comptoir avancé en plein cœur du contient noir. Bardamu se liquéfie sous la pluie, la chaleur et la fièvre. A des milliers de kilomètres de chez lui, il redécouvre la même humanité, mesquine et veule : les colons blancs imbibés d’alcool, rongés par la fièvre, exploitées par les compagnies qui les emplois, exploiteurs ignobles eux même, et se transformant peu à peu en bêtes, vampirisés par ce continent féroce et sauvage ; certains « nègres » devenu complices de ces colons et participant avec une joie féroce au pillage des richesses et de ces propres congénères… par ci par là, une étincelle de lumière : Alcide, près à tout pour sauver une nièce quasi-inconnue. Mais qui se souviendra d’Alcide…

Il n’y a que deux catégories sur cette planète, les exploités et les exploiteurs. Céline ne dénonce pas le colonialisme en tant que tel, il n’est, pour lui, qu’un des nombreux enfants monstrueux de l’humanité. Particulièrement monstrueux.
Antoine Bersoux et Gahé Bama, sous la direction de Chloé Desfachelle, donne au roman de Céline une incarnation scénique remarquable. Nous sommes transportés dans cette Afrique coloniale par leurs voix, leurs présences et leurs danses, envoutés par la langue du romancier et embarqué par des lumières nous plongeant d’une nuit poisseuse à la clarté de la brousse d’un coup de tam tam.
Vivement la suite.

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