Elizabeth Sombart, master-classe : Début Sonate Waldstein de Beethoven

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Fondation Résonnance
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« Pour que les sons deviennent musique » (Elizabeth Sombart) :
http://www.resonnance.org/pdf/pour_que_les_sons_deviennent_musique.pdf
http://www.resonnance.org/pdf/so_that_sounds_become_music.pdf
Que les sons puissent devenir musique : telle fut la découverte émerveillée de mon coeur d'enfant et qui n’a cessé d'illuminer mon parcours de musicienne ...
De cet émerveillement est née la Fondation Résonnance et la Pédagogie Résonnance : phénoménologie du son et du geste.
C'est cette pédagogie de la musique dont témoigne chaque note que je joue et qui nourrit l'esprit dans lequel j'ai enregistré les Nocturnes de Chopin. http://www.resonnance.org/pages/elizabeth_sombart_21_nocturnes_annonce.php

La Pédagogie Résonnance est la synthèse intériorisée et vécue jour après jour de l'enseignement que j'ai reçu dans les années 80 de trois maîtres :
Sergiù Celibidache, Hilde Langer-Rühl et Maurice Zundel.
Tous trois parlaient le même langage, en utilisant des supports différents. Ils étaient à l'avant-garde de ce qui s'enseignait alors.
Ces chercheurs de vérité ont ouvert la voie à un savoir qui se décline à l'infini, dont la but est de vivre l'unité par l'apprentissage que nous offre la musique, afin de devenir non plus seulement des interprètes, mais avant tout des serviteurs de cet art.

A l'école de ces maîtres j'ai appris que la musique « en soi » n'existe pas, au sens où il n'y a musique que lorsque notre conscience met les sons en relation de telle sorte qu'ils communient entre eux, nous ouvrant à une expérience de l'unité.

La phénoménologie du son et du geste est une science rigoureuse qui formule et enseigne les lois qui président à la musique ainsi comprise.
Mais cette discipline est avant tout un long chemin de gammes intérieures et extérieures pour vivre l'unité.
...
Le geste musical ainsi vécu et offert reconduit chacun vers sa propre intériorité et révèle qu'il y a en nous plus que nous-mêmes.
Il nous ouvre à cette dimension intérieure que Maurice Zundel nomme « la dimension verticale, la dimension spirituelle, la troisième dimension ».

Mon expérience musicale m'a ouverte à cette dimension, à cet Autre qui nous dit : « toi, tu joues. Moi, je touche les âmes ».

Nous pouvons alors découvrir, selon le mot de Rimbaud, que « JE est un autre », que « ce n'est pas moi seul qui ai joué », comme en a témoigné Edwin Fischer.
L'ancrage des sons dans l'expérience du silence est ce qui permet d'entrer dans cette « écoute agenouillée » dont parle Maurice Zundel, où la solitude est habitée par une Présence qui joue avec nous, qui écoute avec nous et à qui nous remettons tout naturellement l’hommage reçu.
Il « n'est pas nécessaire de nommer cette présence.
Ceux qui l'ont éprouvée la reconnaissent, toujours identique et toujours nouvelle.

Si nous en parlons comme d'une présence, ce n'est pas pour la définir, mais d'abord pour marquer que par elle le monde s'ouvre à la pensée et lui devient intérieur ».

Cet enregistrement des Nocturnes de Chopin, je l'ai profondément vécu en cette Présence où les sons communient parce qu'ils émanent du grand silence qui, selon le vers d'Hölderlin, « est vie ».
Cette vie est la lumière cachée pulsant mystérieusement au coeur secret de chaque Nocturne tel un ange qui pleure et qui espère sur le rivage de nos âmes.
Les Nocturnes tressent, l'un après l'autre, la trame secrète de nos joies et de nos souffrances muettes en une couronne lumineuse de silence.

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