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    Soulèvement populaire à Oaxaca

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    sous-commandant-marcos

    par sous-commandant-marcos

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    La seule nouvelle provenant du Mexique dans les médias de masse est la contestation massive des résultats électoraux
    par Andres Manuel Lopez Obrador et ses partisans. Pourtant, une lutte sociale beaucoup plus profonde fait rage depuis
    mai dernier dans l'état du Oaxaca, au sud du territoire mexicain.

    Face au silence des medias audiovisuels je vous propose 4 vidéos disponibles (les autres video cliquer sur mon profil)
    avec sous-titres français sur la crise politique majeure qui
    traverse le Mexique.

    Tout a commencé le 22 mai 2006, par une grève massive des professeur(e)s membres du «Sindicato Nacional de Trabajadores
    de la Educación» (SNTE - Syndicat National des Travailleurs et Travailleuses de l'Éducation) afin d'exiger la satisfaction
    de demandes adressées au gouvernement du Oaxaca, le premier mai. Ces demandes visaient la construction d'infrastructures
    adéquates, l'achat de matériel pédagogique, l'aide alimentaire et financière pour les étudiants et étudiantes, ainsi que
    des augmentations de salaire pour le personnel et la reconnaissance du syndicat par le gouvernement. 70 000 grévistes et
    sympathisants envahirent la capitale (Oaxaca) et occupèrent la place centrale (zocalo).

    Le premier juin, le gouvernement rompt le dialogue avec les grévistes en imposant un ultimatum de retour au travail pour
    le 5 juin et mobilise 3500 membres des forces policières, dont des commandos d'élite. L'ultimatum est rejeté par
    les grévistes qui intensifient les moyens de pression (blocages de route et de l'aéroport, occupation du Parlement,
    du Palais de «Justice» et de postes de péages), organisent des mobilisations massives (jusqu'à 120 000 personnes)
    et exigent à présent la démission du gouverneur, Ulises Ruiz, membre du Partido Revolucionario Institucional (PRI)
    qui fut longtemps le parti unique au Mexique.
    L'État répliqua par la force, le 14 juin vers 6h du matin, quand 3000 agents de police et pompiers attaquèrent les
    positions des grévistes à coups de gaz lacrymogène, de grenades assourdissantes et d'armes à feu. Les forces de
    l'État ont également saccagé les bureaux du syndicat, ainsi que les locaux de la "Radio Plantón", radio communautaire
    pro-grévistes. L'assaut fit plus d'une centaine de blessés, tant chez les forces policières que chez les grévistes,
    ainsi que 8 morts parmi ceux-ci.

    Le lendemain, les grévistes, appuyés par les étudiants et des organisations sociales envahirent toute la capitale et
    reprirent le zocalo des mains des forces de l'«ordre», forçant ainsi le gouvernement à reprendre les négociations
    (qui seront encore rompues quatre jours plus tard).

    Tout au long du mois de juillet, les insurgés (enseignants grévistes, étudiants et organisations sociales)
    s'organisent à la grandeur du territoire du Oaxaca, créent la «Asamblea Popular del Pueblo de Oaxaca»
    (APPO - Assemblée Populaire du Peuple de Oaxaca ), prennent en charge de nombreux secteurs de la vie civile,
    organisent de nombreuses grèves, une marche sur Mexico, des manifestations monstres (dont une de 500 000 personnes)
    et créent un mouvement qui prend de l'ampleur, rassemblant des organisations et des aspirations diverses,
    dont la principale revendication est la démission du gouvernement et plus spécialement du gouverneur, Ulises Ruiz.

    Celui-ci réplique en tentant de provoquer des dissenssions dans la population et en multipliant les provocations par
    le biais de la police et de groupes armés clandestins liés aux autorités. Une manifestation pro-gouvernementale est
    organisée grâce à l'intimidation des salariés par les patrons et par la promesse de «cadeaux» aux participants.
    Cette grotesque mascarade fut surnommée «la marche de la honte» par le peuple révolté du Oaxaca.

    Au cours du mois d'août, la répression étatique s'est intensifiée contre les insurgés, sous forme d'arrestations
    de leaders sociaux et d'attaques à l'arme à feu contre des positions tenues par les membres de l'APPO (université,
    locaux de médias occupés, campements de rue des manifestants et manifestantes). Aux dernières nouvelles, la police
    aurait repris la plupart des médias contrôlés par l'APPO au cours de la nuit du 22 août. Les assauts policiers perpétrés
    cette nuit-là contre des campements et des locaux de radio, télévision et journaux firent de nombreux blessés et un mort,
    Lorenzo San Pablo, atteint de plusieurs projectiles
    au dos, durant l'attaque par un commando policier des locaux occupés de la radio «La Ley».

    Solidarité avec le peuple du Oaxaca !