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    Tiberi chahuté dans sa mairie

    Le Parisien

    par Le Parisien

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    Dehors, sur la place du Panthéon, une vingtaine de militants et d’élus de gauche scandent inlassablement « Tiberi démission ! ». Dedans, sur les bancs du conseil d’arrondissement, le face-à-face est tendu entre l’équipe de Jean Tiberi et la gauche, relayée par un public tonitruant.
    La condamnation, mercredi, du député-maire UMP du V e à trois ans d’inéligibilité, dix mois de prison avec sursis et 10 000 € d’amende, ainsi que celle de son épouse Xavière à neuf mois de prison avec sursis et 5 000 € d’amende a sérieusement mis en ébullition l’arrondissement hier soir. C’est Lyne Cohen-Solal, adversaire socialiste malheureuse de l’inoxydable Jean Tiberi, qui a ouvert les hostilités en lisant en début de séance le détail de la condamnation. Aussitôt les pro et les anti s’invectivent. Plusieurs personnes du public se lèvent, arborant un tee-shirt barré du mot « Démission ». Alors qu’ils sont gentiment expulsés du conseil, Dominique Tiberi, le fils de Jean et Xavière, élu lui aussi dans le V e , harangue le public qui est resté dans la salle : « Vous, la prochaine fois, on vous sort aussi ! » Imperturbable, Jean Tiberi joue les modérateurs : « Ces propos sont inacceptables, mais je suis un démocrate, alors laissons Lyne Cohen-Solal s’exprimer. » Sous les fenêtres du conseil, les militants de gauche continuent à s’époumoner.
    En moins d’une heure, le conseil d’arrondissement est terminé et Jean Tiberi tente tant bien que mal de regagner son bureau : « Vous appelez ça des démocrates ? Troubler ainsi la sérénité des débats d’une assemblée élue. Ce sont des méthodes fascistes, oui ! » Son fils crie à la cantonade : « Et nous, on demande la démission de M m e Cohen-Solal à cause de sa mise en examen ( NDLR : référence à une très ancienne mise en examen concernant l’époque où elle travaillait pour Lille ) ?! » Dans les couloirs de la mairie du V e , les pro-Tiberi hurlent : « A Lille ! A Lille ! »
    « On ne demande pas la démission de Jean Tiberi, mais il ne pouvait quand même pas tenir son conseil tranquillement, comme ça, après sa condamnation pour fraude électorale ! tempête Lyne Cohen-Solal. C’est quand même le pire qui puisse arriver en démocratie. S’il avait un peu d’honneur, il se retirerait de lui-même pour préparer sa défense, puisqu’il fait appel de sa condamnation. » Céder du terrain, ce n’est pas le genre des Tiberi : ils ont déjà donné rendez-vous au prochain conseil.