interview Vincent Corpet par Nicolas Caudeville à cent mètres du centre du monde

robert dainar
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Vincent Corpet a convoqué les Maîtres l’art. Qu’ils soient anciens, modernes, ou contemporains.
Ce sont leurs tableaux recopiés en noir et blanc, à taille réelle et avec désinvolture, qui servent de fond à ses nouvelles peintures. Il serait erroné de prendre le terme Fuck Maîtres comme une possession brutale et ironique de notre culture, comme une moquerie grossière des chefs d’œuvres qui constituent notre imaginaire. Il est ici question d’un rapport physique, le format, la copie, avec des tableaux, des chefs d’œuvre que nous connaissons, que nous reconnaissons, pour nous emmener vers un paysage nouveau. Il est question ici de sensualité, de fusion, de légèreté, de fond et de forme fusionnés, d’un savoir réconcilié avec le voir-ça. D’un ”faire l’amour” avec nos idoles.
Depuis plusieurs années déjà, l’œuvre de Vincent Corpet s’est résolument tournée vers une sorte d’errance à travers son propre travail. Une sorte d’auto-régénérescence. Il suffit pour s’en convaincre de se rappeler, que les tableaux à thème religieux étaient issus de natures mortes, les Enfantillages des Diptyques et plus récemment les Poils à Gratter des premières Analogies sur cartons, réalisés vingt ans auparavant.
Vincent Corpet se plait à rappeler, que peut être ce qu’il fait depuis maintenant près de trente ans s’apparente aux cailloux du Petit Poucet, laissés là sur le sol, comme trace de son passage, mais surtout pour ne pas se perdre. Sans doute aussi pour ne pas repasser au même endroit.
Ces retours sur son propre passé nous laisse penser que peut être la vie ne s’apparente pas toujours à un aller de l’avant, mais à une sorte de zigzag. L’artiste serait en quelque sorte un arpenteur de son propre territoire, revenant régulièrement sur ses bornes personnelles pour défricher des territoires, inconnus. Mais aussi pour ne rien laisser en jachère.
Le process même de l’analogie dont il a fait le moteur de son travail ne serait-il pas, l’équivalent de la manière dont notre cerveau travaille, pour connaître mais aussi et surtout pour nous permettre d’accompagner, de percevoir un univers à la dérive.
Il semblerait que par ce nouvel avatar des Analogies, les Fuck Maîtres, il ait décidé de partir lui aussi à la dérive. La référence n’est pas ici révérence, plutôt un rêve errant.
Thomas Brétinien 2012

Intervieuw Vincent CORPET pour son exposition "Fuck Maîtres" au Centre d'Art àcentmètresducentredumonde:

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