Bruce Springsteen - The River - 1980
The River, titre éponyme de l’excellent et ultra-recommandé double album sorti en 1980, représente, pour
moi, un des sommets stylistiques du Boss, peut être son chef d’œuvre absolu. Dans cette chanson, et dans la lignée directe d’un Bob Dylan par exemple, il parvient à mêler poésie, description réaliste du monde et critique
acérée du modèle social – tant américain qu’européen - d’une manière qui touche tant le cœur que la tête.
L’histoire de cette chanson, basée sur la véritable histoire de la sœur de Bruce, Mary, et de son beau frère
– il leurs dédicace le morceau au début de la vidéo – est toute autant pathétique, qu’hélas, assez banale.
Elle est celle de deux adolescents. Ils vivent à la fin des années 70, charnière entre les trente glorieuses et la crise économique qui suivit, dans un milieu modeste, où souvent, encore, les jeunes étaient destinés à
suivre les pas de leurs parents, c'est-à-dire travailler à l’usine et fonder une famille tôt, sans espoir de progression sociale. La fille tombe enceinte et ils sont obligés à se marier, arrêter leurs études et trouver un emploi. La crise économique vient rapidement mettre tout le monde au chômage rendant délicate,
du même coup, la survie du couple et générant une grande amertume et le sentiment d’une
jeunesse sacrifiée et d’une vie gâchée.
Fan de longue date du Boss et venant moi-même d’un coin ravagé par la désindustrialisation où de telles situations se rencontrent souvent, y compris dans mon entourage, cette chanson m’a profondément
marqué et c’est pourquoi je souhaite vous la faire partager. Pour ce faire j’ai choisi l’une des premières interprétations « live » que le Boss ai faite de « The River ». Elle est remarquable du fait de l’émotion
particulière qu’elle exhale. D’abord parce que Springsteen y apparaît en jeune débutant, son costume accroissant encore cette impression pourtant fausse – il a 31 ans à l’époque et déjà une belle carrière
depuis « Born to run » en 1975 – ce qui crée visuellement un lien encore plus fort entre lui et le personnage
qu’il interprète dans la chanson. Et ensuite parce que l’émotion intense dégagée est celle que Springsteen ressent lui-même sur scène, ayant sans doute sa sœur en tête au moment où il chante – à ce propos
bien malin celui qui saura dire si, durant la chanson, c’est une goutte de sueur ou une larme qu’il
essuie au coin de son œil.
Pour finir, et en attendant vos réactions, je vous laisse avec la question philosophique du jour : « Un rêve
qui ne se réalise pas est-il un mensonge ? »
moi, un des sommets stylistiques du Boss, peut être son chef d’œuvre absolu. Dans cette chanson, et dans la lignée directe d’un Bob Dylan par exemple, il parvient à mêler poésie, description réaliste du monde et critique
acérée du modèle social – tant américain qu’européen - d’une manière qui touche tant le cœur que la tête.
L’histoire de cette chanson, basée sur la véritable histoire de la sœur de Bruce, Mary, et de son beau frère
– il leurs dédicace le morceau au début de la vidéo – est toute autant pathétique, qu’hélas, assez banale.
Elle est celle de deux adolescents. Ils vivent à la fin des années 70, charnière entre les trente glorieuses et la crise économique qui suivit, dans un milieu modeste, où souvent, encore, les jeunes étaient destinés à
suivre les pas de leurs parents, c'est-à-dire travailler à l’usine et fonder une famille tôt, sans espoir de progression sociale. La fille tombe enceinte et ils sont obligés à se marier, arrêter leurs études et trouver un emploi. La crise économique vient rapidement mettre tout le monde au chômage rendant délicate,
du même coup, la survie du couple et générant une grande amertume et le sentiment d’une
jeunesse sacrifiée et d’une vie gâchée.
Fan de longue date du Boss et venant moi-même d’un coin ravagé par la désindustrialisation où de telles situations se rencontrent souvent, y compris dans mon entourage, cette chanson m’a profondément
marqué et c’est pourquoi je souhaite vous la faire partager. Pour ce faire j’ai choisi l’une des premières interprétations « live » que le Boss ai faite de « The River ». Elle est remarquable du fait de l’émotion
particulière qu’elle exhale. D’abord parce que Springsteen y apparaît en jeune débutant, son costume accroissant encore cette impression pourtant fausse – il a 31 ans à l’époque et déjà une belle carrière
depuis « Born to run » en 1975 – ce qui crée visuellement un lien encore plus fort entre lui et le personnage
qu’il interprète dans la chanson. Et ensuite parce que l’émotion intense dégagée est celle que Springsteen ressent lui-même sur scène, ayant sans doute sa sœur en tête au moment où il chante – à ce propos
bien malin celui qui saura dire si, durant la chanson, c’est une goutte de sueur ou une larme qu’il
essuie au coin de son œil.
Pour finir, et en attendant vos réactions, je vous laisse avec la question philosophique du jour : « Un rêve
qui ne se réalise pas est-il un mensonge ? »
27 comments