La difficile séance de Denis Baupin

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Pas facile d'être au perchoir pour la première fois. Denis Baupin, nouveau député écologiste et vice-président de l'Assemblée nationale s'est fait littéralement bizuté mercredi après-midi pendant le débat sur le Projet de loi de finances rectificative [déjà très animé la veille pendant la séance de nuit->http://www.lcp.fr/videos/reportages/138826-retour-sur-une-soiree-mouvementee].

Au perchoir, Denis Baupin a du mal à faire respecter les temps de parole et commet quelques erreurs en appelant des signataires d'amendements absents ou des députés qui ne sont pas cosignataires. Les membres de l'opposition ne perdent pas une occasion de lui rappeler ses erreurs par des appels au règlement et des demandes de suspension de séance régulièrs. "Je pense que vous arriverez à connaître le règlement de l'Assemblée" ironise Patrick Ollier. "Faites confiance à ceux qui l'ont écrit et à ceux qui le connaissent" poursuit l'ancien ministre chargé des relations avec le Parlement.

Même chose au centre : "Le règlement doit être votre règle" ajoute Jean-Christophe Lagarde qui a lui-même exercé ce rôle auparavant. "Il me semble, et c'est bien normal, que vous ne connaissez pas encore totalement le règlement" ne manque pas de répéter le député UDI.

Après quelques heures de débats, pointus et tendus, c'est la gauche qui s'en prend à la façon de présider du député écologiste. Pierre-Alain Muet a largement dépassé son temps de parole comme beaucoup avant lui. Denis Baupin le presse de conclure mais le député PS poursuit sa démonstration "J'ai pas terminé" indique-t-il fermement au président de séance. Et la droite de profiter de ce flottement. "M. Le Président vous supportez cette humiliation ?" s'interroge, faussement naïf, Christian Jacob. "En réalité ce n'est pas vous mais l'Assemblée qui est humiliée" insiste le président du groupe UMP en demandant une suspension de séance.

Un député du front de gauche en vient même à regretter le précédent président, pourtant étiqueté UMP :"Je vais finir par regretter que M. Le Fur ne soit pas au plateau parce qu'au moins on avait un peu plus de temps" s'énerve Nicolas Sansu, GDR, alors qu'on le presse de conclure sa démonstration. C'en est trop pour Denis Baupin qui coupe le micro au député.

Là encore, c'est la droite qui vient à la rescousse du député : "J'ai présidé ici et je veux dire une chose" estime Maurice Leroy, ancien ministre. "Et alors ?" s'agace Denis Baupin. "Nous ne sommes pas un Parlement croupion, je ne trouve pas admissible qu'on ait coupé la parole à Nicolas Sansu" s'indigne Maurice Leroy avant de laisser la parole à Bruno Le Roux qui tente de rétablir un peu d'ordre.

Au cours de cette séance agitée, les amendements portés par la droite ont été rejetés et la défiscalisation des heures supplémentaires abrogée. Un résultat prévisible…

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