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    Simone Weil - La porte

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    Auguste_Vertu

    par Auguste_Vertu

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    Attendant et souffrant, nous voici devant la porte.
    S’il le faut nous romprons cette porte avec nos coups.
    Nous pressons et poussons, mais la barrière est trop forte.

    Il faut languir, attendre et regarder vainement.
    Nous regardons la porte ; elle est close, inébranlable.
    Nous y fixons nos yeux ; nous pleurons sous le tourment ;
    Nous la voyons toujours ; le poids du temps nous accable.

    La porte est devant nous ; que nous sert-il de vouloir ?
    Il vaut mieux s’en aller abandonnant l’espérance.
    Nous n’entrerons jamais. Nous sommes las de la voir...
    La porte en s’ouvrant laissa passer tant de silence

    Que ni les vergers ne sont parus ni nulle fleur ;
    Seul l’espace immense où sont le vide et la lumière
    Fut soudain présent de part en part, combla le cœur,
    Et lava les yeux presque aveugles sous la poussière.