Les Litres de la Nation (épopée alcoolisée d'un mec trompé, live acoustique par François Ville)

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François Ville
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Les litres de la nation

Assez lassé de savoir enlacés,
L'amour de sa vie et son fourbe amant,
Il fuit fourbu la vue de ces forbans,
Et le fourbi crasseux de ses pensées.

Et puis comme une fleur il se retrouve
En ce lieu où les bleus à l'âme brillent,
Où les traîne-misères en légions quillent :
Un café où l'ami alcool vous couve.

Il gueule alors "On va boir' c' qu'on va boire,
Il n'est que temps de se mettre au goulot !"
Piteuse idée en ce miteux bistrot,
Mais il fait avec les moyens du bar.

Hors du temps dans cet auguste cénacle,
Il n'est plus question de demi-mesures,
Les litres de la nation, les obscures
Fraternisent avec lui et son spectacle.

Accaparés au cabaret, minables,
Farcis à chanter pourtant ils l'écoutent,
Si bien que notre héros en rajoute
Dans sa folle fable de faible affable.

Paré et apparut tel un para
Dans cet endroit pour abattre sa peine,
De tèques en archi-tèques plus que pleines
Il se bâti un moral d'apparat.

Mais s'enfuit le temps revient la tristesse,
Les problèmes sensibles de diction,
L'addiction et puis les contradictions,
L'abominable versant de l'ivresse.

Il voit sa femme à lunettes, incendiaire
Chaque fois qu'il ferme ses yeux en feu,
Et notre homme valeureux malheureux
Noie la table de ses larmes grossières.

Fermeture du rade et hébétude,
L'instant est venu de mettre les voiles,
Soupirs sous d'indifférentes étoiles,
Il est saoul pire qu'à son habitude.

A son tour niqué, tout tourne et l'écoeure,
Mais de dépit en débit il avance,
Rotant peinard son pinard sa souffrance
Dans la ville où lentement les rues meurent.

Affalé, avalée l'ultime goutte,
Dernière lampée, dernière rasade,
Il rentre et se couche pataud, malade,
Son ventre adipeux en grande déroute.

Le fait du logis bruyamment s'endort,
Pour des rencontres du troisième trip,
Cela vaut bien mieux qu'un ego sans tripes,
Il s'est bien battu pour ce réconfort

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