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    Entre Vues 2008 "Un tango sur l'Eau" - Erno

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    « (...) Un jour, Erno a pris le quartier de ses couleurs préférées et il s'est mis à peindre. Sur le chevalet, des chansons marines, de la poésie des fougères. "Un Tango Sur l'Eau", c'est une invitation à la danse, un vœu de chlorophylle qui s’inscrit entre terre et mer, dans le registre des embruns où l'imagination est au pouvoir. "Un Tango Sur l'Eau" est un recueil de compoésies très particulières et qui ne ressemblent qu'à Erno. "Un Tango sur l'Eau", c'est la mise en scène des sentiments des hommes et des femmes dans le cosmos où sévit l’ivresse sur la voie pudique. C’est une ode à la rareté, à la lenteur et quelquefois, un cri vif d’urgence, un tempo flambant, un groove de rupture qui invite à casser le rythme de la norme et à freiner la productivité vouée au néant. C’est un travail de mise en couleur des mots, de mise en image des notes dans une partition polysémique et décontractée. A la ligne claire qui de nos jours domine les chansonniers (« une histoire vraie de tous les jours, avec un début, un milieu, une fin »), Erno préfère la poésie symbolique, les lectures déboussolées dont le sens naît et renaît, vit et meurt avec toutes les évolutions d’humeur de l’auditeur et du spectateur, avec le questionnement politique du soupçon, qui n’impose rien mais qui s’avoue rigoureusement intact de chaque doctrine. A l'écoute de ses chansons, on tend les bras à la fleur magique de l'imagination et on se laisse bercer pépères par le voyage intérieur. Dans "Un Tango Sur l'Eau", la chanson et l'artiste se révèlent au travers d’œuvres subtiles, mélodiques, parfois fortement mélancoliques et souvent chaloupées. Le propos est original et si l’on devait affirmer des liens de filiation, l’on pourrait trouver, au bout de la fourchette, les parfums de cette recette : Pessoa, Annegarn, Prévert, Sakamoto, Hancock, Ferré, Evans, Bashung, Wonder, Nougaro, Art Mengo, Jonasz, Nerval, Baudelaire, Barbara. Qui en Afrique, qui aux Antilles, qui à Liège, qui à Ostende et en Avignon, la pirogue, le scarabateau suit le cours de l’eau".

    *Forster Laffont*, /Dissonances, /septembre 2007