solaire thermique à concentration : une EnR déjà "made in France"

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Thémis : tel est le nom de la première grande centrale électro-solaire expérimentale implantée en France au début des années 1980, sur le plateau de Cerdagne (Pyrénées-Orientales) dans le cadre d'un programme de diversification du mix énergétique national, en réponse à la crise causée par les deux chocs pétroliers. Quelques années plus tard, le projet, jugé non rentable, est abandonné. La France concentre ses investissements sur le nucléaire.

EnR made in China

Maintien des tensions géopolitiques, accroissement de la demande chinoise et indienne en énergie, augmentation de l'effet de serre… début 2000 tous les signaux concordent pour accélérer le développement des énergies renouvelables. La France se voit imposer des objectifs de développement des renouvelables dans le cadre du paquet énergie climat. Les français ne peuvent pas compter que sur leur technologie nucléaire pour assurer la baisse des émissions de CO2 et réduire la dépendance énergétique. Faute d'avoir favorisé l'émergence d'un tissu industriel adapté, le pays installe donc des panneaux solaires et des éoliennes fabriqués à l'étranger. Si au début des années 2000, les leaders en la matière sont européens, la situation évolue au cours de la décennie. Les leaders des EnR, notamment allemands, font faillite à l'instar de Q-Cells ou Solar Millenium, tandis que les fabricants chinois inondent le marché mondial.

À tort ou à raison, la France tente de réagir et va jusqu'à imaginer une bonification des tarifs d'achat de l'électricité produite des panneaux photovoltaïques fabriqués sur le vieux continent.

La renaissance de la technologie CSP

Dans ce contexte, le solaire thermodynamique pourrait bien revenir sur le devant de la scène, notamment s'agissant des centrales solaires à concentration (ou CSP pour Concentrating Solar Powerplant). L'idée est simple. Un réseau de miroirs suit le trajet du Soleil durant toute la journée et concentre les rayons pour chauffer un fluide caloporteur (par exemple de l'eau transformée en vapeur). Celui-ci libère son énergie sous forme électrique, soit directement par l'intermédiaire d'une turbine et d'un alternateur, soit pour stocker l'énergie thermique pour une utilisation différée en fin de journée ou la nuit.

Les avantages sont multiples car les matériaux sont simples, peu onéreux et disponibles localement. La technologie est en outre aisément exportable notamment dans les pays du Maghreb, du moyen orient et du sud-est asiatique très ensoleillés. Principal inconvénient toutefois : le faible rendement par unité de surface impose des installations de grande taille.

A l'arrivée, selon le groupe Cnim qui expérimente une petite centrale dans le sud de la France, le prix de revient du kwh oscille aujourd'hui entre 15 et 30 cts. Un chiffre comparable aux tarifs subventionnés d'achat de l'électricité photovoltaïque.

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