Economie du Sahel l’impact de la guerre serait limité

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Al Qarra - C’est une analyse très attendue que vient de publier Standard & Poors. L’agence américaine de notation a analysé les risques que la guerre au Mali fait peser sur la dette des pays de la région.

Résultat de l’enquête : un tableau plutôt rassurant pour l’économie ouest-africaine malgré la guerre au Sahel. Du moins si le conflit ne s’enlise pas. Première raison : la faible intégration économique des pays de la zone.

Deux zones économiques sont touchées : la CEDEAO, qui réunit une quinzaine de pays d’Afrique de l’Ouest, et l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine, une alliance d’Etats francophones partageant une banque centrale unique, la Banque Centrale des Etats d4afrique de l’Ouest.

Dans ces zones le commerce intrarégional représente une part très faible dans le commerce extérieur des Etats : 8% pour la CEDEAO, et à peine 13% pour l’UEMOA.Résultat, une chute des échanges avec le Mali ne risque pas de déstabiliser la zone.

Second point dont l’impact devrait être limité : le coût de l’aide aux réfugiés maliens. L’agence note que les organismes internationaux ont largement pris en charge l’alimentation et le logement des populations forcées de fuir en raison des combats.

Enfin, c’est l’économie malienne en elle-même qui serait dotée d’une certaine capacité de résistance. La production d’or, qui représente les ¾ des exportations maliennes, s’effectue dans le sud et l’ouest du pays, qui ne sont pas touchées par le conflit.

Résultat, les finances de l’Etat malien ne font pas défaut auprès de leur créancier : tout au long de 2012, le service de la dette a continué d’être assuré, malgré les événements politiques.

Un tableau plutôt rassurant quant à la situation économique en Afrique de l’Ouest. Mais l’agence de notation reste vigilante : si le conflit venait à s’enliser, les conséquences pourraient être tout autres. Pour le Sénégal et le Burkina Faso, qui accueille déjà plusieurs dizaines de milliers de maliens, la situation pourrait commencer à peser sérieusement dans les comptes publics.

Par Matthieu Balu

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