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    MARTINEAU, Philippe - Le Roi des Aulnes.

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    Gilles-Claude Thériault

    par Gilles-Claude Thériault

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    Philippe Martineau nous offre sa version, traduction et adaptation,
    du poème de Goethe Der Erlkönig, Le Roi des Aulnes,
    également mis en musique par Schubert.

    Le Roi des Aulnes

    Alors que la nuit tombe et que l'ombre s'étend
    un cavalier s'arrête au milieu de l'aulnaie.
    De près, on voit que c'est un père et son enfant
    et qu'au fond de leurs yeux une inquiétude naît.

    « Pourquoi, mon fils, te masques-tu soudain la face ?
    ― Père, ne vois-tu pas qu'une forme s'exhume
    et que c'est le Roi des Aulnes prêt à la chasse ?
    ― Allons, mon fils, il n'y a là que de la brume.

    ― Bel enfant, dit le maître des lieux, rejoins-moi ;
    sous mon règne on ne fait que des jeux et des rêves...
    ― Père, n'entends-tu pas ce que souffle le roi ?
    ― Allons, mon fils, ce n'est que le vent qui se lève.

    ― Bel enfant, mes deux filles sont tristes sans toi
    et de leurs longs cheveux sans attendre t'effleurent...
    ― Père, je sens déjà les deux filles du roi !
    ― Allons, mon fils, tu ne sens là qu'un saule en pleur. »

    Alors que le vent souffle de plus en plus fort
    et que l'enfant sanglote au milieu de la nuit,
    le cavalier repart sans attendre l'aurore,
    sans se soucier de voir où cela le conduit.

    « Bel enfant, rejoins-nous ! il est temps de conclure.
    ― Père ! on s'agrippe à moi ; vite, cravache encore ! »
    Mais le père, alarmé, a beau presser l'allure
    et s'enfuir au galop, le bel enfant -- est mort.

    Le cavalier s'en veut d'être le survivant,
    tout en creusant l'écart entre l'aulnaie et lui.
    De loin, on ne voit plus qu'il étreint son enfant
    et qu'au fond de ses yeux plus grand chose ne luit.

    Illustration : Erlkönig, de Frank Kirchbach (1859-1912).

    Ambiance musicale : Des extraits du Grand Caprice
    sur ‘Le Roi des Aulnes’ de Schubert pour violon seul, op. 26,
    de Heinrich Ernst.
    Avec la violoniste Hilary Hahn.
    http://hilaryhahn.com/
    Un enregistrement libre de droits.
    http://www.myspace.com/video/vid/32989793

    À écouter :
    Le lied Der Erlkönig de Franz Schubert avec le baryton-basse Philippe Sly.
    Au piano : Maria Fuller
    https://www.youtube.com/watch?v=jZxzz-N3oxM
    Philippe Sly remporte en juin 2012 le Premier Prix du Concours international de chant de Montréal, le Prix du meilleur concurrent canadien, le Prix du meilleur concurrent québécois et le Prix du public.