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    Louise Ackermann - La guerre

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    Auguste_Vertu

    par Auguste_Vertu

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    Du fer, du feu, du sang ! C’est Elle ! C’est la Guerre !
    Debout, le bras levé, superbe en sa colère,
    Animant le combat d’un geste souverain.
    Aux éclats de sa voix s’ébranlent les armées;
    Autour d’elle traçant des lignes enflammées,
    Les canons ont ouvert leurs entrailles d’airain
    Partout chars, cavaliers, chevaux, masse mouvante !
    En ce flux et reflux, sur cette mer vivante,
    À son appel ardent l’Épouvante s’abat.
    Sous sa main qui frémit, en ses desseins féroces,
    Pour aider et fournir aux massacres atroces
    Toute matière est arme, et tout homme soldat.

    Puis, quand elle a repu ses yeux et ses oreilles
    De spectacles navrants, de rumeurs sans pareilles,
    Quand un peuple agonise en son tombeau couché,
    Pâle sous ses lauriers, l’âme d’orgueil remplie,
    Devant l’œuvre achevée et la tache accomplie
    Triomphante elle crie à la Mort: bien fauché !

    Oui, bien fauché ! vraiment la récolte est superbe;
    Pas un sillon qui n’ait des cadavres pour gerbe.
    Les plus beaux, les plus forts sont les premiers frappés.
    Sur son sein dévasté qui saigne et qui frissonne
    L’Humanité, semblable au champ que l’on moissonne,
    Contemple avec douleur tous ces épis coupés.

    Hélas ! au gré du vent et sous sa douce haleine
    Ils ondulaient au loin, des coteaux à la plaine,
    Sur la tige encor verte attendant leur saison.
    Le soleil leur versait ses rayons magnifiques;
    Riches de leur trésor, sous les cieux pacifiques,
    Ils auraient pu mûrir pour une autre moisson.

    II

    Si vivre c’est lutter, à l’humaine énergie
    Pourquoi n’ouvrir jamais qu’une arène rougie ?