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    Ça Vous Regarde - Le débat : Mali : une guerre sans visage...

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    LCP

    par LCP

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    Une guerre presque sans combats, sans morts et sans corps du côté français, telle est la particularité de la "pacification" du Mali.
    Toutes sont tombées une à une. Après la reconquête de Gao et Tombouctou il y a quelques jours, pourtant considérées comme deux bastions islamistes imprenables, l’armée française et malienne ont pris position dans Kidal, la dernière ville du Nord-Mali sous l’emprise de groupes armés djihadistes. Une progression rapide, due à l’absence quasi-totale de résistance de la part des djihadistes. « Aucun combat frontal n’a eu lieu pour l’instant à Kidal », assure Laurent Fabius, le ministre des Affaires Étrangères. Désormais, il faudra désormais négocier avec le mouvement islamique de l’Azawad, une tribu touarègue dissidente qui affirme tenir la ville mais se dit prête à collaborer.



    Et après ? Le Parlement malien a adopté mardi une « feuille de route » politique pour l’après guerre. Ce document prévoit une discussion avec certains groupes armés dans le cadre de la "réconciliation nationale", ainsi que la tenue d’élections avant le 31 juillet. Dans l’avion qui l’emmenait à la conférence des donateurs qui s’est tenue mardi à Addis-Abeba, Laurent Fabius a réaffirmé, que les forces armées françaises partiront "rapidement" du Mali. "Maintenant, c’est aux pays africains de prendre le relais. Nous avons décidé de mettre les moyens en hommes et en matériel pour réussir cette mission et frapper fort. Mais le dispositif français n’a pas vocation à être maintenu. Nous partirons rapidement."



    Par ailleurs, face au "risque d’exactions" et de représailles, le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a souhaité "le déploiement rapide d’observateurs internationaux" pour veiller "au respect des droits de l’homme". Human Rights Watch avait évoqué dès lundi "des risques élevés de tensions inter-ethniques" dans le Nord, où la rivalité est forte entre les minorités arabes et touareg souvent assimilées à des islamistes, et les Noirs, majoritaires au Mali



    Si la mission paraît partiellement remplie, beaucoup de questions restent encore en suspens et Paris va devoir clarifier ses objectifs. Que sont devenus les terroristes qui tenaient encore le nord du Mali il y a quelques semaines ? Faut-il continuer à lutter contre ces groupes islamistes jusqu’aux confins du pays, voire aux autres pays du Sahel ? La France va-t-elle devoir rester sur le territoire malien ? Comment assurer une transition réussie avec l’armée malienne ?



    Les invités d’Arnaud Ardoin en parlent ce soir sur le plateau de Ça vous regarde.



    Invités :



    • Pouria Amirshahi, député PS des Français de l’Étranger

    • Jean Heinrich, président du Directoire du groupe GEOS

    • Jean-Yves Moisseron, spécialiste du Sahel et rédacteur en